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DYNAMITES.

laquelle on attache une cartouche de 50 grammes de dynamite, l’explosion produit un trou dans la plaque, à la place même de la cartouche, mais la ficelle n’est nullement brisée par le choc ; à peine la plaque de tôle subitelle, après l’explosion, une légère oscillation. Par contre, la dynamite détermine des effets de compression très évidents. Quand on fait éclater un chapelet de cartouches de dynamité dans un puits creusé dans une terre vaseuse, l’eau de la vase est chassée à une distance telle qu’elle ne revient i percer les parois comprimées qu’une demi-heure après l’explosion. C’est [ un fait bien connu, que la dynamite produit des effets locaux de comiression que la poudre ne produit pas.

Il est à remarquer, qu’à l’inverse des plaies noircies et exsangues produites par l'explosion de la poudre, les blessures produites parle fulmi- :oton et la dynamite sont vermeilles, saignantes et nettes, ou déchiquetées ; dles se rapprochent plutôt des plaies par armes blanches que des plaies :ontuses. Elles sont peu douloureuses, tandis que celles produites par la >oudre sont le siège de cuissons pénibles. Par contre, des plaies insigniiantes, ressemblant à de simples piqûres, s’entourent parfois d'un cercle cchyinotique, d’une extravasation sanguine considérable. Un autre caraesre différentiel, c’.est l’absence habituelle de brûlure de la peau, ce qui explique par l'extrême rapidité de la combustion. E. Rocuard cite des bservations de blessés dans les mains desquels des cartouches de dynamite enflammaient, sans que ces mains aient présenté traces de brûlure. Les heveux, les poils de la barbe, les cils, habituellement brûlés par la poudre, )nt intacts sur les hommes blessés par une explosion de dynamite, mais >s sont poudrés à blanc par la silice, comme ils le seraient par de la oudre de riz. Ces grains siliceux pénètrent parfois dans le derme et s’y icrustent comme des grains de poudre, mais en déterminant un tatouage tanc presque invisible.

Cette projection de silice donne lieu chez les blessés qui survivent à le conjonctivite traumatique qu’il est d’autant plus nécessaire de signa- ? qu’on est tenté d’en exagérer le pronostic, au moins dans les premiers urs qui suivent l’accident (E. Rocuard).

L’œil est, primitivement, le siège de douleurs vives; les paupières tumé- ;es, rouges, sont spasmodiquement contractées. Vient-on à ouvrir ces derères, on trouve le globe oculaire recouvert d’un tapis de mortier qui ne rmet pas de distinguer la cornée de la conjonctive. Rienlùt on constate

I n énorme chémosis qui masque la cornée et fait craindre une perfora- ‘ >n du globe oculaire. Celle-ci peut survenir, sans doute, mais le plus sount, les émollients ou les lavages boriques viennent à bout de l’inflam- | ition et, en quelques jours, l’œil est revenu à son état normal. La couche silice qui recouvrait la cornée est chassée par les larmes et se retrouvées les pansements aux deux angles de l’œil. Dans certains cas, on peut i nstater sur l’œil des dégâts plus graves : une luxation du cristallin, une l diirure de l'iris, un décollement de la rétine (E. Rocuard).

Le pronostic des traumatismes étendus et profonds est très sombre, mort en est le résultat habituel. Celui des blessures limitées doit e réservé. Car, d’après E. Rocuard, la gangrène serait une des couse-

quences frequentes des lésions observées a la suite des explosions de dynamite.

Le traitement de ces blessures consiste dans le lavage des plaies et l’application des antiseptiques qui ne modifient pas la vitalité des tissus. Les complications suppuratives réclament les incisions nécessaires. La recherche primitive des corps étrangefs est souvent impossible. Les amputations, nécessitées par les ablations des membres, ont été suivies, relativement souvent, de gangrène. C’est que, dans ces cas, comme dans les ablations par les gros projectiles ou leurs éclats, les muscles et peut-être les nerfs et vaisseaux du membre, ont été étirés, arrachés, meurtris, détruits bien au-dessus de la lésion apparente et qu’on n’a pas toujours consenti aux sacrifices nécessaires. Il ne faut donc pas craindre d’amputer le plus haut possible, et, chaque fois qu’on le peut, on doit porter le couteau sur le segment du membre supérieur à la lésion apparente. Le chloroforme peut être donné sans crainte, la période de commotion passée.

Acide picrique et ses composés. — L’acide picrique ou carboazotique, obtenu par l’action de l’acide nitrique sur le phénol, a été adopté récemment comme explosif sous le nom de mélinite, hyddite NE (nouvel explosif), explosif Turpin, crésilite. Ces composés diffèrent beaucoup, entre eux, au point de vue de la sécurité, de la conservation et du maniement, mais ils ont une énergie d’action presque identique.

Les effets de la mélinite nous sont connus par les relations de Taghard1 (explosion de Belfort, 1887) et de Lortat-Jacob (explosion de Toul, 1888). Ils diffèrent peu de ceux de la dynamite, et des composés analogues employés dans les armées étrangères. A côté d’épouvantables délabrements (corps réduits en fragments informes, crâne, membres emportés, éventrations, etc.), on fut frappé de la multiplicité des traumatismes, de l'étroitesse et de la grande profondeur des plaies des parties molles produites par des fragments en général cubiques, irréguliers, tranchants, d’un poids insi-

de ces corps étrangers métalliques et des fragments vestimentaires qu'ils ont entraînés est bien difficile, parfois impossible. Les effets sur le squelette étaient très localisés : les épiphyses comme les diaphyses ont été réduites en fragments. Sur aucun os, Tachard dit n’avoir observé de fêlures.

