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II. — BLESSURES DES ORGANES DE LA CAVITÉ PELVIENNE

Une balle peut traverser la cavité du petit bassin sans ouvrir aucun des 1^ viscères creux qu’il contient. La lésion se borne à une contusion si légère 1 suivie d’une guérison si prompte et si complète qu’on a pu croire qu’aucun l| viscère n’avait été blessé (Thomson, Otis, etc.) ; mais ces faits, pour curieux qu’ils soient, sont si exceptionnels qu’ils méritent à peine d’être mention- f nés. Dans la très grande majorité des cas, une balle qui pénètre ou perfore j* le bassin intéresse un des organes contenus dans le petit bassin : vaisseaux, i nerfs, vessie, rectum.

Blessures des gros vaisseaux pelviens. — Les artères et veines iliaques internes et externes présentent les lésions (contusions, plaies latérales ou perforations) des gros vaisseaux artériels et veineux. La mort, et une mort rapide est la conséquence presque fatale des plaies de ces vaisseaux. Rappelons, à titre de curiosité, des exemples de survie de quinze heures, de vingt-quatre heures, de quinze jours, après une perforation de l’iliaque interne, de vingt-quatre heures, après une plaie de la veine iliaque interne, de quatre jours après une blessure de l’iliaque primitive (Otis)1. Les blessures de ces vaisseaux sont à craindre quand la balle perfore l’interligne sacro-iliaque.

Moins graves, plus accessibles à l’intervention chirurgicale sont les traumatismes de la circonflexe iliaque , des liémorrhoïdales, de la honteuse interne. La première est assez souvent intéressée par les projectiles qui frappent la crête iliaque ou perforent la paroi un peu au-dessus de cette crête. Otis a signalé quelques cas de blessures de ce vaisseau qui ont donné lieu à des hémorrhagies rapidement mortelles. Si on se rappelle le siège et la direction de cette artère, il nous semble impossible qu’on ne puisse l’atteindre. Otis nous diteependant que sur un blessé on fit, en vain, une grande incision pour trouver la circonflexe !

La ligature, ou plutôt le tamponnement antiseptique arrêterait une hémorrhagie des liémorrhoïdales, en particulier de l’hémorrhoïdale médiane. Quant à la honteuse interne, elle est également assez accessible pour qu’on puisse porter sur elle une ligature. Otis a rapporté trois cas mortels de blessures de ce vaisseau.

Blessures de la vessie. — C’est à D. Larrey que nous devons le premier mémoire sur les plaies de la vessie par les armes de guerre. Son travail fait date dans l’histoire de ces traumatismes. Ce n’est que près d’un demi-siècle plus tard que les chirurgiens reprennent leur étude. Le mémoire de Demarquay provoque le remarquable rapport, véritable monograplne’ d IL Larrey (1800). Vient ensuite la thèse d’agrégation de IIoüel (lS&'Oj Après la guerre d’Amérique, Otis réunit le massif et substantiel contingent

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