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De Boyer, Progrès médical

2. Faraueuf, Précis de manuel opératoire, t. Il, p. 8 et suivantes.

résultats définitifs des amputations.

assez régulière, sont douloureux, ceux dont lu cicatrice tendue s'ulcère avec la plus grande facilité et s’oppose au port continu d’un appareil de prothèse.

Si dans les moignons coniques, les uns, malgré leur forme en pain de sucre, sont aussi utiles que les moignons bien matelassés et plus réguliers1, le plus grand nombre expose à l'impotence. Au niveau de l’os saillant, les chairs ne se cicatrisent pas et l’os mis à nu se nécrose, ou bien, après formation d’une cicatrice tendue, mince, misérable, une ulcération se produit; elle se comble par le repos, mais à la reprise du travail elle reparaît et ces alternatives d'amélioration et d’aggravation ne cessent que lorsque le membre est condamné au repos absolu ou lorsque, par une intervention chirurgicale, on a diminué la longueur de l'os. La conicité du moignon 'pathologique peut résulter de causes multiples. Parfois elle est imputalale au chirurgien qui n’a pas conservé assez de tissus pour recouvrir l’os. D’autres fois elle est liée à la mortification de la manchette ou de lambeaux contus, mal nourris ou trop comprimés, à la rétraction musculaire primitive excitée en particulier par les transports, à la rétraction secondaire graduelle provoquée par une irritation prolongée et surtout favorisée par la suppuration du périoste dans les cas d'ostéomyélite par exemple. Si l’os est saillant et nécrosé, l’ablation de la portion nécrosée qui se prolonge le plus souvent assez loin au delà de l’anneau annulaire commun .à la peau et aux chairs suffit pour permettre à ces dernières de se cicatriser. Certains conseillent d’attendre la chute du séquestre. Quand le moignon est cicatrisé mais recouvert de téguments amincis et adhérents à l’os, on résèque une portion de ce dernier. 11 n’est point nécessaire d’intervenir si, malgré sa forme défectueuse, le moignon n’est pas douloureux et si la cicatrice reste solide.

Un très grand nombre d’amputés éprouvent des douleurs plus ou moins vives pendant les changements de température; elles ne sauraient constituer une véritable complication. Il n’en est plus de môme des douleurs intenses et plus ou moins persistantes ressenties par les amputés dont les moignons sont dits douloureux. Celles-ci commencent parfois à se montrer avant la cicatrisation complète du moignon (névralgies traumatiques précoces de Verneuil), le plus souvent elles n’apparaissent que quand le moignon, d’ailleurs de belle apparence, est complètement cicatrisé. Localisées au segment amputé ou reportées par le blessé aux divers segments disparus, elles s’étendent parfois à grande distance. Les professeurs Potain et Verneuil ont attiré l’attention sur les plus curieux de ces troubles à distance, sur des troubles cardiaques fonctionnels et indépendants de toute lésion de l’organe.

Un blessé de Saint-Privat, amputé à la partie moyenne de l’humérus pour une fracture par éclat d’obus et dont le moignon s’était cicatrisé d’une façon régulière, accusa cinq ans plus tard des douleurs vives, angoissantes dans la région précordiale, des palpitations. Celles-ci s’accompagnaient d’irradiations vives dans l’épaule, le cou, la moitié correspondante du thorax, de crampes d’estomac, d’un sentiment de torsion à la région épigastrique, de douleurs articulaires. La guérison fut obtenue après l’ablation d’un névroine douloureux.

i. Il est des moignons coniques presque physiologiques, ceux des amputés de cuisse. Us sont dus à la grande rétraction des muscles dont les insertions inférieures ont etc 1 >e„ fées par l’opération.

240 DE L’AMPUTATION DES MEMBRES

Un antre blessé avait été opéré à Gravelotte, au-dessous de la partie moyenne * de l’humérus, pour une fracture du poignet par éclat d’obus qui avait été suivie i de complications suppuratives graves. La guérison avait été rapide, mais le inoignon conserva assez longtemps une grande sensibilité au toucher, surtout sur le trajet des troncs nerveux. Plusieurs années plus tard, ce blessé se plaignit d’étouffements, d’une sensation de constriction dans la partie supérieure de la poitrine, de points douloureux dans la région du cœur. Un médecin distingué diagnostiqua une affection organique de cet organe. Le professeur PoTAiN,qui examina ce malade, ne confirma pas le diagnostic, et grâce à l’usage des eaux thermales et du bromure de potassium, ces troubles cardiaques et les irradiations douloureuses que cet amputé ressentait dans le dos et la tète disparurent1.

Les douleurs vives que les amputés ressentent dans leur moignon sont tantôt dues à une névrite qui reste localisée ou qui prend au contraire une marche ascendante, tantôt elles sont la conséquence de l’irritation continue u des extrémités terminales des nerfs par le tissu cicatriciel des névromes. Exceptionnellement elles sont liées à la persistance de l’ostéite.

La réunion du moignon par première intention sous un pansement antiseptique, la précaution de ne pas contondre les nerfs pendant l’amputation, celle de ne pas les enserrer dans l’anse de fil qui saisit l’artère, l’excision des troncs nerveux à la hase des lambeaux pour les soustraire à la pression des appareils comme l’a conseillé le professeur Verneuil, sont des moyens préventifs des douleurs qui ne sont pas à dédaigner. Quand cellesci apparaissent, le traitement comporte des moyens médicaux et chirurgicaux.

Les injections de morphine, les vésicatoires, les pointes de feu,l’électropuncture, le bromure de potassium à hautes doses, sont des moyens d’ordinaire palliatifs. Quand la douleur est surtout réveillée par la pression d’un névrome on peut en faire l’excision en comprenant avec lui quelques centimètres du nerf aux dépens duquel il s’est développé. En cas d’insuccès, on s’adresserait à l’élongation du nerf ou des nerfs douloureux, ou à une nouvelle amputation. Mais les progrès de la névrite ascendante peuvent rendre ces opérations illusoires. Nott, cité par Weir Mitchell, fit subir à un amputé de la jambe qui avait été pris de douleurs atroces dans le membre opéré, deux nouvelles amputations de la jambe, une résection du sciatique dans le creux poplité, une amputation de la cuisse et une excision d’un pouce du sciatique au-dessous du muscle pyramidal sans obtenir autre chose qu’une amélioration partielle.

Weir Mitchell a décrit sous le nom de chorée des moignons l'agitation continue des membres opérés. Les contractions augmentent sous l’influence de la volonté, des émotions, des changements climatériques, des moindres pressions ou des tiraillements exercés sur les névromes. Limitées d’abord aux muscles du moignon elles peuvent s’étendre à d’autres muscles du corps. L 'épilepsie s’observe plus souvent chez les amputés. Les spasmes d’abord localisés au moignon se généralisent bientôt. Les amputés sont d’ailleurs sujets à tous les troubles nerveux à distance que présentent les blessés dont les nerfs ont été atteints sans solution de continuité du membre.

L Pineau, De quelques accidents nerveux à distance observés tardivement à la suite des lésions des nerfs. Thèse de Paris, 1877.

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