III. — HOPITAUX DE CAMPAGNE
Les hôpitaux de campagne constituent le troisième échelon du service de santé de l’avant (fîg. 363).
Le Règlement a ainsi défini leur rôle 1 :
Ils sont destinés : à relever les ambulances dans la soirée ou, au plus tard, dès le lendemain du combat; à continuer les évacuations; à traiter sur place et jusqu’à leur relèvement, les malades et blessés non évacués; à renforcer éventuellement l’action des ambulances sur le champ de bataille.
Spécialement organisés pour traiter à proximité du champ de bataille les blessés gravement atteints, les hôpitaux de campagne sont, en outre, employés, au cours des opérations, à traiter sur place ceux qu’il est impossible d’évacuer sur l'intérieur ou de diriger sur un établissement hospitalier de la contrée traversée.
Ils font partie intégrante du corps d’armée et marchent, soit avec les convois, soit avec les trains régimentaires, à la place qui leur est assignée par l’ordre de mouvement. Lorsque la présence de la totalité de ces* hôpitaux à la suite des troupes n’est pas nécessaire, le commandant de l’armée fixe le nombre de ceux qui doivent rester momentanément à l’arrière, dans la zone d’action du directeur des étapes. Celui-ci en dispose, en s’astreignant toutefois à maintenir groupé le personnel de chaque hôpital.
Ils portent une série distincte de nos pour chaque corps d’armée (hôpital n" L 2, 3, etc. du 7° corps) et sont au nombre de 12 pour chacun d’eux. Ces hôpitaux peuvent se fractionner en deux sections. Dès que des blessés sont reçus à l’hôpi" ta!, la première section cesse d’étre disponible. Quand le nombre des blessés dépasse cent, l’hôpital tout entier est établi.
Personnel. — Leur personnel comprend :
Deux médecins-majors de l’armée ae’tive ; trois médecins de la réserve ou de la territoriale; deux pharmaciens, deux officiers d’administration; tFois commis aux écritures; quatorze infirmiers de visite, Vingt-deux infirmiers d’exploitation; sept soldats du train et deux ordonnances.
Matériel. — L’approvisionnement en matériel, relativement plus comi plet que celui d’une ambulance n° 1, est transporté par quatre fourgons. Il comprend en outre une ou deux voitures pour le personnel et les bagages, 11 chevaux de trait et 5 de selle, sans compter les voitures de réquisitions.
L’approvisionnement consiste : 1° en matériel de chirurgie , 5° d ephari macie , 3° d’ administration.
1° La composition des instruments et accessoires de chirurgie est, toutes proportions gardées, analogue à l’approvisionnement chirurgical de l’ambulance n°'l. Ces instruments sont renfermés dans des boîtes dont les plus importantes sont les boîtes n° 2 et 6. On y trouve de plus la boîte | n° 22 pour autopsies.
Le matériel de pansement comprend 1 662 pansements. L’ensemble des hôpitaux de campagne d’un corps d’armée en contient par conséquent 15 000, ce qui, ajouté aux ressources des postes de secours et ambulances, fait 60 000 pansements par corps d’armée.
Ce matériel de pansement, renfermé dans des paniers, consiste : en gaze à pansement, étoupe, tourbe antiseptique, charpie bichlorurée, phéniquée, boriquée, bandes de [gaze et de toile, tissu imperméable, catgut, cordonnet de soie. Les appareils à immobilisation consistent ; en attelles en bois, sellettes conjuguées en fil de fer, en bandes de zinc laminé, en toile métallique, en gouttières en fil de fer. 20 kilogrammes de plâtre à mouler et 6 kilogrammes de silicate de potasse permettent de faire des appareils ■iimmobilisants plâtrés et silicatés.
2° L' approvisionnement en pharmacie constitue un matériel trèsimporil -tant. Nous n’y relèverons que les substances qui nous intéressent :
Acide borique.
Bichlorure de mercure.
Iodoforme.
Acide phéniquecristal. Acétate de plomb.
Alcool à 90°.
Acide lartrique.
Chlorure de zinc fondu.
Chloroforme.
Ether.
Eau distillée.
Morphine, chloral, laudanum, etc.
