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II. LÉSIONS DES DIAPHYSES PAR LES PROJECTILES

Ces lésions comprennent : A des fractures non compliquées de plaies, B des contusions osseuses, C des fêlures et des fissures , et D différentes variétés de fractures ouvertes non comminutives ou comntinutives.

A. Fractures simples, non compliquées de plaies. — Les projectiles orbes, les éclats un peu volumineux des projectiles creux, bien plus rarement les balles agissant à travers des pièces résistantes de l’habillement ou de l’équipement peuvent déterminer des fractures simples ou sans plaies, analogues à celles que produisent les corps contondants ordinaires. Assez communes à l’époque où les projectiles creux employés à la guerre ne se subdivisaient qu’en un petit nombre d’éclats, alors que les boulets et les biscaïens étaient employés, ces fractures ne seront plus dorénavant qu'exceptionnellement observées.

Elles ont été signalées au siècle dernier par Romberg et Ravaton. H. Larrey, Paillard à Anvers, Champenois et Saurel sur des blessés de Crimée en ont recueilli un certain nombre d’exemples remarquables. Le dernier de ces auteurs en aurait relevé 11 cas sur 300 fractures, soit 3,3 p. 100. Demme1, sur 600 fracturés recueillis pendant la guerre d’Italie dans les hôpitaux de Brescia, Pavie, Milan et Yerceil, a pu voir 33 fractures simples, c’est-à-dire près de 5 p. 100; mais nous devons remarquer que dans cette statistique ne figurent pas seulement des cas de fractures non compliquées produites par

1. Demme, Mililfo' chmirr/ische Studie?}. Wrtrzbunr, 1861, p. 70.

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de gros ou de petits projectiles mais aussi des fractures ouvertes de type simple déterminées par le choc de petits projectiles. Otis n’en a rassemblé que 9 cas, dont 0 à l’humérus1.

On a constaté ces fractures simples sur toutes les diaphyses, depuis celle du fémur, de l’humérus, du tijha, jusque sur celles d’os plus grêles comme le radius, le cubitus, le péroné, la clavicule, voire même sur les phalanges des doigts (Saurel). Suivant le volume et la force d’impulsion dont était animé le projectile qui les a produites, ces fractures sont accompagnées d’une grande attrition des tissus mous qui recouvrent l’os ou seulement d'une contusion modérée, d’épanchements sanguins limités; elles sontparfois comminutives, plus souvent relativement simples, à trait transversal ou oblique 2. Dans ce dernier cas le trait de fracture est d'ordinaire unique, parfois il est double comme dans un cas cité par Saurel où le radius était à la fois divisé par son milieuetvers son quart inférieur3, voire même triple comme chez un sergent d’artillerie dont l’observation a été rapportée par Otis. L’humérus avait été, sur ce blessé, sectionné entrois points différents par le choc d’un gros projectile du poids de 11 livres4.

Comme ces fractures ne se distinguent de celles observées dans la pratique journalière par aucun caractère particulier, que leur pronostic est le même et qu’elles réclament le même traitement, nous n’insisterons pas davantage sur elles. A en juger par les cas rassemblés par Otis, elles présenteraient comme les sections osseuses par les armes tranchantes une certaine tendance à se terminer par pseudarthrose. Sur cinq exemples de fractures de l’humérus par gros projectiles rapportés par cet auteur, cette dernière aurait été constatée deux fois.

B. Contusions des diaphyses par les projectiles. — Dans toutes les fractures des diaphyses, on constate à des degrés divers les caractères d’une contusion circonscrite ou étendue, périphérique ou médullaire. En pareil cas la contusion n’est qu’une complication d’un traumatisme plus important. Nous n’aurons en vue dans ce chapitre que les cas dans lesquels la contusion constitue la lésion principale. On a distingué la commotion osseuse de la contusion. Au degré où la première intéresse le chirurgien, ses caractères sont ceux de la contusion.

Bien étudiée par nos auteurs anciens, en particulier par Le Dran5, Ràvaton surtout0 et par Dufouart7, la contusion des diaphyses par les projectiles a depuis lors été passée sous silence par maints des classiques français et étrangers qui ont écrit sur les traumatismes de guerre. Lidell8, d’après des observations recueillies pendant la guerre d’Amérique, s’est attaché à

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