PROJECTILES
mains; o° d’une seringue à hydrocèle, ou mieux d’un irrigateur d’Esmarch. Les instruments nécessaires pour une intervention (ablation de corps étrangers, arrêt d’hémorrhagies, etc.) baigneront dans un plat approprié. Les topiques et le matériel à pansement seront placés sur un appareil, les fioles contenant les liquides antiseptiques à proximité.
On disposera le blessé au jour, si c’est possible sur une table d’ambulance ou sur une table improvisée recouverte d’une toile cirée, surtout si celui-ci est atteint d’une fracture d’un membre inférieur. Il est difficile en effet, de faire un pansement propre quand on panse un blessé sur le sol et il est impossible d’en appliquer beaucoup en raison de la fatigue qu’éprouve le chirurgien à se tenir constamment courbé.
Tout étant disposé à l’avance et chacun étant au courant de ce qu’il a à faire, le chirurgien fait enlever par son aide direct l’appareil provisoire qui immobilise la fracture pendant que son second aide exerce l’extension sur le membre; il fait ensuite couper par le premier aide les vêtements du membre fracturé, puis après avoir lavé soigneusement ses mains dans une solution antiseptique ou dans de l'eau bouillie et les avoir fait laver à son aide il place deux tampons antiseptiques sur les plaies pendant que celui-ci procède au lavage de la région.
1° Lavage de la région blessée. — Celle-ci est généralement très malpropre et nécessite avant tout un lavage soigné avec de l’eau savonneuse, une solution alcoolique de savon, de l’eau bien propre (Mosetig), de l’eau bouillie ou de préférence une solution antiseptique phéniquée faible (2/1 00) ou sublimée (2/1 000, 1 / 0 0 0 ) .
2° Lavage de la plaie. — Il doit être pratiqué par le chirurgien. Si la plaie est simple, récente, non infectée, non compliquée, on peut se contenter de laver ses ouvertures de sortie et surtout d’entrée avec un tampon trempé dans une solution antiseptique phéniquée
faible (2 p. 100) ou sublimée (1/2 000, 1/1 000); certains, comme nous l’avons dit déjà, jugent prudent de faire un la-, vage du canal même de la plaie.
Dans les conditions opposées, plaies datant de huit, dix, douze heures et plus, etc., le lavage est indispensable. On le pratique
d’ordinaire avec des solutions fortes (acide phénique 5/100, sublimé 1/1000) et par l’orifice le plus agrandi. Nous ne conseillerions pas, pour le faciliter, d’introduire une sonde dans le canal de la plaie. Si cette, dernière a des dimensions trop restreintes pour rendre le lavage difficile, son infection a été peu probable, il est inutile d’insister et quand cette plaie est suffisamment large, ce lavage peut se faire directement. Il devra être exécuté sans violence, mais cependant avec assez de force pour pouvoir entraîner les petites esquilles, les débris de vêtements, les caillots que la plaie contient. Il s’exécutera très gisement et très complètement avec un irrigateur d’Esmarch préparé à | avance ou extemporanément (fig. 5i et 55). Cet irrigateur permet d’injecter plus de liquide que la seringue du matériel d’ambulance. Quand
Fia. 54.
Irrigateur d’Esmarch.
Fia. 55.
irrigateur improvisé, d après Esmarch.
128 LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE
on se sert de solutions sublimées pour ces lavages, il est bon de les faire suivre d’un lavage boriqué.QJne précaution plus utile est d’exercer une légère compression sur la région pour faire couler l’excès du liquide arrêté dans les anfractuosités de la plaie.
La plaie rendue antiseptique , le chirurgien pratique, s’il y a lieu, X ablation des corps étrangers et, dans le cas où il a dû faire cette ablation, il I termine par un second lavage, sinon il procède au drainage.
Si la plaie menace de suppurer, le chirurgien fait un lavage avec une solution phéniquée forte, ou mieux encore en ouvre largement le foyer et en touche les parois avec un tampon imbibé de chlorure de zinc au 10e.
3° Drainage. — • Sans le croire indispensable, nous pensons que le drainage d’un foyer de fracture par coup de feu est le plus souvent utile, au moins lors du premier pansement, quand la fracture est compliquée de la : présence d’esquilles ou d’autres corps d’étrangers ou qu’elle n’a pu être pansée dès les premières heures. Dans les plaies opératoires des parties molles que nous faisons chaque jour, nous considérons le drainage comme î une sauvegarde; a fortiori il jouera le rôle d’une soupape de sûreté dans une plaie attrite, anfractueuse, dont l’hémostase n'est pas toujours parfaite, qui reste le plus souvent compliquée de corps étrangers malgré l’ablation primitive des plus volumineux et des plus irritants, et dont la marche est d'une surveillance difficile, le plus souvent imparfaite.
Le drain sera de dimension moyenne, fait de caoutchouc rouge autant que possible, assez résistant pour ne pas être affaissé parle pansement; il répondra à la partie inférieure de l’une des plaies, de la plaie déclive, ne traversera pas le foyer de la fracture, mais s’arrêtera à son niveau; on le coupera juste au ras de la peau et on le fixera par une épingle. Il serait presque inutile de rappeler qu’avant d’être introduit, il devra être trempé dans une solution antiseptique si dans ce pansement important il était des détails inutiles.
4° Application du pansement extérieur. — On recommande d’ordinaire i d’appliquer le pansement extérieur avant d’assurer l’immobilisation de la fracture. La pratique inverse nous semble en général préférable. De cette façon on règle mieux l’épaisseur exacte que doit avoir le matériel substratum pour ne pas gêner l’adaptation de l’appareil et nuire à la contention; souvent on peut se servir de l’appareil même (gouttières-valves) pour fixer les pièces principales du pansement et leur remplacement se fait sans secousses tandis qu’il n’en est pas de même quand les bandes entourent le membre et qu’elles sont recouvertes par l’appareil. Enfin, quand on fixe un pansement sur un membre immobilisé, on peut l’assujettir plus exactement et avec moins de douleurs pour le blessé. Il est des cas cependant où la pratique inverse devra être suivie. Il appartiendra au chirurgien de [l les déterminer.
Plusieurs modes de pansement se partagent encore aujourd’hui les préférences des chirurgiens. Quel que soit celui qu’on choisisse, ses pièces devront être successivement et directement présentées au chirurgien sans : passer par des mains intermédiaires.
Veut-on appliquer un [Aster, on recouvre les plaies d’une lame de protective trempée au préalable dans la solution phéniquée faible, sur le protective on applique une compresse de gaze imbibée de la même solution, puis
lésions des diaphyses par les