Le matériel d' administration, comprend des aliments de conserve, des ustensiles de cuisine, des ballots de couvertures, de draps, d’enveloppes our paillasse, etc., le matériel nécessaire pour assurer l’alimentation nmédiate, l'habillement et le couchage de 100 blessés.
P onclionnemcnl pendant le combat. — Le Règlement sur le service de »inté le fixe ainsi :
Lorsque le commandant du corps d’armée prévoit un engagement à bref délai, fait avancer le nombre d’hôpitaux de campagne présumés nécessaires 1 .
L Lorsqu’on prévoit des engagements avec l’ennemi, tout ou partie du groupe de I pilaux de campagne marche, selon qu’il est prescrit dans l’ordre du mouvemen
DELORME. H. — 60
DELORME
SERVICE DE SANTÉ EN CAMPAGNE
Suivant le? cas, ces hôpitaux restent groupés à la suite du corps d’armée ou sont répartis entre les divisions. Ils marchent à la suite des sections de munition '. immédiatement après l’ambulance du quartier général. Le combat étant engagé, le directeur du service de santé du corps d’armée (ou le médecin chef de la division, en cas de répartition des hôpitaux entre les divisions), après s’être renseigné sur l’état des pertes éprouvées, désigne les hôpitaux qui doivent successivement entrer en action, et leur assigne leur rôle.
Habituellement ces hôpitaux s’établissent à proximité des ambulances qu’ils relèvent.
En cas d’engagement meurtrier, ou lorsque le front de bataille est très étendu, des hôpitaux de campagne peuvent être placés de façon à recevoir des blessés apportés directement des postes de secours sans passer par l’ambulance.
Le personnel des hôpitaux de campagne maintenus en réserve, reçoit, s'il y a lieu, du directeur du service de santé du corps d’armée, l’ordre de se rapprocher du champ de bataille pour concourir au service des ambulances et hôpitaux établis.
L 'emplacement des hôpitaux de campagne est encore indiqué, d’une façon sommaire, par le règlement :
Les médecins-chefs des hôpitaux de campagne reçoivent du médecin directeur l’indication du lieu où ils doivent installer l’hôpital et de l’heure de leur arrivée.
En principe, les hôpitaux de campagne doivent être assez éloignés du théâtre du combat pour être à l’abri des projectiles et assez rapprochés pour permettre aux voitures des ambulances de faire plusieurs voyages dans la journée.
On les établit de préférence dans des localités (bourgs, villages, fermes importantes) bien situées au point de vue hygiénique, placées à des nœuds de routes ou de chemins, et, si c’est possible, à proximité d’une voie ferrée ou navigable. On tient compte des ressources locales en bâtiments, en moyens de couchage, en moyens de transport et en vivres. La nature du sol et les qualités de l’eau sont l’objet d’un examen attentif.
On évite, dans les localités importantes, les rues populeuses. Des constructions neuves et très aérées, telles que châteaux, villes, fermes, granges, etc., sont préférables aux bâtiments qui servent habituellement à des agglomérations humaines (lycées, couvents, casernes, etc.).
On réserve, à proximité de l’hôpital, des terrains d’accès facile, permettant de dresser des tentes, en cas de besoin, et de former, avec ordre, les convois.
L’emplacement de l’hôpital de campagne est marqué comme celui de l’ambulance2.
Installation. — Le médecin-chef, après avoir fait les reconnaissances nécessaires, répartit les locaux, en se conformant aux règles de l’hygiène.
Les locaux affectés aux blessés et aux latrines sont, à ce point de vue, l'objet d’une attention toute spéciale.
Les services généraux (pharmacie, bureaux, magasins, etc.) sont réunis dans un même bâtiment situé, autant que possible, au centre de ce groupe de constructions occupées par l’hôpital.
En cas de nécessité, l’installation de l’hôpital est complétée par des tentes expédiées par le service de l’arrière ou par des baraques 3.
Le règlement sanitaire allemand prévoit, quant au nombre et à la disposition des locaux de l’hôpital de campagne, des conditions d'installa-
soit en tôle du convoi, soit à la suite d’une des sections du convoi des subsistances. Art. 161 du Règlement sur le service des armées en campagne.