‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 36 sur 340 · I. Tome I, p. 464 et suiv · texte numérisé non relu

I. Tome I, p. 464 et suiv

2. H. Larrey, Histoire chiruraicale du sièr/e de la citadelle d’Anvers, o. c., pp. 287, 289, 324, 360.

BLESSURES DES ARTICULATIONS

Legouest rapporte un cas de luxation du genou en arrière observé chez un militaire qui, assis dans les tranchées de Sébastopol, reçut un boulet au-dessous du genou sur la tubérosité du tibia.

Le môme auteur parle d’une luxation de la moitié externe de la rotule qu’un large éclat d’obus avait séparée et déplacée sans entamer les téguments1.

Sur un blessé de l’armée d’Italie c’était le poignet qui était luxé2; chez un soldat observé par Larrey à Anvers, c’était le pied qui présentait une luxation complète en dedans. Le même auteur parle d’une luxation de la clavicule.

Enfin, Reeb nous a laissé l’observation très curieuse d’un blessé de Strasbourg qui présentait un exemple remarquable de luxation sacro-iliaque3.

Déjà très rares autrefois, ces déplacements deviendront très exceptionnels avec les gros projectiles actuellement utilisés.

On ne saurait que rapprocher de ces véritables luxations produites par les éclats de gros projectiles les déplacements de portions plus ou moins étendues des extrémités articulaires exceptionnellement propulsées parles balles hors des limites de la capsule. D. Larrey nous a cité des exemples i de cette dernière variété de lésion qu’on ne peut guère observer que dans les tirs à courte distance. Dans ces cas le déplacement osseux est sans grande importance comparé aux autres dégâts produits par le projectile, j

Plaies pénétrantes. — Fréquence. — Les plaies pénétrantes des articulations s’observent en campagne moins souvent qu’on serait tenté de ^ le croire au premier abord.

En Crimée elles n’ont atteint que la proportion de 1 p. 100 (Chenu), de 2,8 p. 100 (Matthew). Pendant la guerre de 1870-71 leur nombre s’est élevé . au plus à 6,05 (Engel), 6,01 (Steinberg).

Certaines articulations sont plus souvent atteintes que d'autres. On admet généralement que l’épaule et le genou occupent la première place au f point de vue de cette fréquence, que le coude vient ensuite, puis la main, , puis le pied; les blessures de la hanche seraient les plus rares4. Les statis- j tiques réunies de Chenu (Italie et Crimée), de Demme (Italie), de Lôffler, ! de Biefel et de Stromeyer (1864-66) et les statistiques allemandes de 1870-71 , ont donné à Scheven : pour l'épaule une proportion de 20,9 blessures arti- h culaires pour 1000; pour le genou 18,5; le coude 10,2, la main 8,7; le ( pied y, 3 ; la hanche 3, 1 .

Pour certains, Berthold, Langenbeck, Scheven, l’épaule droite et le , coude droit seraient plus souvent atteints que les articulations similaires \ gauches, ce qui s’expliquerait par la position du tireur dont le coude | et 1 épaule gauches se confondent avec les autres régions du membre , allongé, tandis que l’épaule et le coude droits sont saillants. Gurlt, dans ses statistiques, n’a pas trouvé de différences dans la proportion des lé- | sions des deux coudes, mais il en a trouvé une très sensible (25 p. 100) , entre les lésions des deux épaules en faveurde la droite.

Comme pour les parties molles et les diaphyses, les lésions des articulations sont habituellement dues à l’action des petits projectiles (90 p. 100).

Les plaies pénétrantes sont tantôt simples , c'est-à-dire qu’elles n'inté-

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