‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 25 sur 340 · PROJECTILES · texte numérisé non relu

PROJECTILES

i sur cette dernière huit compresses phéniquées sèches; entre la septième T et la huitième est intercalée une feuille de makintosh. Une bande de gaze phéniquée fixe le tout. Quelques-uns appliquent sur ce pansement une couche de ouate. On peut laisser de côté le protective et remplacer le maj kintosh par une feuille de taffetas gommé.

Le pansement qu'on emploie dans la pratique ordinaire consiste dans i l’application de sept à huit compresses de gaze imbibées séance tenante j d’une solution antiseptique (phéniquée 2 à 5 p. 100 ou sublimée 1 p. 1000), d’un carré de coton, d’étoupe ou de tourbe antiseptiques. Le tout est fixé j par une bande de tarlatane. Pris au dépourvu de ce matériel, le chirurgien appliquera sur la plaie une compresse ordinaire ou une compresse de gaze i| bien propre, trempées dans des solutions antiseptiques, et, sur la compresse, i un gâteau de charpie antiseptique imbibé des solutions précédentes.

Kociier a préconisé un pansement au chlorure de zinc composé d’une I plaque de gu tta-percha servant de protective et rendue antiseptique en l'agitant dans une solution de chlorure au 1/20, d’une compresse de coton hydrophile épaisse d’un travers de doigt trempée dans la même solution. Le tout est enveloppé d’une lame de gu tta-percha en guise de makintosh. Avant l’application du pansement, on a eu soin de faire dans la plaie une injection du liquide chloruré au même titre que celui qui a servi à imbiber le matériel.

Quand on emploie l 'iodoforme, après avoir pratiqué le lavage préalable des plaies, on recouvre celles-ci d’une faible couche de poudre d’iodoforme ou de quelques compresses de gaze iodoformée. Des compresses de gaze phéniquée et un carré de tourbe ou de ouate antiseptiques, un taffetas . gommé et une bande complètent le pansement. Berger a conseillé l’emploi d’une émulsion iodoformée (iodoforme 50 gr.; glycérine 40 gr. ; eau de fon- ■ taine 10 gr. ; gomme adragante 0,30). Cette émulsion, injectée dans la plaie, pénètre dans toutes ses anfractuosités, à l’encontre de ce qui arrive pour la poudre qu’on est presque toujours réduit à appliquer à sa surface. En raison de la viscosité de l’émulsion, celle-ci adhère assez au canal de la plaie pour prolonger pendant longtemps, voire jusqu’à guérison, l’action de I. 1 antiseptique. On complète le pansement par l’application des pièces de matériel substratum dont nous venons de parler.

Nous avons à apprécier maintenant la valeur de ces divers pansements ambulanciers. La complication du Lister, son prix de revient élevé, la i rapidité avec laquelle il perd son antiseptique, l’ont fait généralement abandonner comme pansement ordinaire, et on s’accorde à recommander indifféremment, soit les pansements humides phéniqués ou sublimés qu’on emploie pour le traitement des fractures ouvertes communes, soit les pansements secs à l’iodoforme.

Les nécessités du transport de la plupart des blessés après le premier ou les premiers pansements imposent au chirurgien d’armée de recourir à des topiques dont l’action peut persister pendant les quelques jours que doit durer ce transport. On peut craindre que l 'acide p/iénique volatil ne se montre alors insuffisant. Le sublimé a une action théoriquement plus persistante, mais il la perd en partie à coaguler l’albumine et a se combiner ;ivec le matériel de pansement, comme le professeur Marty la montré. L iodoforme préconisé par Mosetig semble supérieur, dans les conditions

Delorme.

LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE

supposées, aux topiques précédents. Pendant la guerre serbo-bulgare, au dire de Mosetig, pendant la campagne d’Egypte d'après Cronkank, il a permis d’obtenir les succès les plus remarquables et on n’a pas de peine à le croire en voyant les résultats qu’il donne journellement dans la pratique. j Son action est durable. Un pansement iodoformé peut rester 8, 10, 15 jours en place, et même plus longtemps, sans cesser d’exercer son action antiseptique; c’est plus qu’il n’est nécessaire. D’autres avantages le recommandent 1 encore, bien qu’ils soient moins précieux. Avec l’iodoforme les pansements sont plus faciles, plus rapides ; avec lui point n’est besoin d’un matériel aussi considérable qu’avec le pansement phéniqué et, depuis que son emploi s’est généralisé, son prix de revient est minime. Mosetigenfin lui reconnaît ,i la propriété incontestable de pouvoir servir aussi bien pour le pansement des fractures ouvertes qui n’ont pas été pansées primitivement d’une façon très antiseptique que pour celui des fractures récentes. Dans ce cas il est seulement utile d’employer des doses un peu plus fortes d’iodoforme. Si son emploi a parfois été suivi d’accidents, ceux-ci n’ont pas été plus nombreux que ceux qu’entraîne l’usage des autres antiseptiques. Ces accidents, qui s’annoncent par de l’inappétence, un goût d’iodoforme dans la ’ bouche, de la céphalée, de l’accélération du pouls qui devient petit, mou, dépressible, bat 150 à ISO sans qu’on constate d’élévation de la température, se terminent parfois par des manifestations cérébrales d’ordre irritatif. On les a observés surtout chez des blessés dont on avait recouvert la plaie avec des doses massives d’iodoforme. Quant à son odeur, elle ne peut être» un obstacle à la généralisation de son emploi; d’ailleurs on la fait au-lf jourd’hui aisément disparaître. Pour nous, l’iodoforme serait le topique àjq préférer.

Les pansements ultérieurs ne différeront guère des pansements primitifs. En principe on renouvelera le pansement rarement, le plus rarement possible. Des fractures par coup de feu dont la marche sera régulière et simpk pourront guérir sous quelques pansements ; nous disons quelques pansements au lieu de dire sous le même pansement, bien que nous n’oubliions pas qu’on constate souvent des guérisons de fractures ouvertes communes sous le premier appareil. En effet, le chirurgien qui recevra le blessé après son transport, se décidera rarement à laisser en place un pansement qui a;:

été appliqué par un autre que par lui et dans des conditions spéciales si 1 différentes de celles de la pratique ordinaire; il hésitera à maintenir un i

pansement qui sera souvent souillé, ou quelque peu dérangé. Enfin, lorsquein le blessé aura atteint le tiers du temps nécessaire pour la consolidatioruffl de la fracture, il sera souvent prudent d’examiner le membre pour s'as-|É surer si la contention a été régulière et si le cal n’est pas défectueux. Alors, rj un nouveau pansement sera encore indispensable.

S’il survient des complications suppuratives, les pansements seront renouvelés aussi souvent qu’il sera utile et on emploiera comme topiques les solutions antiseptiques concentrées. Hormis ces cas, on se gardera d'in- | jecter des solutions dans les foyers de fracture lors des pansements con-ù séculifs ; ces injections séparent les surfaces coaptées, troublent les phé-f

nomènes réparateurs et parfois provoquent de la suppuration L A touteM

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