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Delorme et Ciiavasse {O. c., p

ADDENDAS.

ou avec projection légère ; aux distances éloignées , avec des vitesses faibles, elle abrase encore les parties qu’elle rencontre, mais elle ne le fait qu’après avoir étiré ces dernières jusqu’aux limites de leur extensibilité. Ce mécanisme est surtout mis en évidence sur la peau ; aussi, dès que la balle l’a traversée, les éléments élastiques distendus reviennent-ils sur eux-mêmes et l’orifice d’entrée, au lieu d’avoir les dimensions diamétrales du projectile, a-t-il un diamètre de près de moitié moindre1.

On voit par ce qui précède (et nous ne saurions y revenir avec trop d’insistance puisque tout récemment encore Crauvel, Nimier, Habart et d’autres ont mis la donnée en doute), que l’étendue, la gravité des dégâts est, pour la même balle, dominée surtout par sa vitesse de translation. La constitution des tissus ne joue qu’un rôle secondaire, d’adjuvant ou de correctif.

Les dégâts sont, en général, en rapport avec la vitesse. Plus celle-ci est grande, plus les premiers sont graves, comminutifs ; plus la vitesse est faible, moins ils sont graves dans les parties molles, moins ils sont comminutifs dans les os.

De 0 à 100 mètres, les orifices cutanés d’entrée sont supérieurs au diamètre de la balle, en apparence égaux, exceptionnellementinférieurs; l’orifice aponévrotique linéaire a des dimensions égales à celles de l’orifice cutané. Le canal musculaire est de dimensions supérieures au diamètre de l’orifice d’entrée, d’un tiers, de moitié, sur le cadavre. L’orifice de sortie est un peu plus grand que l’orifice d’entrée. La balle rencontre-t-elle, sur son parcours, un os long qu’elle perfore, l’orifice d’entrée osseux est un peu supérieur au diamètre de la balle, l’orifice de sortie est de deux, trois, quatre, cinq fois supérieur ; le canal musculaire et l’orifice de sortie ont 3, 4, o centimètres de diamètre, parfois 10 et plus. Les canaux épiphysaires ont des dimensions diamétrales presque égales à la balle ; ils sont compliqués de fissures le plus souvent. Quant aux parenchymes, leurs perforations sont très supérieures, comme diamètre, aux perforations des parties molles des membres.

De 300 à 500 mètres, les orifices cutanés d’entrée ont de o à 6 millimètres (Bruns) de diamètre apparent ; en réalité, le diamètre est égal ou presque égal au projectile ; l’orifice de sortie, plus souvent étoilé que circulaire, de 6 à 10 millimètres, est un peu plus étendu que l’orifice d’entrée; le canal musculaire est supérieur au diamètre de la balle. Une diaphyse est-elle atteinte, le canal musculaire et l’orifice de sortie sont supérieurs au diamètre de 1 orifice d’entrée et à celui de l’orifice de sortie d’une plaie simple des parties molles? Bruns dont les recherches sont pleinement continuatrices des nôtres, relativement à l’augmentation du diamètre des canaux cutanéomusculaires de sortie des perforations diaphysaires, attribue un diamètre

1. Chauvel, Nimier, Breton et Pesme (Archives générales de médecine, 1888) avancent quaux grandes distances, de 1 600 à 2 000 mètres, la grandeur de l'orifice d’entrée fut rouvee égale à la balle; qu’à 1 200, 1 500 mètres elle était plus grande et qu’aux petites ms tances (200 à .400 mètres), cet orifice était plus petit que la balle. IIabart admet de me que les mêmes orifices diminuent à mesure « que la vitesse augmente ». fies îrnensions du canal et de l’orifice de sortie augmentent, dit-il, proportionnellement à

munution de la force propulsive du projectile (O. c., p. 48).

MODES D’ACTION DES PROJECTILES

de 1 à 2 centimètres à cet orifice. Sur les parenchymes vasculaires, les effets explosifs, bien que plus limités qu’aux plus courtes distances, s’observent encore.

De 800 à 1 000 mètres, l'orifice d’entrée est inférieur au diamètre de la balle de quelques millimètres; l’orifice de sortie, le plus souvent linéaire et peu visible, est à peine plus grand. Le canal musculaire est peu étendu, quoiqu’un peu plus large que l’orifice de sortie. Dans les perforations diaphysaires, le canal cutanéo-musculaire de sortie est agrandi. Pour Bruns qui, ici encore, confirme nos assertions, l’orifice desortie a de 10 à 15 millimètres. Les canaux épiphysaires sont d’un diamètre inférieur à la balle (6 millimètres) ; les fissures étroites et rares. Les perforations des parenchymes vasculaires sont supérieures comme diamètre au projectile.

A 1 500 mètres, l’orifice d'entrée a les dimensions du méplat de la balle; il est encore taillé à l’emporte-pièce; l’orifice de sortie, le plus souvent linéaire, est à peine plus grand; le canal musculaire est inférieur au diamètre de la balle ; l’orifice de sortie cutané d’une plaie compliquée de perforation diaphysaire renseigne mal sur la lésion osseuse ; les perforations épiphysaires sont notablement inférieures au diamètre du projectile. Quant aux perforations des viscères sanguins, elles ont des diamètres très étroits, cependant presque égaux à celui de la balle.