En somme, les effets produits lors de la déflagration des composés picriques sont des effets brisants, dissociants, résultant de l’explosion d uue masse considérable de gaz unis à ceux de multiples éclats aigus, tranchants, et propulsés avec une très grande vitesse.

De plus, l’aspect des blessés est spécial et caractéristique : les parties

gnifmnt et d’un très faible volume, de la production de tatouages avec inclusion, aune profondeur de 10 à lo centimètres, de parcelles de fonte réduites aux dimensions d’un grain de sable2. Sur le vivant, la recherche

1. Tachard. Note sur les effets de la mélinite. Arch. méd. militaire , 1887, t. X,

2. Lortat-Jacor. Note sur une explosion de mélinite à l'arsenal de Toul, id., 1888, t. XII, p. 401

ACIDE PICRIQUE.

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découvertes du corps ont une teinte jaune claire, fort intense, qui se communique rapidement à tous les linges touchés par les blessés. Sur les tissus, ou ne constate aucune trace de brûlure, même partielle, alors que l’explosion a été produite très près des blessés, et on n’observe aucun trouble imputable à l’absorption de gaz délétères on toxiques. Gomme à la suite des plus graves traumatismes, les blessés présentent du choc traumatique à forme torpide ou érétique. Certaines plaies ont une marche régulière ; d’autres présentent une tendance au sphacèle et aux infections secondaires.

Lortat-Jacob a constaté chez ses blessés une grande dureté de l’épiderme des mains, des crevasses de la peau des doigts.

Le médecin-major Douart a pu étudier, après l’explosion de Bourges, les effets de la crésilite, explosif dérivé de l’acide picrique, dans des conditions semblables à celles qu’on constaterait si le projectile avait été actionné par le fulminate.

Quatre hommes étaient employés au chargement d’obus. L’un de ces projectiles de 270, en acier chargé de 30 kilogrammes de- crésilite, détona. Six obus semblables placés à proximité, firent explosion. On ne retrouva plus trace de ces hommes. Aucune trace de sang n’existait sur le sol, ni sur les pans de mur voisins. On ne trouva aucun fragment ayant conservé la forme d’une partie quelconque du corps, aucun vestige de vêtement, ni même de chaussure. Les quelques débris humains qui furent recueillis en très petit nombre sur le lieu même de l’explosion, la plupart à des distances assez éloignées, sur le sol, ou sur les branches des arbres, représentaient à peine un poids de 20 kilogrammes. Ces débris étaient constitués par des os ou des fragments de cuir chevelu et de peau. Ces lambeaux de peau criblés de trous produits par les éclats d’obus, avaient conservé leur souplesse et leur coloration normale ; les cheveux qui leur adhéraient étaient intacts, non grillés; les débris des muscles étaient broyés, non carbonisés.

Avec les obus chargés à poudre, la force expansive clés gaz est relativement faible ; les blessés sont brûlés, à peine propulsés ; les traumatismes sont produits surtout par les éclats ou les balles que les projectiles renferment. Avec ces explosifs brisants, dans une zone de 2 à 3 mètres, d’après M. Drouart, les gaz sont animés cl’une vitesse à tel point considérable qu’il broient tout ce qu’ils rencontrent. A cette distance du lieu de l’explosion, la tête est enlevée, le ventre ouvert, les membres emportés, dilacérés. A une distance supérieure, on constate des blessures qui ne sont plus irrémédiablement mortelles. Bien que produites par des fragments en général de faibles diamètres, les plaies ont parfois des orifices, surtout des orifices de sortie, très agrandis. Tandis qu’avec [les obus chargés à poudre, les tatouages sont superficiels, presque sous-cutanées, avec les obus chargés à la inélinite ils sont produits par de minuscules fragments qui pénètrent à 10, 15, 20 centimètres de profondeur, font des orifices cutanés presque imperceptibles et, dans la profondeur des tissus, déterminent des dégâts qui ne sont pas en rapport avec ceux qu’on pourrait attendre de parcelles d’acier ou de fonte si ténus. Pour donner une idée de la pénétration de ces minuscules éclats, qu’il nous suffise de dire qu'en faisant éclafer une cartouche ordinaire métallique remplie de mélinite, à quelques mètres d’une cuirasse, les fragments de la cartouche s’en-

castrent dans la cuirasse. Il esta peine besoin de faire remarquer que, suivant la loi générale, ces fragments ténus, irréguliers, perdent rapidement

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leur vitesse initiale et qu’à une distance relativement courte, les désordres qu ils produisent seront beaucoup moindres.

Poncet, de Cluny, qui au lor Congres français de chirurgie s est arrêté à la question de la divisibilité des projectiles explosifs actuels, nous dit qu un obus-torpille, un obus chargé d’une quantité réduite de mélinite,

ACIDE PICRIQUE.

fournit au minimum quatre cents éclats et en outre une poussière de grains métalliques qu’on néglige de compter mais dont l’action est loin d’être négligeable au point de vue chirurgical.

Tous ces fragments ne présentent plus, comme autrefois, leur forme

Fragmentation des obus à mélinite.

• ^régulière de parai lélipipède ; ce sont des débris du métal pulvérisé, broyé,

( contourné dans tous les sens par le gaz explosif, hérissés d’aspérités irrégulières et présentant sur leurs faces comme les stries du clivage. On dirait Jique le métal a été disjoint dans sa cristallisation. Quand le projectile est

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