Règlement, etc., o. c., p
tion dont il est bon de chercher à se rapprocher, si on ne peut les réaliser *.
Indépendamment des salles de blessés qui constituent la partie essentielle de l’installation, et des pièces spéciales pour les services annexes, d'autres sont réservées : pour la réception des blessés, pour une salle d’opération avec cabinet pour la conservation du matériel de chirurgie et pour le bureau du médecin-chef; un local de pharmacie, une cuisine, un magasin pour les vivres, pour les armes, le linge, une salle de garde, des morts complètent l'aménagement.
Le service de santé possède actuellement un approvisionnement de tentes et de baraques qui réalisent les conditions exigibles de ces moyens d’hospitalisation extemporanées : volume réduit, poids peu considérable, montage rapide, solidité, surface abritée spacieuse, aération et ventilation assurées. Les baraques d’un montage moins rapide que les tentes sont, par contre, plus solides et plus confortables que ces dernières. Elles conviennent surtout pour les installations de longue durée et peu hâtives.
Fig. 378.
Tente Tollet.
Les tentes Tollet, Mignot-Mauon qui couvrent une superficie de
Fig. 379.
Tente Léon Le Fort.
111 mètres, font partie de l’approvisionnement du service de santé. Les lentes Riant, Bhisson, Staeckel, Guilloux, Cauvin, Yonguès, sont très
1. Robert, Traité de * manœuvres d'ambulance , p. 382, el JeunBhomme, Bull. serv. ianté milit., décembre 1889.
SERVICE DE SANTÉ EN CAMPAGNE
Fecommandables. Les tentes Léon Le Fort, ont fait leurs preuves pendant >a campagne de 1870 et pour l’hospitalisation commune de blessés (fig. 379).
Les baraques Doecker et Espitalier figurent dans le matériel des hôpitaux de campagne français. Ce sont des baraques à double paroi, composées de segments démontables, constitués par des lames de carton tendues sur des cadres de bois. Ces segments reposent sur un plancher formé de pièces réunies et sont surmontés d’un toit constitué par des panneaux unis deux à deux par des charnières. Le tout est imperméabilisé par un vernis.
A défaut de baraques mobiles, de tentes et d’habitations convenables, on peut être forcé de construire sur place des baraquements. Un des modes les plus simples consiste à clouer sur une charpente de bois, des planches horizontalement placées, imbriquées, et à combler les vides du toit avec de la toile goudronnée, dont l’usage est si répandu. Celle-ci pourrait, à la rigueur, servir pour former les parois. C’est là le mode d’installation le moins coûteux. Son établissement est élémentaire.
Pour les installations durables, les baraquements américains fournissent des modèles dont l'expérience a démontré les avantages.
Quand l'hôpital est installé dans des locaux antérieurement habités, il est prudent, avant de les occuper, de les désinfecter à l’acide sulfureux, de faire laver les planchers avec une solution désinfectante (chlorure de chaux à 4 p. 100, sublimé au 1/1000°).
Pendant qu’on fait choix du local dans lequel sera installé l’hôpital de campagne, qu’on dresse les tentes ou qu’on élève les baraques, le médecinchef fait procéder aux réquisitions nécessaires. Ces réquisitions comprennent, avant tout, des objets de couchage qui doivent servir à compléter l’approvisionnement de l’hôpital, lequel compte dans son matériel 50 couvertures, 200 draps, 1 000 grands sacs à paille et 100 enveloppes de paillasse. A défaut de literies convenables, on fera confectionner des sacs de paille, ou l’on se servira provisoirement de paille.
A défaut de lits, on peut en faire construire d’après le dispositif de la notice annexée au règlement. Un se procurera ce qui doit servir à l’organisation du chauffage, de l’éclairage, d’une salle de bain, des latrines, à l’ameublement en armoires, chaises, tables, etc.
Les réquisitions du matériel de cuisine, de vivres et de denrées seront faites en même temps que celles des effets à l’usage des blessés.
Des médecins de la localité ou des corvées d’habitants pourront être requis pour concourir au service de l’hôpital.
Enfin, dans le but d’accélérer l’évacuation des blessés de l’ambulance sur l’hôpital de campagne, le médecin-chef fera rassembler et disposer des moyens de transport de réquisition, et les mettra à la disposition du premier convoi du train qui amènera les blessés à l’hôpital.
Exécution du service. — Dès que l’hôpital de campagne est installé, le médecin-chef en avise le médecin directeur du corps d’armée qui fait évacuer les blessés de l'ambulance. Quand l’hôpital a reçu des blesse's, il fonctionne comme un hôpital militaire de l’intérieur, avec son bureau des entrées, son service de garde, etc., avec cette différence que le nombre considéiable des entrants le même jour, donne au service une activité toute
particulière. Le médecin-chef forme, suivant les circonstances, deux divisions; il se réserve la plus importante. Le deuxième médecin-major fait également office de médecin traitant. Les aides-majors les assistent et tiennent le journal des observations, au jour le jour.
Il nous serait impossible de résumer le rôle technique des médecins traitant de l’hôpital temporaire. Ce serait nous exposer à la fois à des redites ou à des descriptions très étendues. Dans les autres échelons sanitaires de l’avant, les secours n’avaient pu être qu’élémentaires et le souci de la vie du blessé commandait son transport rapide sur l'hôpital de campagne. C’est dans cette formation sanitaire qu’il reçoit les premiers soins méthodiques , là qu’il subit les premières interventions, aussi les chefs de service des hôpitaux de campagne sont-ils choisis parmi les chirurgiens les plus instruits, les plus habiles et les plus expérimentés.
La sortie des blessés de l’hôpital de campagne est motivée par leur guérison, leur décès, leur évacuation.
Les hommes guéris sont dirigés sur les dépôts de convalescents ou sur leurs corps; la sortie par décès nécessite des formalités qu’a prévues le Règlement auquel nous renvoyons. Les médecins de l’hôpital temporaire ne manqueront pas de tirer parti des recherches post mortem qui peuvent servir à augmenter leur expérience et dont la science peut et doit tirer profit.
Dès qu’il le peut, le médecin-chef dirige sur l’hôpital d’évacuation les blessés transportables (blessures des parties molles, fractures peu comminutives, blessures peu importantes du tronc, amputés), il conserve les intransportables (blessures graves des cavités, fractures comminutives, surtout des membres inférieurs), jusqu’à ce qu’il puisse les confier aux hôpitaux improvisés sur les lignes d’étapes au moyen de ressources locales, ou aux hôpitaux auxiliaires des sociétés de secours.
Dès qu’une section de l'hôpital temporaire devient libre, le règlement prescrit au médecin-chef de rendre disponible l’une des deux sections de l’hôpital. Cette section suit le mouvement de l’armée en emportant le matériel non utilisé.
Lorsque l’armée poursuit sa marche en avant, les hôpitaux de campagne, temporairement immobilisés, passent sous l’autorité du directeur des étapes, dès que les têtes d’étapes de route, limites avancées de la zone d'action de ce directeur, arrivent à hauteur de ces hôpitaux. Ils sont placés i sous l’autorité des commandants territoriaux particuliers créés en pays > occupé, quand ils se trouvent dans la zone d’un de ces commandements.
Dans les deux cas, le personnel doit rester groupé. Il n’est distrait de 1 l’hôpital de campagne qu’en cas d’urgence.
En cas de mouvement rétrograde de l’armée, les hôpitaux de campagne ^ établis sont placés avec leurs blessés sous le protectorat de la convention < de Genève.
Le personnel maintenu sur place, conformément à cette convention, y reste jusqu’à ce que le traitement des blessés soit parfaitement assuré '.