‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 251 sur 340 · ET DE SON CONTENU · texte numérisé non relu

ET DE SON CONTENU

Ces résultats divers de l’autopsie indiquent que la cause des accidents mortels ne doit pas être exclusivement recherchée dans l’inflammation péritonéale, comme on le faisait il y a quelques années encore. Les recherches de Wegner semblent démontrer que dans les épanchements d’urine intra-péritonéaux, ce liquide est d’abord résorbé et que la péritonite ne se montre que lorsque le pouvoir absorbant de la séreuse est épuisé, mais, à ce moment, l’intoxication serait déjà si avancée que toute intervention aurait bien peu de chances de succès l. Tuffier, d'un autre côté, vient de prouver qu’on peut impunément injecter, en une fois, de notables quantités d’urine dans le péritoine des animaux. Pour lui, ce serait l’apport incessant de l’urine dans la cavité péritonéale, l’infection du péritoine par une urine pathologique, ou rendue telle par le cathétérisme ou les microbes de l’air qui seuls causeraient des accidents2.

Prévenir l’infection de la plaie par un pansement antiseptique aussi rapidement appliqué que possible, prévenir l’apport incessant de l’urine par la suture de la vessie plutôt que par des moyens palliatifs, débarrasser le péritoine de celle qu’il contient, sont les indications thérapeutiques les plus rationnelles et celles qui le plus sûrement peuvent mettre le blessé à l’abri des conséquences de ces épanchements. Déjà à l’époque où les chirurgiens étaient moins qu’aujourd’hui familiarisés avec les interventions péritonéales, Meiiée, Baudens3, Velpeau et Legouest conseillaient les lavages intra-péritonéaux. Aujourd’hui il est indiqué de faire plus et mieux et la toilette directe du péritoine est préférable au lavage. Mais l’observation des animaux, à défaut de celle fournie par l’homme, a démontré que, pour réussir, ces moyens doivent être utilisés à une époque rajiprochée du traumatisme.

Infiltration d'urine. — Après l’épanchement urineux dans le péritoine, l’infiltration d’urine a été regardée longtemps, comme la plus gravé des complications des plaies de la vessie. Pour Pirogoff, c’était la cause ordinaire de la mort des blessés. On l’observait plus souvent dans les plaies de la face antérieure et du bas fond, moins rapidement mortelles que les autres, et on attribuait à l’étroitesse des plaies, à leur obliquité, à leur direction peu favorable à l’écoulement de l’urine, à la perméabilité du trajet dans les premiers jours (Larrey), à l’attrition des tissus, à l’abondance de l’épanchement sanguin, à la difficulté qu’il éprouvait à s’écouler par l’urèthre, on attribuait à ces causes, presque toutes mécaniques, une importance de premier ordre. Il n’est pas possible d’en méconnaître la Valeur, mais l’infection septique du trajet par l’air ou son irritation par les corps étrangers jouent le premier et le principal rôle dans la production des accidents aigus ou suraigus, du phlegmon localisé ou diffus, qu’on a désignés sous le nom d'infiltration d’urine. Le changement d’aspect des plaies qui se recouvrent d’une couche diphtéroïde (Pirogoff), la réaction générale du blessé, un gonflement douloureux, dur, parfois crépitant, constaté dans

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