‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 237 sur 340 · BLESSURES P E N E T R A N T E S D E I / A B DOM E X · texte numérisé non relu

BLESSURES P E N E T R A N T E S D E I / A B DOM E X

trajet conique énorme et un véritable éclatement de l’organe à distance (effets explosifs). L’extrême vascularité de ce viscère constitué par une sorte de tissu érectile rend compte de la facilité avec laquelle il éclate, même quand il est frappé à courte distance par une balle de revolver; elle explique l’étendue des orifices et des trajets aux distances moyennes.

Les désordres produits par les éclats d’obus varient avec la forme et la vitesse du corps vulnérant. Ils se rapprochent de ceux des balles. Parfois ces projectiles désorganisent la rate.

Rarement les armes blanches ou les projectiles qui atteignent la rate la frappent seule. Les rapports que ce viscère affecte avec la cage thoracique, l’estomac, le rein gauche, le côlon, le foie, le rachis, l’aorte, sont tels que ces organes sont d’ordinaire blessés en même temps que la rate. Ils le sont toujours dans les coups de feu transversaux on antéro-postérieurs. Ce n’est guère que dans les coups de feu postéro-antérieurs en cul-de-sac, ou dans quelques sétons, à trajet antéro-postérieur, superficiels et obliques, qu’ils peuvent échapper à l'action du projectile. Sur 16 cas, Mayer n’en a trouvé que 5 dans lesquels la rate était seule blessée. Dans les autres, il existait des lésions concomitantes du foie, de l’estomac, etc.

En raison de la structure caverneuse de la rate, ses blessures sont redoutables par la fréquence et l’abondance de l’hémorrhagie dont elles sont suivies. Le sang s’épanche ordinairement dans la cavité péritonéale. Il peut donner lieu aune hémorrhagie à la fois interne et externe.

L’obscurité qui règne encore sur les fonctions de la rate ne permet pas d’en reconnaître les blessures à des signes particuliers tirés des troubles que ces dernières apportent à ses fonctions.

La douleur locale; une douleur irradiée du côté de la poitrine et jusqu’à l’épaule droite, laquelle sert d’indice quand les orifices de la plaie ne répondent pas directement au viscère, le siège et la direction du trajet de la plaie indiqué par ses orifices, un écoulement sanguin extérieur abondant , ou les symptômes d’un épanchement abdominal considérable, sont les signes peu caractéristiques de ces blessures.

Dans certaines plaies larges produites par les armes blanches, la vue du viscère hernié affirme, parfois, le diagnostic.

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Il en fut ainsi chez le blessé de Fergusson. Une portion du viscère, noire, ||l froide, sphacélée, sortait par une plaie d’arme blanche. Il en était de même sur le tambour dont parle Léveillé1. Ce soldat avaitreçu dans l’hypocondre gauche un [ coup de sabre qui avait fait une plaie de plus de 5 centimètres livrant passage à la rate blessée. Il en sortait par la blessure une longueur de 6 lignes.

De 1 hypocondre gauche du fusillier Denot, dont parle Percy, sortait un corps noir, présentant une certaine consistance. On le prit pour un caillot concret et adhérent. 11 avait le volume d un œuf et pesait près d’un quart de livre. Ce soldat' avait reçu un coup de sabre 2.

Cette hernie est plus exceptionnelle encore à la suite des plaies d’armes à feu. Nous n’en possédons qu’un fait signalé par Otis.

L’aspect de l’organe, mis à découvert dans les interventions directes,

t. Leveillé, Nouvelle doctrine chirurgicale , t. I, p. 400.

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