Ferra. Archives de Médecine militaire, t. XXVIII, p
ACIDE PICRIQUE.
tères à de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène sulfuré, des vapeurs d’antimoine.
Balles à feu. — A l’Ecole de pyrotechnie de Bourges, M. le médecin inspecteur Dauvé et M. le médecin-major DoRMERontété témoins des graves accidents qui résultent de l’explosion d’une bombe éclairante. Cet artifice est composé d’une sphère armillaire en bandes d’acier et remplie d’une composition dans laquelle le nitrate de baryte et le chlorate de potasse entrent en grande proportion. La bombe renferme une grenade chargée, j' Cette explosion fit 11 victimes. On constata chez elles de la stupeur, une sensation de brisement dès membres, d’abattement général, parfois de la 1 1 paraplégie, des nausées, du délire.
Les plaies par les éclats de métal suivirent une marche régulière, celles contaminées par la matière éclairante furent le siège d’une mortification rapide, partielle, rappelant l’aspect de la pourriture d’hôpital.
Les caractères des symptômes généraux firent songer à une intoxication générale par la composition fulminante, par le nitrate de baryte. Des expériences pratiquées sur les animaux reproduisirent les symptômes [ observés. MM. Dauvé et Dornier en conclurent qu’il y avait utilité à enlever [rapidement les matières qui souillent les plaies, à dissoudre, par des fric- [fiions huileuses, les parcelles éparses du toxique, à transformer, par des Y injections d’un sulfate soluble poussées dans les plaies anfractueuses, le nitrate de baryte en sulfate insoluble i. On terminera par l’application de Dansements antiseptiques, et on se mettra en garde contre les hémor- ; i ’hagies consécutives.
En Allemagne, les bombes éclairantes, à carcasses de fer, avec une ■ t; alotte de tôle du côté opposé à la fusée, ne renferment pas de composition e® oxique, mais un mélange de soufre, de salpêtre, de pulvérin et d’huile
|!le lin.
Blessures produites par la projection des ëtoupilles. — Nous devons a MM. Fournier, Dupré, Du Gazal 2, la description des lésions produites | jar la projection des étoupilles.
L’étoupille est un tube cylindrique de cuivre terminé d’un côté par quatre ailettes disposées en croix. Remplie de poudre et de fulminate, elle ;st destinée à enflammer la gargousse. La déflagration est produite par le rottement d’une tige métallique intérieure, dentelée, appelée rugueux.
L’étoupille a près de 45 millimètres de long, 5,3 de large ; son poids ;st de 3,8 à 4 grammes. Le tube intérieur qui s’en détache parfois a 18 miliimètres de haut, 3,5 de diamètre, et pèse 0gr.40. Le poids du rugueux est île 1 gr. 6.
La projection de l’étoupille a une portée variable. Elle est accompagnée t^il’un jet de flamme de 60 centimètres de long. Ce jet peut, à 7 mètres de
1. Dauvé et Dormer. Explosion d'une balle à feu in Rec. Mon. Med. mil., 1881.
2. Fourme. Delà projection des étoupilles cl des blessures qui en sont habituellement a conséquence . Arch. méd. militaire , t. III, 1881, p. 38(5.
Duprey. Deux observations d'accidents dus à l'explosion de capsules de fulminate , Mes étoupilles : in Arch. de méd. militaire , t. I, 1883, p. 141.
Du Cazal. /</., t. IV.