BLESSURES DE LA VESICULE ET DES VOIES BILIAIRES
science, compte 26 guérisons soit 56 p. 100 et 44 p. 100 de morts. Le même chirurgien a rassemblé 173 cas américains; 59 fois la lésion du foie constituait la principale blessure; 1 14 fois on avait constaté des lésions multiples (fractures de côtes, de la colonne vertébrale, blessures d’autres viscères). Les 57 premiers cas ont donné 2o guérisons et 34 morts (57 p. 100); les 114 derniers : 37 guérisons, 74 morts, mortalité approximative : 64 p. 100. Edler sur 110 blessures par coup de feu trouve 67 morts, 60 p. 100, mais si l'on défalque de cette statistique les cas dans lesquels les dégâts étaient très étendus, fatalement mortels, la mortalité s’abaisse à 26,8 p. 100 93 cas, 23 morts).
Peyret, sur 141 observations, relève 36 morts'et 105 guérisons (3/4). Ces
• statistiques anciennes n’ont qu’une valeur relative.
Le choc, l’hémorrhagie (11 cas sur 48 mortels, Edler), la péritonite, sont
les causes de la mort rapide des blessés; à la suppuration sont dues les morts consécutives.
Les contusions et déchirures du foie, suivant leur étendue et leur siège,
• se terminent par la guérison ou la mort. Sur 8 cas rassemblés par Bryant, cinq fois la mort fut immédiate. Mayer accuse 49 morts sur 108 déchirures.
i Quelques faits démontrent qu’une survie un peu prolongée n’est pas incompatible avec la réduction d’un lobe en bouillie.
Les déchirures ou les plaiesdes voies biliaires (vésicule et conduits) sont d’ordinaire rapidement mortelles. On cite cependant quelques exemples de ta -guérison.
D'après certains auteurs, les blessures de la convexité du foie qui n’in- !t téressent ni gros vaisseaux, ni gros troncs biliaires, seraient moins graves que les plaies de la convexité.
A la gravité intrinsèque des blessures du foie s’ajoute celle qui résulte ‘les lésions concomitantes des organes thoraciques ou abdominaux et de la colonne vertébrale. Sur 59 cas non compliqués de ces traumatismes concomitants, 25 guérirent (près de moitié, Otis), tandis que sur 101 blessures compliquées de l’attente d’organes voisins, 39 seulement guérirent (un ! tiers, Otis).
Teryninaisons. — Les blessures du foie par les armes de guerre peuvent .guérir très simplement, ou en laissant des infirmités persistantes. Les gué- : ? risons définitives sont les plus nombreuses. Certains blessés présentent des fistules suppurantes ou biliaires, persistantes, ou sont atteints de diarrhée rebelle. Les registres américains des pensions signalent quelques-unes de ces terminaisons. Dans quelques observations, on parle de troubles digestifs, de gène et de douleurs pendant les mouvements du tronc.
Traitement. — Les blessés atteints de lésions du foie doivent être, du champ de bataille, transportés avec les plus grandes précautions et le moins de secousses possible. Arrivés à l’ambulance ou à l’hôpital de campagne, ils seront relevés de leur état syncopal, s’il y a lieu, sans qu’on pratique -chez eux la respiration artificielle, ou des frictions sur le tronc. On évitera de les faire boire. Ils seront considérés comme intransportables.
A l’ambulance ou à l’hôpital de campagne, les plaies non compliquées parles armes blanches ou les projectiles sont recouvertes de pansements
antiseptiques, occlusifs et bien immobilisants, s (.‘terni an t de la poitrine à l’abdomen. Le blessé sera maintenu incline sur le côte droit, position qui favorise l’écoulement des liquides. On lui imposera le repos absolu, une diète sévère ; les premiers jours, des boissons glacées, ensuite une diète lactée. L’alimentation sera progressive et ne commencera à être régulière qu’après quinze à vingt jours. Des préparations opiacées immobiliseront l’intestin.
Le drainage ne nous paraîtrait utile que si la blessure était étendue et profonde, ce qui est l’exception. On placerait le drain dans la plaie déclive.
Le traitement des complications réclame toute l’attention du chirurgien. L’abstention systématique, suivie il y a quelques années encore, est remplacée aujourd’hui par une thérapeutique active.
Dans les plaies par balles compliquées d 'hémorrhagies, l’étroitesse habituelle des orifices ne permet ni d’assurer un diagnostic rigoureux ni d’exécuter un tamponnement. Il est nécessaire d’agrandir la plaie pariétale. Si le sang est fourni par des vaisseaux de la paroi thoracique ou abdominale, ceux-ci sont saisis avec des pinces hémostatiques. Si le sang vient des vaisseaux profonds du viscère traversé, on suture les bords de ia plaie hépatique, comme Escuer, Czerny, Dalton, Broca, Edler et d’autres l’ont fait. Dans les plaies contuses et les déchirures, on s’adresse à la cautérisation au thermo-cautère, ou plutôt au tamponnement avec la gaze iodoformée (Cuavasse). Les rapports presque immédiats du foie et de la paroi, sa fixité, rendent cette intervention directe rationnelle et plus sûre que la pratique ancienne qui consistait à faire l’occlusion pure et simple de la plaie. Cette occlusion, en effet, n’empêche pas le sang de s’épancher dans le péritoine. Elle n’est utilisable que comme traitement primitif, avant l’arrivée du blessé à l’ambulance, encore faut-il y joindre une compression abdominale.
Quelle que soit l’efficacité habituelle de la suture et du tamponnement, ils ne peuvent toujours assurer l’hémostase. Dans les plaies perforantes, l’un des orifices peut répondre à la partie postérieure du foie, à sa partie supérieure, dans leurs points les plus reculés. Ces modes d'intervention directs sont alors d’une application des plus délicates, presque impossible et d’un autre côté, la situation du blessé qui présente une anémie traumatique des plus graves, ne permet pas de prolonger ou de multiplier les recherches. Ces plaies postéro-supérieures échappent même parfois à l’exploration d’un chirurgien attentif1. Aussi pour assurer une recherche méthodique, aussi complète que possible et un traitement direct, Broca et Terrier2 conseillent-ils de pratiquer la laparotomie médiane et de ne débrider la plaie accidentelle qu’autant que celle-ci est déjà fort étendue ou lorsqu’elle doit être réséquée ou aseptisée. Terrier va même plus loin et propose cette incision médiane, exploratrice, dans tous les cas où l’on soupçonne une plaie du foie. Nous ne le suivrions pas dans cette voie, et