ADDENDA
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le pourtour de l’ouverture d'entrée de balles animées d’une vitesse égale à celle de la transmission du son, est, à une distance circonférentielle de 2 millimètres, recouvert de crasses noires, résidus de la combustion de la poudre que la balle a abandonnés autour de cet orifice alors qu’elle s’esl coiffée de la peau comme d’un doigt de gant. Or, si la perforation de la peau était due à l’action du projectile-air qui précède et recouvre la surface de la balle surtout près de sa pointe, la peau ne pourrait être souillée par cette couche de résidus qui indique un contact immédiat1.
Est-il besoin de rappeler que jamais on ne constate, autour du trajet, de trace d’emphysème ou d’infiltration aérienne; que, toutes choses égales d’ailleurs, les désordres varient avec la densité du métal du projectile, ce qu’on n’observerait pas si l’air qui précède et entoure la balle, toujours en tension égale, produisait les dégâts? Faut-il enfin faire remarquer que les accroissements du diamètre du trajet qu’on pourrait rattacher au projectileair, s'observent à des portées où la balle n’est plus entourée de son manchon aérien ?
En somme, tout en réclamant encore une preuve directe, démonstrative des effets du projectile-air, nous pensons, jusqu’à plus ample informé, que son rôle est bien minime, si tant est qu’il en ait un, et, qu’au contact de la peau résistante et élastique, l’air glisse sur la surface de la balle et se réfléchit sur l’obstacle, comme l’admet Reger.
4. Théorie de la contusion , de la dilacération. — La théorie qui attribue à l’action contondante, à la force vive de la balle, les effets qu’elle produit (t. I, p. 450), compte chaque jour plus d’adhérents. Chauvel et Nimier, Bruns, Habart s’y sont récemment ralliés. Elle explique les effets habituels des balles et même ses modes d’action exceptionnels, explosifs.
A courte distance , on observe ces derniers avec la nouvelle balle, comme avec l’ancienne. Rares quand le projectile ne traverse que les tissus mous des membres, dans les régions peu riches en tendons ou en aponévroses résistantes, ces effets s’observent surtout sur les viscères creux, les parenchymes de l’abdomen, le cœur, le crâne, et dans les cas de fracture. Dans les lésions des parenchymes, du crâne, les partisans de la théorie de Kociier ont fait trop bon marché de la projection des parcelles de tissus dont faction est aussi importante que celle des liquides2 ; dans les fractures, ils ont méconnu les effets terribles de la gerbe d’esquilles lancée de l’orifice de sortie dans les parties molles et a travers cet orifice de sortie. Naguère, on faisait jouer un grand rôle à la déformation et à la fragmentation des balles de plomb mou pour expliquer ces effrayants désordres. Ces fragmentations
1. Le commandant Journée remarque que lorsqu'on tire une balle à travers une cible faite de toile et de papier, de 5 à 7 millimètres d’épaisseur, les perforations produites par le projectile ont exactement son diamètre, sans trace d’éclatement ou de déchirure, ce qui ne se comprendrait pas si la balle était entourée d’un manchon d'air.
2. L’expérience suivante démontre bien la projection des parcelles solides que la halle rencontre devant elle : Des balles de 8 millimètres animées de grandes vitesses, après avoir traversé un gros sac de son, se perdent dans la terre à 10 ou 15 centimètres de profondeur. Or tout ce trajet parcouru dans la terre est sur une étendue
* nirnétrale de 2 à 8 centimètres remplie de sciure de bois. Delorme et Chavasse (O. c-, p. 1U9),
MODES D'ACTION DES PROJECTILES
contribuent encore, avec certaines balles actuelles, à l’extension des dégâts., mais comme on observe ces derniers en dehors des cas où la balle s’esl, divisée, force est d’admettre que cette influence a été exagérée.
Ce sont ces parcelles de tissus mous ou durs, liquides ou solides chassées par la balle, projetées par elle, qui étendent les dégâts. Que si le trajet parcouru ne présente pas toujours des dimensions régulièrement et progressivement agrandies, c’est qu’en traversant le membre, la Italie rencontre des tissus élastiques, des cloisons aponévrotiques et des tendons qui s’opposent à l’action divulsante de la balle et qui constituent de véritables barrières à la propulsion des parcelles de tissus voisins. Dans les régions riches en tendons, ceux-ci ébranlés et distendus dans une grande partie de leur étendue agissent à la façon d'une barre rigide contondante ou divulsanta.
Des expériences de Kociier ont atténué l’influence de la vitesse de rotation, de l’action centrifuge du projectile, invoquée par Buscii et Kuster, pour rendre compte de ces effets explosifs. Kociier a obtenu ces actions explosives avec des balles qui n’étaient soumises à aucune rotation. Les
[expériences faites avec les nouvelles balles ont permis de restreindre encore le rôle de cette vitesse. Si celle-ci était importante, les dégâts devaient être plus considérables avec la balle actuelle qu’avec la balle ancienne, dont la rotation était trois fois moindre. Or les effets explosifs de la balle actuelle sont d’une façon générale moins accusés que ceux de l’ancienne.
Les limites de cette zone explosive, avec les balles de 8 millimètres, répondent approximativement à 300 mètres. Cette zone est plus étendue pour les parenchymes à tissu très vasculaire. Nous avons dit que les effets étaient un peu moins accusés avec la nouvelle balle, surtout à une distance supérieure à 100 mètres. Les canaux cutanéo-musculaires de sortie des membres atteints de factures, ont alors un diamètre variant de i à 10 centimètres, plus limité d’un tiers que celui des balles de 11 millimètres '.
Nous avons vu à l’article Commotion (t. I, p. 543), que les balles de 11 millimètres donnaient lieu à un ébranlement considérable, aux courtes distances, surtout lorsqu’elles frappaient des os. Avec les balles actuelles, l’ébranlement est bien moindre. Quand, sur des membres, on tire des balles de 8 millimètres animées de grandes vitesses, on n’observe plus les oscillations considérables qui étaient si communes avec les anciens projectiles.. Les blessés frappés presque à bout portant par des balles de 8 millimétrés que nous avons soignés, n’avaient pas présenté de symptômes de choc. C’est que si l’ébranlement est en rapport avec la vitesse du projectile (abstraction faite de la résistance du but atteint), il est surtout lié à l’étendue de la surface d'impact et à la facilité de la déformation. Or, sous ce rapport, heureusement, les balles actuelles sont inférieures aux anciennes.
Aux distances moyennes , c’est-à-dire avec des vitesses moyennes, la balle agit surtout par le mécanisme de l’emporte-pièce sans projection de tissus
1. R f.oer, dont nous trouvions les évaluations trop élevées, admettait qu’avec la balle de 11 millimétrés, les elTets explosifs s’étendaient pour le foie, la rate et le coeur, jusqu’à HOO mètres; pour la vessie jusqu’à 600 mètres; pour les os longs, 300 mètres, les muscles et le poumon, 150, 200 mètres.