PROTHÈSE DES MEMBRES AMPUTÉS
Données générales sur la prothèse des membres amputés.
| Il est de règle de munir un amputé, dès que sa guérison est complète i d’un appareil de prothèse destiné à remplacer dans sa forme et ses usages le il membre disparu. Certains continuent à le porter et en tirent parti, un petit j: nombre l’abandonne, le plus souvent parce que l’appareil ne remplit pas le Il but qu’il devait remplir ou qu’il fait souffrir. Le choix d’un appareil prothétique est donc important. Les chirurgiens militaires français sont guidés , dans ce choix par le Registre des demandes pour appareils de prothèse, qui | renfermeles spécimens des appareils les plus recommandables L
Depuis Paré jusqu’à nos jours on a distingué deux grandes catégories d’appareils : ceux dits de riches et les appareils ouvriers. Les premiers masquent la difformité non seulement en reproduisant la forme des divers segments du membre absent mais encore en en exécutant tous les mouvements. Dans la construction des seconds on se préoccupe avant tout de permettre • au blessé d’exécuter les mouvements nécessaires pour l’exécution des tra- I vaux habituels; la disparition de la difformité n’est là que secondaire, à tel point que certains appareils ouvriers présentent des formes qui n’ont point d’analogues parmi celles des segments des membres. Les premiers sont compliqués, coûteux, délicats, d’une réparation difficile; les seconds d’un prix modique, solides, d’une construction et d’une réparation très faciles même pour des ouvriers de petites villes et de la campagne. Les derniers devraient t - être, en raison de ces avantages, sinon toujours, au moins communément
t idonnés aux soldats qui, après leur mutilation, sont appelés à exécuter des ' travaux industriels ou agricoles. Un appareil compliqué, qui peut les séduire davantage au premier abord est loin de leur rendre les mêmes services; souvent, après l’avoir obtenu, ils l’abandonnent.
Les appareils prothétiques des amputés se composent ordinairement ! Je gaines de cuir sur les parties latérales desquelles se fixent des attelles i métalliques. Ces attelles sont parfois rigides, le plus souvent articulées. Des mécanismes particuliers permettent de maintenir les divers segments dans une position déterminée. Parfois gaine et attelles, surtout dans les membres artificiels dits ouvriers, sont remplacées par des tiges de bois ou de métal, rigides ou articulées.
Nous avons vu que les parties molles qui constituent les moignons subissent au bout d’un certain temps un degré variable d’atrophie. Il en résulte qu’un appareil de prothèse qui s’adaptait exactement à la surface du membre peu de temps après l’opération, peut, à une époque plus éloignée, devenir trop large et mal s’appliquer. Comme il est impossible de taire accepter à un amputé un appareil même tant soit peu serré, les fabricants ont pour certains membres artificiels, rrfais non pour tous, sectionné longitudinalement les gaines de cuir et réuni les deux valves par des lacets, ce qui permet à l’appareil de suivre le retrait du membre. Une meilleure précaution serait de ne munir le blessé de son appareil que plusieurs tfiois après l’opération.
La fabrication de l’appareil s’exécute d’ordinaire d'après les mensurations indiquées par le chirurgien sur la feuille détachée du registre à sou-
f L Le remarquable article sur la Prothèse des membres de l'Arsenal de la chiuugie cvjiemporame de Gaujot et Spillkann peut fournir des renseignements complémentaires (t. .
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DELORME
DE L’AMPUTATION DES MEMBRES
elle, laquelle porte de plus le modèle du membre artificiel . Nous croyons devoir insister sur quelques indications importantes relatives à ces mensurations. Variables pour chaque appareil, elles portent sur la longueur et la circonférence du membre sain pour les segments enlevés par l’opération et sur la longueur et la circonférence du membre amputé pour ceux qui ont été conservés. Les dimensions en longueur se prennent d’une articulation à l’autre, ou plutôt du centre des mouvements d'une articulation à l'autre, centre qui ne correspond pas toujours aux saillies péri-articulaires. Les dimensions circonférentielles sont prises au niveau des points où le membre est le plus développé. Ces mensurations circonférentielles doivent être prises très exactement, sans déprimer les tissus avec le ruban métrique.
Si habituellement l’appareil est appliqué sur le membre nu, il n’en est ! pas toujours ainsi, en particulier pour certains appareils prothétiques de la jambe et de la cuisse. Il y aura donc lieu, pour eux, de tenir compte de l’épaisseur des vêtements dans les mensurations. Aux mensurations por- ! tées sur le registre à souche, il sera avantageux, pour la confection des appareils compliqués, de joindre chaque fois qu’on le pourra un moule j en plâtre du membre amputé. Ces envois de moules plâtrés se font corn- j munément même d’Algérie en France.
Un membre artificiel ne doit pas être accepté après un simple essayage, j Ce n’est qu’au bout de quelques jours que le blessé peut s’assurer s’il est. t à sa convenance ou s’il a besoin de repasser dans les mains du fabricant. ;| Quand il remplit toutes les conditions voulues, le blessé signe un billet: j d'acceptation.
Situation légale des amputés. — Figurent dans la deuxième clause H les amputés de deux membres ;
Dans la troisième classe, les amputés d'un membre, du pied ou de la» j main en totalité ;
Dans la quatrième, la cinquième et la sixième, sonUcompris les amputés; u qui ont subi des mutilations plus ou moins étendues du pied et de la main., u Des amputations n’entraînant qu’une gêne fonctionnelle minime, commet r celle de certains doigts ou orteils, n’ouvrent pas de droit à une pension deali retraite.