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Handbuch der Kriegschirurgie, t. I, Leipzig

Fig. 62.

Appareil de Wolkers. Appareil plâtré renforcé par quatre grandes attelles latérales de placage.

LÉSIONS DES DIAPHYSES PALI LES PROJECTILES

jettissent avant dessiccation avec des anneaux de bandes de tarlatane plâtrés. L’appareil n’est pas mieux assujetti et il devient impossible de lui faire suivre le retrait du membre, tandis que la chose est facile quand on utilise les lacs ordi-

naires.

Les gouttières d’Hergott se construisent aujourd’hui comme les attelles plâtrées avec des feuilles de tarlatane superposées.

Avec huit ou quatorze épaisseurs de tarlatane, suivant qu’il s’agit d’appliquer l’appareil sur le membre supérieur ou sur le membre inférieur, on taille une lame do dimensions lelles qu’elle puisse embrasser la moitié ou les deux tiers postérieurs du membre. Les épaisseurs de tarlatane sont au besoin réunies sur leurs bords par quelques points de couture. Gela fait, le membre étant au préalable rasé ou huilé, la gouttière est trempée dans la bouillie plâtrée, débarrassée par des pressions exercées avec les deux mains de l’excédent de plâtre qu’elle contient, glissée sous le membre soulevé et sur lequel on exerce l’extension, puis elle est modelée sur lui avec le plat des mains. On la fixe provisoirement comme les attelles avec des bandes de tarlatane sèche et on la renforce, avant dessiccation, avec de nouvelles couches de plâtre. Enfin on l’assujettit d’une façon définitive avec des anneaux de tarlatane plâtrée, des lacs à boucle ou des bandelettes de diachylon.

Au besoin on peut renforcer la gouttière d'Hergolt avecdes attelles légères en bois de placage interposées entre elle et les bandes de tarlatane qui servent à la fixer. Ces bandes sont enduites ultérieurement de plâtre Fig. 63.

dans les points qui cor- Appareü d’Hergott.

respondentâla gouttière. Premier temps de l’application.

Fig. 64.

Appareil d’Hergott appliqué.

7° Appareils de transport en rotang de De Moij *. — Le chirurgien militaire néerlandais de Mou a imaginé, pour la contention des fractures diaphysaires et articulaires pendant les transports, des appareils formés de minces tiges de jonc.

Ces tiges coupées par le milieu dans le sens de leur longueur, sont juxtaposées et réunies par des ficelles qui, au nombre de 2, 3 ou 4, les traversent en dilférents points de leur longueur. A leurs extrémités elles sont fixées par une foi le bordure d’une peau très souple. Entre chacune des tiges on a eu soin de ménagei un vide qui leur permet de conserver toute leur mobilité. L’appareil est donc constitué par une espèce de natte qui doit à la llexibilité des tiges élastiques qui la constituent de se modeler sur le membre dans le sens de sa longueur et de scs

L Revue militaire de médecine et de chirurgie, pp. 360 et 414.

LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE

diamètres, et à la résistance de ces mêmes tiges d’assurer une contention très

suffisante. Cette résistance est d’ail—

Fig. ü5.

Appareils de transport en rotang de De Moij.

leurs encore augmentée dans les parties de l’appareil qui correspondent aux faces latérales du membre par de petites attelles piales découpées dans de grosses tiges de rotang, mais peu épaisses quoique rigides. Ces attelles sont fixées par de fortes ficelles. Des liens en ruban de fil de nombre et de longueur convenables glissent entre les attelles de renforcement et servent à assujettir l’appareil. Leur longueur est telle qu’ils font chacun deux ou trois fois le tour du membre.

Ces bandages taillés à l’avance suivant la forme du membre ou du segment de membre auxquels ils sont destinés présentent des modèles de grandeur et d’aspect variés. Comme la surface plane des tiges doit toujours correspondre à la face extérieure du membre, il en résulte qu’il est nécessaire de posséder un bandage pour chaque cuisse et chaque bras.

Ces appareils sont adoptés dans l’armée néerlandaise et figurent dans le matériel d’ambulance de l’armée anglaise.

8° Appareils modelés en toile métallique. — Au médecin principal Sarazin nous devons des appareils modelés en toile métallique qu’il a utilisés avec succès pendant la guerre de 1870-71 à la fois pour le transport et le traitement définitif des blessés atteints de fractures par coup de feu l.

