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LÉSIONS DES DIAPHYSES PAR LES ARMES BLANCHES

mées, peuvent entamer les diaphyses (Larrey), les diviser incomplètement en faisant éclater j&e qui reste de leur épaisseur (La Motte), ou les diviser nettement d’une façon complète (Percy). Dans ce dernier cas, les parties molles du membre sont elles-mêmes sectionnées totalement ou incomplètement.

De La Motte, Ravàton, Larrey, Percy, Hennen et Legouest, entre autres auteurs, ont cité des observations remarquables de division incomplète ou complète des diaphyses par des armes tranchantes. Nous reviendrons sur ces observations à propos des blessures des régions. Nous nous bornerons ici à résumer le fait suivant que nous empruntons à de La Motte :

Deux grenadiers, l’un du régiment d’Olôron et l’autre de llainaut, se ballant à coups de sabre, celui de Hainaut en déchargea un si grand coup à celui d’Oléron qu’il lui coupa environ les deux tiers de l’humérus assez près du coude. « Le reste de l’os se trouva éclaté comme il arrive à un morceau de bois quand on veut le séparer et que sans se couper entièrement le reste éclate. »

Si le diagnostic d’une lésion diaphysaire déterminée par une arme piquante est incertain, celui d’une plaie par arme tranchante est très facile au contraire, grâce â la béance des lèvres de la plaie. La première serait bénigne puisque, comme le fait judicieusement observer Legouest, on peut sans inconvénient maintenir en place les fragments d'une fracture avec des pointes d’acier enfoncées dans la substance osseuse. Sous un pansement antiseptique les sections peu profondes se guériraient également avec facilité. Il en serait de même des sections irrégulières du genre de celle qu’a mentionnée La Motte. Au dire des auteurs anciens, les sections totales, nettes, présenteraient au contraire cette singularité digne de remarque qu’elles se consolideraient en général avec lenteur et difficulté. La Motte en avait cherché la raison dans la régularité des surfaces transversales des fragments, régularité qui leur permet de se déplacer bien plus facilement que ne peuvent le faire les fragments irréguliers, parfois imbriqués, des fractures communes. L’ostéite, la nécrose des surfaces de section favorisées par leur contusion ont été invoquées par d'autres auteurs. Thomas, de Tours, a fait remarquer que si la contusion des fragments était la cause principale du retard de consolidation de ces sections, toutes les divisions complètes des diaphyses par les instruments ou les armes tranchantes devraient être d’une réunion aussi difficile, ce qui est contraire à l’observation; si on peut parfois invoquer cette cause, la difficulté de la contention joue le plus grand rôle, aussi le défaut ou tout au moins le retard de la consolidation est-il d’autant plus à redouter que la section est moins oblique et dirigée plus perpendiculairement à l’axe de l’os.

Sur la figure I, qui d’après une pièce de Hutin représente -une plaie par coup de sabre du cubitus, on constate que les deux fragments de cet os complètement sectionné n’offrent aucune trace de cal, bien que la pièce ait appartenu à un blessé qui a subi un long traitement ainsi qu’en témoignent l'ankylose et la déformation du coude.

Le traitement de ces sections transversales comporte la contention exacte des fragments et la réunion des parties molles. Pour assurer la première il serait bon de pratiquer la suture osseuse, avant d’immobiliser le

LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE

membre dans un appareil. Des sutures à anse au catgut perdu permettraient d’affronter les parties molles.

Nous discuterons à propos des blessures des membres la conduite à

Section du cubitus par un coup do sabre. (Musée du ,Val-de-Grâce.)

tenir lorsque les vaisseaux et les nerfs sont sectionnés en même temps que les os. Nous nous contenterons de dire ici que la nécessité de l’amputa- j tion n’est pas pour nous aussi urgente que l’ont admis certains auteurs.

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