Chenu, o. c., t. Ier, p
BLESSURES DE L’ÉPAULE
par un adversaire occupant une position plus élevée que la sienne ou qu’il ait été atteint dans la position du tireur.
Plaies synoviales simples. — Elles sont exceptionnelles et d’ailleurs il -serait fort difficile, sinon impossible de les reconnaître. Otis en signale quelques exemples. Une balle pénétrant sous l’acromion peut écbancrer ; la capsule et ne produire qu’une plaie pénétrante simple. Un projectile | qui entamerait en avant la gaine synoviale du biceps, laquelle, comme l’on I- sait, communique largement avec l’article, produirait une plaie synoviale -simple. Il est plus difficile d’admettre qu’une balle traversant l’article, i puisse passer entre la cavité glénoïde et la tête humérale sans contondre ou ['sans échancrer une surface articulaire. L’immobilisation de l’article et un ! pansement antiseptique sont les seules indications thérapeutiques qu’imi posent ces plaies simples.
Lésions osseuses. — Les caractères des lésions de l’extrémité supérieure L de l’humérus, leur grande étendue ou leur délimitation et la direction des
[fissures qui les compliquent, s’expliquent en partie par les dispositifs anatomiques de cette épiphyse Pour les décrire, nous n’avons qu’à reproduire ici les données que nous avons fournies dans notre mémoire de 188o1 2 et que notre collègue Lagrange a mises à profit dans son consciencieux article Épaule du Dictionnaire encyclopédique.
1. Lésions de la tète humérale. — Les balles qui atteignent la demi-sphère articulaire de l’humérus, près de sa surface, d’avant en arrière, d’arrière en avant, directement ou un peu obliquement, froissent son cartilage, le contusionnent, l’abrasent, ou bien éraflent, taraudent, sillonnent l’os(fig. 107). 'Ces éraflures et ces sillons sont ordinairement très simples, ils peuvent
I néanmoins s’accompagner de traits fissuriques de direction variée. Ces derniers sont le plus souvent sous-cartilagineux et s’arrêtent au niveau du col anatomique.
1. La tète de l’humérus se développe par un point osseux primitivement distinct de ceux des tubérosités, mais qui se réunit aux derniers et qui ne se soude au corps de l’os, chez l’homme, que de 20 à 25 ans. Il est donc assez frequent, chez nos blessés, de ne pas rencontrer de soudure complète. Alors même qu’il y a soudure, du reste, l’expérience cadavérique nous i’a démontré, la disposition des trabécules osseux, soit de la tète en totalité ou du col anatomique, est telle que ce dernier impose souvent une limite aux lésions de la tète humérale d’une part, du col chirurgical et des trochanters de l’autre. 11 est important de rappeler que la ligne du col anatomique descend plus bas près de la circonférence de l’os qu'à son centre, que la tète humérale ne représente pas, en réalité, une portion de sphère délimitée par un plan horizontal, mais une portion de sphère évidée, excavée à son centre pour recevoir l’extrémité supérieure du tissu spongieux de là diaphyse. Il en résulte qu'une balle qui perfore le col anatomique à son centre peut, suivant son incidence ou le point touché, n’intéresser que la tète humérale ou à la fois la tète humérale et le tissu spongieux du col chirurgical.
Les fibres osseuses qui, de la tète humérale se portent vers la diaphyse, ont une direction oblique, oblique externe ou interne qui tend à les rapprocher de la base de la grosse tubérosité ou de la face interne du col chirurgical. Elles sont d’autant plus étendues quelles sont plus centrales. Or, comme c'est suivant leur direction et souvent jusqu'à leurs limites que s’étendent les fêlures, il en résulte que celles-ci (toute question de vitesse mise do côte) se prolongeront d'autant plus bas que la balle aura pénétré plus près du centre de 1 os.
Les fibres qui partent de la grosse tubérosité tendent a gagner obliquement, les unes la face externe de l'humérus, continuant la direction de celles qui partent de la tète, les autres, en plus petit nombre, rayonnent vers la face interne.
Le col chirurgical correspond au point d’entrc-croiscment de ces fibres trochantériennos el capitales, obliques en sens opposé.