Ces appareils se composent de feuilles de toile métallique, malléables à la main, assez rigides pour former cuirasse, clouées ou fixées à charnière sur une attelle garnie de courroies bouclées. Les feuilles disposées en forme de valve sont confectionnées avec un treillis de fer galvanisé d’un millimètre d’épaisseur, à mailles de deux tiers de centimètre, ou d’un centimètre. Cette toile est assez malléable pour que la simple pression des mains l’applique exactement dans les creux ou sur les saillies du membre fracturé et elle est assez solide pour conserver la forme qu’on lui a donnée.

Ces valves découpées avec des cisailles sur plusieurs patrons de dimensions différentes sont fixées soit sur une attelle droite et rigide de la longueur de l’appareil, soit sur une attelle double munie d’un mécanisme à coulisse qui permet à volonté d’éloigner les valves lorsqu’on a affaire à des membres de grande longueur.

Les fils qui font saillie sur les bords libres des valves sont arrêtés en les tordant ou en les repliant avec une petite pince. Sans celte précaution les valves manquent de rigidité et la toile se défile. On peut faire border les valves avec du cuir, mais le prix de l’appareil en est augmenté.

Les rubans de fil qui fixent l’appareil sont cloués sur l’attelle une distance

L Ch. Sarazin, Du traitement des fractures des membres par coup de feu à l’aide d’ appareils nouveaux dits appareils en toile métallique, in Archives générales de médecine, 1871, 2c vol. p. 2G8.

lésions des diaphyses par les projectiles.

de la boucle telle que celle-ci, l'appareil étant appliqué, soit située à la partie

antérieure du membre.

Les modèles diluèrent

suivant les membres. Pour les rendre plus transportables on divise en segments les plus longs de ces appareils (ceux de cuisse) et on les réunit au moyen de coulisses ou par des charnières.

L’appareil étant matelassé d’une couche de ouate doublée d’épaisseur au niveau de l’attelle, on le glisse sous le membre fracturé, puis on replie les valves, on les modèle et on les fixe avec les lacs. Des fenêtres taillées au préalable dans les valves permettraient au besoin de panser les plaies sans ouvrir l’appareil, mais on peut sans inconvénient appliquer le pansement sous la valve.

Fig. 6G.

Fig. 67.

Appareil de Sarazin pour fractures de cuisse.

Appareil de Sarazin pour fractures de bras.

9° Appareils construits avec des lames métalliques , appareils cle zinc laminé. — Depuis très longtemps on s’est servi de lames métalliques repliées en gouttières pourra contention des fractures par coup de feu. Paré, Belloste, Petit, les ont utilisées; Bavaton nous a laissé de bons modèles de ces appareils et la plupart de nos auteurs en ont parlé. Mais l’emploi de ces appareils, pour la construction desquels on employait le fer-blanc ou la tôle, c’est-à-dire des métaux d’un travail difficile, devait forcément rester limité. Champenois1 en 1870, Raoult-Deslongchamps deux ans plus tard, en remplaçant la tôle par le zinc laminé, métal plus malléable, ont construit des appareils contentifs excellents au point de vue du transport des blessés. On doit surtout leur vulgarisation aux écrits de Raoult-Deslongchamps2.

Ces appareils sont construits avec du zinc laminé nos 10 et II pour les appa-

L Champenois. Rec. mém. méd. mil., 1872.

2. Raoult-Deslonciiamps, Nouveaux appareils en zinc laminé pour les fractures des membres inférieurs , in Recueil de mémoires de médecine , de chirurgie, de pharmacie nu pilaires, 1873. — Du traitement des fractures des membres. Nouvelle méthode dispensant i u séjour au, lit et permettant le transport immédiat sans douleur du blesse au moyen < es nouveaux appareils en zinc laminé, 1 vol. Paris, 1882. — Pklleiun, I/i. Lyon , LSl-oo.

LÉSIONS DES OS PAIl LES ARMES DE GUERRE

reils du bras et du coude, I l et 12 pour ceux du membre inférieur, 12 pour ceux de l’avant-bras. Avec le zinc n° H on peut fabriquer tous les appareils. Ceux-ci sont taillés d’après des patrons pris exactement sur le membre fracturé ou bâtis à l’avance. Ils sont découpés avec de forts ciseaux ou mieux avec des cisailles. Quand on a à fabriquer une grande quantité d’appareils, on peut, comme l’a recommandé Raoult-Deslongchamps, les découper à la scie au nombre de 40 à 50 dans autant de feuilles de zinc superposées.

L’appareil obtenu, on fait disparaître la saillie de ses bords, ses irrégularités, ses mâchures, parfois les petites poinles très acérées qu’il présente et qui peuvent blesser le malade ou le chirurgien, en les raclant avec la lime. C’est là une précaution indispensable.

