BLESSURES PAR LES SUBSTANCES EXPLOSIBLES
la pièce, renverser un panneau d’expérience. L’engin peut être propulsé à 2o ou 30 mètres. Ces projections s’observent quand, par suite de l’encrassement des lumières ou pour tout autre motif, letoupille n’est pas engagée à fond dans la cavité qui doit la recevoir, quand les servants ne sont pas à leur place ou que la traction du rugueux se fait d’une façon brusque.
C’est le deuxième servant de droite qui est le plus exposé (7 fois sur 11) ensuite le premier servant de droite (2 fois sur 11).
Indépendamment des blessures directes produites par l’étoupille entière, on peut observer des blessures par ricochet, enfin des lésions par des fragments d’étoupille.
Quand ces projectiles frappent des parties du corps couvertes par des vêtements, elles ne donnent lieu qu’à des contusions banales. Quand le choc se produit dans le sens du tranchant des ailettes, il y a pénétration des vêtements ; mais alors la vitesse du projectile est si faible qu’il n’en résulte que des lésions cutanées sans importance, des plaies contuses dont l’étendue et la profondeur varient avec la distance du blessé et le mode d’incidence de l’étoupille. On constate le plus souvent des plaies des doigts, du métacarpe, du poignet, de la face et du cou. Les blessures du premier servant sont toujours moins graves que celles du deuxième servant. L’observation de règles techniques relative à l’attache de l’étoupille, à la position des servants, permettrait de les éviter.
Sur leurs blessés, MM. Duprey et Du Cazal ont observé des blessures de l’œil. Leur traitement est celui des plaies contuses par petits projectiles. Ces plaies dilacérées sont parfois d’une guérison lente.
Accidents de la guerre des mines. — Les travaux des mines, utilisées pour l’attaque des places, donnent lieu parfois à des accidents plus ou moins graves, indépendamment de tout traumatisme. Nos collègues Rizet, Rigal, Zuber1, en Allemagne, Woigt, Rawitz, Polek, Roth, etc., les ont magistralement décrits. Les vastes entonnoirs que forme l’explosion de quantités considérables de poudre ou d’explosifs brisants, et dont le déblaiement rapide doit servir à commencer les tranchées de l’assaillant, sont remplis d’oxyde de gaz, en particulier d’acide carbonique, d’hydrogène sulfuré et surtout de carbone. L’absorption de ces gaz, en particulier de l’oxyde de carbone, détermine parfois, chez le sapeur mineur, de la perte de connaissance, de l’hébétude, de la céphalée, des nausées, de l’anesthésie, des convulsions, des contractures, des troubles de la respiration, de la vision, etc.
La flagellation, l’aspersion du visage, les injections d’éther, suffisent le plus souvent pour faire disparaître ces accidents. Dans les cas graves, on a préconisé la transfusion du sang.
L Rigal. Des accidents de la guerre des mines, in Revue militaire de médecine cl de chirurgie , 1881. — Zuber, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales , article Mines.