I. Otis, o. c ., p. 451 et
BLESSURES DU DOS, DU RACHIS ET DE LA MOELLE
pas excessivement graves s’ils n’atteignent pas la moelle. La présence même du rein ou du psoas permet aux balles qui suivent cette direction d’atteindre la colonne vertébrale sans ouvrir la cavité abdominale. Plus facilement encore que dans la région dorsale, en raison du volume du corps des vertèbres lombaires, une perforation transversale peut ne pas s’accompagner de blessure médullaire. En voici, entre autres, un exemple :
William B... eut en 1864 le corps de la deuxième lombaire perforée par une balle qui la pénétra transversalement. La queue de cheval ne fut pas intéressée et on ne constata aucun symptôme paralytique l.
Les pénétrations postéro-antérieures des corps vertébraux empruntent une si grande gravité à la lésion médullaire concomitante qu’elles sont exceptionnelles.
Dans cette région comme dans la région cervico-dorsale ce sont encore les fractures de l’arc postérieur qu’on observe presque exclusivement.
Symptômes. — La position superficielle des apophyses épineuses, transverses et des lames des vertèbres, permet de reconnaître assez aisément leurs fractures. La position des orifices, l’immobilité de la colonne vertébrale, la saillie' de fragments en dehors de la ligne des apophyses épineuses, une douleur réveillée par la pression avec le doigt ou pendant les mouvements, parfois la mobilité anormale et la crépitation dont la recherche exige la plus extrême prudence, si tant est qu’elle soit permise, enfin quand la moelle a été simultanément lésée, l’écoulement du liquide rachidien et les troubles médullaires fixeront le diagnostic. Certains signes de traumatismes concomitants viendront parfois en aide au chirurgien. Une fracture de côte à sa partie postérieure fera songer à une lésion probable d’une apophyse transverse dorsale, une hémorrhagie grave de la vertébrale à un traumatisme d’une apophyse transverse cervicale.
Ultérieurement l’issue d’esquilles, leur forme, une suppuration superficielle, la dénudation des apophyses ou des lames permettrait de déterminer la nature de la lésion osseuse antérieure.
Si les fractures communes des corps vertébraux peuvent se reconnaître à la saillie de l’apophyse épineuse de la vertèbre fracturée, à l’écartement que laissent entre elles les apophyses épineuses contiguës, à une courbure du rachis, à la mobilité anormale, à la crépitation, dans nos gouttières et nos perforations qui ne compromettent la continuité des corps vertébraux que d’une façon exceptionnelle, ces signes manquent. Aussi, souvent le diagnostic est-il incertain et basé sur l’immobilité d’un segment rachidien, la profondeur de la plaie, sa direction, une douleur à la pression sur les apophyses vertébrales et les signes des lésions médullaires. Parfois les traumatismes des corps des premières vertèbres cervicales se reconnaissent directement par la vue ou le toucher.
Pronostic. — Les blessures du rachis sont presque sans gravité propre. La sévérité de leur pronostic est liée aux lésions concomitantes, à celles des organes importants du cou, des cavités thoracique et abdominale et,