EXPLOSIBLES
d’acier, les éclats sont plus longs que ceux de l’obus de fonte, le métal est coupé sur ses faces suivant un angle régulier de 43 degrés, déchiré en lanières offrant deux tranchants, lous les éclats, pelits ou gros, et il 6n existe de très grands, sont clivés, biseautés sur les longs côtés. Ce sont autant de couteaux d’acier à double tranchant, lancés à toute vitesse. Tous les éclats jusqu’à ceux du poids de 30 centigrammes peuvent produire des plaies profondes, traversant les membres, brisant les os, et se coiffant de parcelles de vêtement.
Ces éclats n’ont plus, comme les éclats des anciens projectiles une vitesse peu supérieure à celle de l’obus au moment de son éclatement. Ces fragments exercent leur action sur une étendue diamétrale de 1,200 mètres au lieu d’être projetés à 300 mètres, ce qui donne une idée de leur vitesse. Enfin ils sont tellement brûlants qu’il est impossible de les tenir en main quand l’explosion vient de se produire.
Il est bien entendu, comme l’a fait remarquer Poncet, que tout projectile explosif, agissant en son point d'éclatement, produira sur les masses humaines des effets de destruction effrayants qui dépassent toute description. Les hommes qui ne seront pas anéantis sur le coup seront criblés d’éclats, de petites plaies au fond desquelles sera déposé un petit projectile de quelques grammes, coifïé d’étoffe. Les hémorragies, le schok compliqueront les blessures les plus minimes en apparence.
Les chances de survie n’appartiennent qu’aux troupes éloignées du point d’éclatement du projectile.
Il est bon de faire remarquer que les obus-torpilles qui sont employés par toutes les artilleries européennes aussi bien dans la guerre de siège qu’en rase campagne sont surtout destinés à la destruction des abris et que les schrapnels ou obus à balles, bien moins meurtriers, restent jusqu'à nouvel ordre les projectiles usuels, surtout en rase campagne. Quoiqu'il en soit, il y a dores et déjà lieu de tenir compte des dangers et des terribles effets des obus-torpilles. Certaines puissances semblent devoir leur accorder une certaine part d’action dans les tirs en rase campagne, d’autres la limitent. En France, il est prescrit de n’utiliser ces obus que contre les retranchements et de ne leur demander que de préparer l’action des schrapnels. Dans d’autres pays on escompte leurs terribles désastres aussi bien sur les masses humaines que sur les moyens de défense passive.
Le fulminate de mercure est d’un emploi courant. On s’en sert pour la fabrication des capsules, pour faire détoner les torpilles et le fulmicoton. Il a donné lieu à de nombreux accidents dans les poudreries et les cartoucheries. Tardieu a étudié ses effets sur les victimes de l’attentat d Orsini en 1838. Ils sont les analogues de ceux de la dynamite et des autres explosifs.
A la suite de l’explosion de fusées au fulminate de mercure dans un espace clos, le médecin-major Ferra a constaté divers accidents consistant surtout en malaise, fièvre, état gastrique, céphalée, bronchite '. l>ar son explosion, le fulminate de mercure donne naissance comme gaz délé-