‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 262 sur 340 · BLESSURES DE LA MOELLE. — COMPRESSION · texte numérisé non relu

BLESSURES DE LA MOELLE. — COMPRESSION

troubles urinaires caractéristiques d’une lésion médullaire. Ce soldat ne souffrait pas. Le vingtième jour, il commença à s’émacier, îles escarres apparurent sur les membres inférieurs; émaciation et escarres firent des progrès et trois mois après le traumatisme ce blessé succombait. A l’autopsie, faite par Adams, la partie postérieure de la colonne vertébrale semblait, à première vue, parfaitement saine, mais jj comme il était manifeste, d’après les symptômes observés du vivant du blessé* que la moelle était lésée, on enleva un fragment de la colonne vertébrale depuis la quatrième jusqu’à la huitième vertèbre dorsale; une section portée au niveau de la cinquième vertèbre divisa la partie supérieure de la balle et la montra cachée dans le canal vertébral. Le projectile était passé à travers le trou de conju- .gaison des neuvième et dixième dorsales en ne produisant à ce niveau qu'une :.lésion osseuse de peu d’importance, puis s’était arrêté au point indiqué, dans i l’intérieur même de la moelle h

On admet que des complications autres que la pénétration, la dilaeération, la dépression de la moelle et celles de ses enveloppes par j des fragments esquilleux acérés, donnent lieu aux mômes symptômes .d’ordre irritatif. Les hémorrhagies extra-duremériennes étendues peuvent; entre autres, être suivies de douleurs intenses, spinales ou excentriques, des mêmes fourmillements, de sensations de brûlure aussi vives, de -spasmes, etc. Dans ces cas, ces symptômes se développeraient avec autant de rapidité, et déjà, de six à vingt-quatre heures après le traumatisme, i ils auraient atteint leur maximum. Mais les hémorrhagies qui peuvent donner lieu à ces accidents, rares après les fractures communes, sont bien plus exceptionnelles encore à la suite des traumatismes osseux produits par les balles, et cela pour des raisons que nous indiquerons plus loin. Quand donc on constate les signes que nous venons d’indiquer, il y a lieu de songer surtout à une irritation méningée ou médullaire par des esquilles.

I’Y eut-il, d’ailleurs, confusion ou incertitude diagnostique, qu’elles ne pourraient être préjudiciables au blessé, le chirurgien devant, dans les deux cas, recourir à une intervention identique, aussi nécessaire dans l’un que dans l’autre. Quant à la méningo-myélite qui s’accuse par les mêmes caractères cliniques, elle ne se montre pas à une époque aussi rapprochée du

1 traumatisme que l’irritation méningée.

L’irritation des méninges et de la moelle par les esquilles entraîne rapidement leur inflammation. Il est donc du plus haut intérêt pour le blessé qu’on en fasse l’ablation. Nous reviendrons ultérieurement sur l’utilité de cette extraction. >

Les balles déterminent, en général, moins d'irritation des méninges et ■ de la moelle que les esquilles.

Compression. — Contrairement à ce qu’on constate dans les fractures communes du rachis, la compression de la moelle ne s’observe qu’exceptionnellement dans les fractures du corps des vertèbres par coup de feu. En effet, les caractères des lésions des corps vertébraux par les balles sont tels qu’ils ne peuvent guère s’accompagner de déplacement. En fait, nous in avons pas trouvé d’exemple d’un de ces déplacements signalé ou figuré dans les comptes rendus des guerres. Quant aux épanchements extra-dure-

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