Au moment du besoin, l’appareil est façonné en gouttière soit en rapprochant ses bords, soit en le moulant sur un objet arrondi. Suivant que la courbure est dirigée dans un sens ou dans l’autre, la gouttière peut servir pour le membre droit ou le membre gaucbe. Les deux valves des appareils du membre inférieur sont réunies par des rivets ou des ficelles passant dans des trous symétriques qui forment la semelle. Us sont garnis d’une couche régulière de ouate ou de tout autre matériel de matelassage élastique, étoupe, foin, mousse, vêtements, puis maintenus en place au moyen de lacs appliqués ou de bandes.

Il semble inutile d’envelopper le membre fracturé de bandelettes de Scultet ou

de bandages roulés comme

E'ig. 68.

Appareil en zinc laminé appliqué à la jambe.

le pratique M. Raoult-Deslongchamps. Il n’est pas non plus indispensable, comme le croit ce chirurgien, de percer la coque de zinc de nombreuses fenêtres allongées pour faciliter la perspiration cutanée et ces fenêtres compliquent la confection de l’appareil.

Une caisse en bois de

forme parallélogramme ayant lm,25 de longueur sur 0m,52 de largeur et 0m,!0 de hauteur, pourrait contenir 100 appareils de cuisse. Le poids du zinc serait de 122 kilos. Une seconde caisse pesant 100 kilos pourrait contenir 80 appareils de jambe, 10 appareils pour fracture de la rotule, 70 pour le bras, 40 pour le coude, 30 pour l’avant-bras, 30 attelles palmaires.

Eu Allemagne, les appareils en zinc laminé ont été préconisés par Schôn et Weisbach qui ont calqué leurs modèles sur ceux de Champenois et de Raoult- Deslongchamps. Ils ont surtout modifié l’appareil de cuisse. Pour le rendre plus transportable, ils ont, aux dépens de sa solidité, subdivisé les portions jambière et crurale qu’ils réunissent ensuite par de petites charnières faites avec des languettes de zinc. Port, au lieu de se servir de lames de zinc, a confectionné en zinc laminé des appareils grillagés. Nous avons fait nous-mêmes subir à ces appareils des transformations importantes. Nous en parlerons plus loin.

Valeur des appareils contentifs de transport. — D’une façon générale, ces appareils doivent, pour nous, remplir les conditions suivantes :

1° Être d’une construction élémentaire et peu coûteuse, aussi peu encombrants et aussi peu pesants que possible ; ï° D’une application rapide, peu fatigante et facile môme pour un personnel médical peu exercé ; 3° Assurer une contention très exacte et présenter une solidité suffisante pour résister aux heurts, aux pressions inséparables de tout transport. Aucun appareil ne doit être plus éminemment contentif que les appareils do transport; 1° Ne réclamer qu’un minimum de ntatériel de remplissage ; 5° Être arnovo-

lésions des diaphyses par les projectiles.

inamovibles, c’est-à-dire permettre en cas de besoin l’expansion et l’examen du membre blessé et, tout en contenant la fracture, rendre facile le pansement des plaies.

Les appareils à attelles remplissent quelques-unes des conditions exigées. Réduits à leurs pièces essentielles, ils sont peu pesants, peu encombrants, d’une application facile et rapide, enfin ils sont encore amovoinamovibles, mais au point de vue de la contention leur insuffisance est telle qu'ils devraient être absolument rejetés comme appareils de transport, surtout pour les membres inférieurs. Les attelles rigides et planes s’appliquent mal sur les surfaces cylindriques ou cylindroïdes des membres, à moins d’être très solidement assujetties, auquel cas elles exercent des pressions douloureuses sur les parties saillantes sur lesquelles elles portent de préférence. S’appliquant mal en général elles sont insuffisamment contentives. Elles ne protègent ordinairement le membre que dans deux sens. Pour le membre inférieur elles ne le mettent pas à l’abri des chocs, des heurts exercés dans le sens vertical auxquels le blessé est surtout exposé. Les pièces épaisses des pansements actuels contribuent enfin à rendre leur adaptation peu exacte, parfois très aléatoire’.

Les fanons de paille , plus élastiques et plus maniables que les attelles, sont préférables aux dernières, mais ils sont encore insuffisants s’ils n’ont une largeur assez considérable pour constituer de véritables valves. S’ils représentent une ressource précieuse en cas de nécessité, ils ne devraient point être employés comme appareils de choix.

L’appareil de Laurence! est aussi peu recommandable que les appareils à attelles. Tl est plus compliqué qu’un appareil à coussins ou à fanons. Il rend difficile l’application des pansements et force le chirurgien à le remplacer complètement quand il est souillé.

