Mémoires, t. Ier, p
:iki BLESSURES DES MEMBRES SUPÉRIEURS.
Blessé en Italie par un boulet qui avait ouvert la paroi antérieure de l’aisselle et fracassé l’extrémité supérieure de l’humérus, le général Auger dut subir |a désarticulation de l’épaule. Ce ne fut qu’en séparant l’humérus qu’on découvrit un boulet du volume d’une orange. Il était logé en arrière et au-dessous des débris de la tête et du col de l’humérus1.
Constitués d’ordinaire par le projectile, ces corps étrangers sont parfois représentés par des fragments d’épaulette.
Le chirurgien doit se montrer ménager dans la poursuite des corps étrangers qu’il suppose logés dans l’aisselle, en raison du danger de la blessure des gros vaisseaux et des gros nerfs, et des difficultés de leur recherche. Ils franchissent d’ailleurs très souvent les limites de cette région et il est bon d’avoir présent à l’esprit l’exemple de Sédillot cherchant en vain dans l’épaule une balle qu’on retira ensuite au niveau de la crête de l’omoplate.
Blessures articulaires. — L’articulation scapulo-humérale peut être atteinte par les armes blanches, les petits projectiles ou les éclats de gros projectiles.
Les armes blanches entament, divisent complètement ou incomplètement l’extrémité supérieure de l’humérus. D. Larrey, entre autres, nous a rapporté des exemples de ces traumatismes.
Un trompette du corps des mamelouks fut, pendant une charge, frappé à l’épaule par un Russe armé d’un damas acéré. L’articulation scapulo-humérale fut ouverte, la tête de l’humérus totalement coupée et séparée du corps de l’os. Le bras ne tenait plus que par le tendon du grand dorsal et du pectoral, par les nerfs et les vaisseaux axillaires. Larrey crut devoir enlever la tête humérale. Son blessé guérit.
A Salahiek, pendant la campagne d’Égypte, l’illustre chirurgien pansa deux blessés, frappés à l’épaule de coups de sabre, avec division musculo-osseuse; à l’un d’eux il fit encore l’extraction de la tête humérale.
Alors même que l’extrémité humérale serait divisée complètement par l’arme tranchante, il serait indiqué aujourd’hui de la conserver, à moins qu’elle n’ait été abrasée dans des points supérieurs aux insertions capsulaires. La suture des muscles et des fragments, des pansements antiseptiques et un appareil contentif approprié assureraient la guérison du blessé.
Lésions articulaires par balles. — L’articulation de l’épaule est tantôt blessée seule, tantôt intéressée en même temps que des régions voisines on éloignées, le thorax, l’omoplate, la clavicule, la face, le cou, voire même et souvent l’avant-bras et la main. Au moment du tir, en effet, le blessé présente à la trajectoire du projectile la main, le poignet, l’extrémité inférieure de l’avant-bras et l’épaule correspondante. On trouve dans les comptes rendus des guerres maintes observations d’hommes frappés par des balles qui, avant d’atteindre l’épaule, ont parcouru la plus grande partie de la longueur du bras.
Le projectile qui blesse l’épaule, atteint cette articulation après un trajet direct, ou bien il la traverse obliquement, soit que le blessé ait été frappé