DU RACIIIS ET DE LA MOELLE
rien, qui les différencie des entorses, luxations ou fractures observées dans la pratique journalière L
Les armes blanches entament les lames vertébrales, détachent les apophyses épineuses ou transverses ou pénètrent les corps vertébraux.
Les traumatismes déterminés par les éclats de gros projectiles sont les analogues de ceux que produisent les balles ou échappent à toute description.
Lésions produites par les petits projectiles. — Pour la facilité de la description nous étudierons successivement les effets des petits projectiles sur les apophyses épineuses, transverses, les lames vertébrales, les corps des vertèbres. Souvent d’ailleurs on rencontre ces traumatismes isolément sur les blessés.
Les traumatismes du rachis ne s’observent pas communément, en campagne. C’est ainsi qu’Ons n’a pu en réunir que 643 cas et le rapport allemand de 1870-71 : 289 observations.
Apophyses épineuses. — Véritables os plats, les apophyses épineuses présentent les variétés de blessures de ces os : des fêlures et des fissures
Echancrure d’une apophyse épineuse de vertèbre dorsale par une balle de 8ram. (Pièce expérimentale.)
Echancrure d’un corps de vertèbre dorsale par une balle de 8mm ; échancrure de deux lames ; abrasion partielle et nette de deux apophyses épineuses ; fracture verticale d’une apophyse articulaire ; ouverture du canal rachidien. (Pièce expérimentale.)
des échancrures de leurs bords (fig. 347 et 348), sans ou avec fêlures verticales, obliques ou radiées, des perforations simples ou avec des fissures radiées, enfin des perforations à tel point comminutives qu’elles aboutissent a une séparation. Sur les apophyses épineuses de la région lombaire, plus larges et constituées par un tissu moins dense que celui des apophyses e'pineuses des régions dorsale et cervicale, ces perforations sont, toutes choses égales d’ailleurs, plus simples que celles de la région dorsale et surtout que celles de la région cervicale. Elles sont aussi plus souvent limitées et moins fréquemment compliquées de lésions médullaires. Suivant le trajet parcouru par le projectile, une ou plusieurs apophyses sont intéressées. Quand la balle a suivi un trajet plus ou moins parallèle à l’épine, un certain nombre d’apophyses est fracturé par le projectile. Chenu (18/0-71)
L D. Larrey ( Mémoires , t. II, p. 416) a rapporté deux cas de luxation des vertè* >rcs produites par le choc de gros projectiles et terminées par guérison.
BLESSURES DU RACHIS
tous parle d’un sergent du 6e de ligne, nommé Rouch, chez lequel les pophyses épineuses des 2e, 3e, 4° et 5° dorsales avaient été brisées par une aile prussienne reçue à Saint-Privat *. Ce blessé guérit et fat pensionné. Parfois le projectile s’arrête contre les apophyses épineuses et ne détermine que leur contusion (fig. 349).
Les apophyses transverses sont contuses, échancrées ou fracturées vericalement ou comminutivement.
Les lames vertébrales , os plats et vitreux, sont simplement fracturées verbalement (fig. 349), contuses, échancrées. avec ou sans fissures verticales ou bliques, le plus souvent, elles sont perjrées (fig. 348, 3ol), ou fracturées en clats. Les fissures qui compliquent les î «erforations sont d’ordinaire radiées.
.'es lames vertébrales sus- ou sous- ; tacentes à celles qui ont été directement )uchées par le projectile, sont parfois ü -acturées obliquement ou verticaleîient par les lames voisines déplacées iig. 349,6).
Une balle peut s'insinuer dans un rrou de la conjugaison en fracturant u sans fracturer les apophyses articulaires et les lames. Otis en a cité des ixemples, et nous-même avons produit 3 semblables lésions (fig. 349).
Malgré l’étendue des traumatismes E3 l'arc postérieur des vertèbres, alors ème que la fracture est très commiitive, la colonne vertébrale ne subit îs de solution de continuité et la fracire reste limitée à l’arc postérieur, nous est arrivé de fracturer, dans des >ups de feu transversaux, les apoîyses transverses et même les lames
deux vertèbres cervicales contiguës, par trois balles tirées avec presque ur maximum de vitesse, sans obtenir de rupture de la colonne, le aumatisme restait circonscrit aux points et au voisinage des points toutés. Les esquilles libres des perforations ou des échancrures sont très dites et peu nombreuses; les esquilles adhérentes, également peu nom- •euses et peu étendues. Les unes et les autres répondent à l’orifice Jl seux ou au canal de sortie, suivant la loi générale.
Que la lésion porte sur les apophyses épineuses transverses ou les mes, les fragments détachés sont, dans le plus grand nombre des cas, |> tenus par les parties qui se fixent sur eux. Les esquilles libres, par » ntre, peuvent être transportées dans le canal rachidien ou la moelle.
Fig. 349.
Perforation transversale de la colonne cervicale au niveau des trous de conjugaison; séparation des laines vertébrales de la vertèbre pénétrée, par deux traits de fracture verticaux a a'\ fracture verticale b d'une lame vertébrale sousjacente produite peut-être par un mouvement de bascule de la lame supérieure. Quelques minuscules fragments, formés par les lames près du trajet, constituaient les seules esquilles libres (balle animée d’une grande vitesse). La continuité de la colonne n’était pas interrompue; — c\ orifice de sortie d’une perforation d’un corps vertébral (balle animée d’une vitesse faible). (Pièce expérimentale.)