A plus grande distance, les lésions sont encore moins accusées.

En somme, tout en conservant des caractères généraux identiques, les blessures produites par les balles actuelles, en raison du diamètre moindre du projectile, de sa fragmentation moins fréquente, du séjour plus rare des corps étrangers, sont moins étendues, moins graves, d’un traitement plus facile que les traumatismes des balles anciennes. L’étendue diamétrale moindre des trajets cutanéo-musculaires, et particulièrement des enveloppes aponévrotiques, surtout aux distances moyennes ou faibles, constitue une condition des plus favorables pour la simplicité et la rapidité de la guérison des plaies des parties molles et des plaies simultanées des parties molles et des os. Certains dispositifs des lésions épiphysaires et diaphysaires apportent, d’un autre côté, un appoint à l’atténuation du pronostic de ces traumatismes, réputés autrefois les plus sévères. Peut-être, pour les distances actuelles de tir, les blessures des viscères auront-elles moins gagné à l’adoption des armes de petit calibre, bien qu’en général l’étendue diamétrale des orifices et du trajet soit encore moins grande. Les projectiles de calibre réduit continuent et accentuent la série décroissante des dégâts constatée depuis qu’au lourd et massif projectile Minié, on a substitué la balle de 11 millimètres; et ces différences favorables ne feront que s’accuser encore après l’adoption des balles de 7 millimètres, de Gmm,5 et de 5 millimètres. Cependant, il faudrait se garder de s’en trop laisser imposer par les dimensions si restreintes des orifices cutanés des balles actuelles et de méconnaître l’importance des dégâts profonds des cavités et des os, et c’est pousser bien loin l’amour du paradoxe que d’appeler humanitaire un projectile qui traverse six hommes à courte distance au lieu d’un ou de deux, et qui peut exercer sa meurtrière action dans une zone de plus de 3 000 mètres.

A DDENDAS.

Vil. — COMPLICATIONS DES PLAIES

Hémorragies. — Si les hémorragies secondaires de cause mécanique sont encore observées, celles qui sont consécutives à la chute des escarres d’un vaisseau contus et les hémorragies septicémiques se font bien rares dans la pratique commune. Il est possible qu’elles soient aussi exceptionnelles dans la pratique de la chirurgie de guerre.

La ligature directe constitue toujours le moyen le plus sûr d’arrêter les hémorragies des artères volumineuses. Ce mode d'hémostase qui nécessite du sang-froid et l’exercice habituel de la chirurgie, pourra être remplacé, pour certains, par la compression directe dans la plaie agrandie. Des tampons antiseptiques, en particulier des tampons de gaze iodoformée appliqués solidement sur l’artère, à défaut de ligatures directes, constituent une ressource temporaire ou définitive précieuse. L’expérience journalière montre la valeur de cette pratique et la tolérance facile de ces tampons qu’on n’enlève qu’au bout de quelques jours, alors que la plaie est bourgeonnante. Avec eux, on n’a plus à craindre les récidives hémorragiques si fréquentes après l’ablation des tampons de charpie qui provoquaient ou entretenaient la suppuration de la plaie et favorisaient la chute du .caillot oblitérateur. Le tamponnement antiseptique sera utilisé avec grand avantage dans les hémorragies septicémiques.

Contre l’accident le plus terrible des hémorragies, l’anémie traumatique, la trcmsfusion du sang constitue toujours un moyen suprême, une dernière et précieuse ressource.

Depuis une dizaine d’années, cette opération a subi peu de transformations dans sa technique et les méthodes plus simples ou plus compliquées qu’on a tenté de lui substituer n’ont pas donné des résultats réguliers et avantageux.

La transfusion intra-péritonéale préconisée parHAYEM, et qui équivaut à une tranfusion intra-veineuse d'une extrême lenteur, n’est pas entrée dans la pratique ; la transfusion intra-pleurale (Silva et Bozzolo) est délaissée, les injections sous-cutanées de sang en nature, à des doses supérieures à 300 et 400 c. c. (Ziemsenn), n’ont pas donné de résultats satisfaisants à Langlet. Les injections de substances salines ont fixé davantage l’attention médicale.

Préconisées et expérimentées par Jolyet et Laffond, en France (1879) les injections d 'eau salée ont été employées un grand nombre de fois. Dans les cas d anémie très grave, elles ne réussissent qu’à prolonger la vie de quelques heures ; elles ne peuvent servir que comme adjuvant, comme umyen préparatoire de la transfusion du sang ; dans les cas moins graves, elles peuvent suflire. InofTensives à doses modérées, elles provoquent de I hémoglobinurie quand la quantité de liquide injectée est un peu considérable. Le titre de la solution est de 0,6 à 0,7 p. 100 ; la température de .>8 <l 40 degrés ; 1 eau de la solution sera stérilisée par l’ébullition et

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