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BLESSURES PAR LES SUBSTANCES EXPLOSIBLES

que ce qui reste des membres inférieurs, du cou et de la tète soit blessé, que tel autre, placé dans le champ de la poussée verticale et à sa limite, ait subi une décollation.

Ces affreuses mutilations sont simultanément produites par l’explosion violente des gaz, les fragments de l’enveloppe qui renfermait le corps explosible et par les corps environnants qui, propulsés avec une force extrême, jouent eux-mêmes le rôle de projectiles et souvent séjournent dans les tissus. 11 n’est pas rare enfin de voir des parcelles de tissus du blessé jouer le rôle de nouveaux projectiles.

Dans un cas dans lequel la mort survint malgré l’amputation du membre, à cause des dégâts considérables qui existaient dans la poitrine, on trouva, sous les téguments de la cage thoracique, des fragments de métacarpiens et des phalanges de la main broyée, fragments qui avaient fait d'abord penser à des esquilles de fractures de côte. Le poumon du même côté était perforé, et, après l’avoir enlevé, on aperçut, implanté dans le corps de l’une des vertèbres dorsales, un fragment d’ongle ayant la forme de cornet (E. Rochard).

L’éloignement du blessé, sa position, la protection que lui ont fournie des corps avoisinants, la faible quantité d’agent qui a fait explosion, et d’autres conditions encore, rendent compte de la délimitation des dégâts, et, dans certains cas, de la possibilité d’une survie courte ou prolongée, ou d’une guérison. Les désordres compatibles avec la vie consistent en destructions plus ou moins étendues des parties molles, en fractures ouvertes et comminutives, en abrasions partielles des membres, parfois en amputations limitées aux doigts, aux mains, quand la cartouche de dynamite éclate dans la main de celui qui la porte. On a constaté à la suite de ces blessures ou des amputations régularisatriees qu’elles réclamaient que les plaies ne saignaient pas. C’est que les artères ont été déchirées à distance du point de section. En général, les blessures fournissent du sang comme les plaies nettes et récentes, dont elles présentent les caractères.

Les effets généraux observés à la suite des explosions de dynamite sont variables. Pour Rochard, les gaz provenant des explosions épuisent leur action sur place et ne produisent pas de stupeur. Challan a noté sur quelques hommes voisins de l’explosion, une violente commotion, puis une sorte d’engourdissement général très passager et sans conséquence ultérieure; chez l’un d’eux une perte de connaissance, de l’oppression, comme si l’air lui avait été brusquement soustrait, en même temps que de violents bourdonnements et des douleurs d’oreilles passagers, sans lésion. Ces phénomènes ne semblent pas devoir être rattachés à E’ébranlement, mais à la compression instantanée, au déplacement considérable de la masse de gaz 1. Les dynamites produisant 10,000 volumes de gaz après l’explosion, au lieu des 1,800 à 2,000 volumes que donne la combustion de la poudre (E. Rochard). Cette propriété de la dynamite de produire peu d’ébranlement est bien mise en évidence par l’expérience suivante souvent répétée. Si on suspend à une ficelle une plaque de tôle de 4 à 5 millimètres sur

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