Les gouttières métalliques de Mayor modifiées (gouttières communes) sont coûteuses et très encombrantes. Si elles peuvent assurer la contention du membre fracturé au repos, elles sont en général insuffisantes pour assurer son immobilité pendant un transport, car elles ne s’appliquent pas d’une façon assez exacte à la surface du membre. Elles nécessitent l'emploi d’un matériel de remplissage considérable qui surcharge les voitures, elles rendent les pansements très difficiles quand la sécrétion des plaies est un peu abondante ou que ces dernières répondent aux faces du membre que la gouttière recouvre.

Les appareils modelés de Merchie , d’un prix minime, préparés à l’avance, s’appliquent rapidement sans qu’on soit obligé de soumettre le blessé à des manœuvres prolongées et douloureuses; ils ne réclament qu’une faible quantité de matériel de matelassage, ce sont là des avantages sérieux. On leur a adressé cependant quelques reproches : 1° de ne pas être sûrement applicables à tous les blessés, 2° de prendre beaucoup de place dans les voitures d’ambulance, 3° d’être altérables, déformables.

Merchie a fait remarquer que les différences que les membres présen-

1. Les chirurgiens du premier Empire se servaient presque exclusivement de ces appareils a attelles. Ils nous ont dit combien leur contention était imparfaite, précaire et a quelles douleurs et à quels graves accidents ils exposaient les fracturés. L'insuftlsance do ces luoyens do contention n’a pas peu contribué à pousser les chirurgiens à la pratique abusive des amputations. (Voir notre Introduction, t. Ier.)

LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE

tent sous le rapport de leur longueur et de leur volume ne sont pas telles, chez l’adulte, qu'il ne soit facile avec un remplissage de ouate convenable et l'excision des parties exubérantes des appareils, de trouver dans les trois modèles de dimensions différentes qu’il a proposés celui qui convient au blessé. Pour diminuer la place qu’ils occupent dans les fourgons d’ambulance, Merchie a, au risque de les rendre moins contentives, transformé ses coques en attelles distinctes qu’on imbrique les unes dans les autres. Il n’y a pas à le dissimuler, ces appareils sont encombrants. Enfin les cartons modelés ont besoin d’être garantis de l'humidité par un vernissage. Malgré ces reproches, dont le deuxième est surtout bien fondé, les appareils de Merchie sont encore considérés comme des appareils de transport précieux. Utilisés au nombre de plus de 20 000 en Crimée, dans l’armée russe, comme appareils provisoires, ils auraient rendu de réels services1. Nous craindrions cependant, pour notre part, que la solidité des appareils des membres inférieurs ne soit pas à toute épreuve et nous pensons que sous ce rapport ils sont inférieurs aux appareils métalliques.

Appareils plâtrés. — Tour à tour vantés par les uns, délaissés par les autres systématiquement ou après des essais défavorables, les appareils plâtrés employés pour le transport des blessés sont aujourd'hui encore différemment appréciés par les chirurgiens d’armée. Ils comptent à côté de partisans convaincus des adversaires déclarés2. Préparés avec du plâtre de bonne qualité et consolidés au besoin avec des attelles, les appareils plâtrés sont très solides, ils peuvent résister a un transport rude et prolongé.L’expérience a prononcé sur ce point. Les inconvénients qu’on peut leur reprocher sont inhérents 1° à tous les modèles de ces appareils, ou 2° seulement à quelques-uns.

1° On ne peut se procurer partout du bon plâtre à modeler, et celui qu’on conserve dans les approvisionnements ambulanciers, s’évente vite, alors même qu’il est conservé dans des vases clos, or avec du plâtre éventé on n’est pas sûr de la solidité des appareils qu’on construit. Si le plâtre prend vite, un appareil plâtré n’est réellement sec qu’au bout de 24 heures et le transport des blessés peut en être retardé. L’appareil plâtré est d’une application plus longue que celle d’aucun des autres appareils de transport qui ont été proposés. Cette application est parfois délicate, toujours pénible pour le blessé, pour le chirurgien et ses aides, lorsque le bandage plâtré est utilisé pour assurer l’immobilité d’une fracture du membre inférieur; le temps et les soins qu’il nécessite alors réclament des chirurgiens et des aides qu’ils soient exercés, nombreux, résistants à la fatigue, car il ne s’agit pas dans les ambulances ou les hôpitaux de campagne de la contention de quelques fractures mais de centaines de fractures. Même quand il est posé directement sur le membre, l’appareil plâtré inamovible peut au bout de quelques jours, en raison du retrait des parties molles, n’être plus suffisamment contentif, et quand le gonflement des parties est notable il favorise leur étranglement.

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