‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 95 sur 340 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

BLESSURES DE LA JAMBE

Fréquence. — Les blessures de la jambe, surtout celles qui sont compliquées de fracture, s’observent très souvent. Otis nous dit que les fractures des os de la jambe se sont montrées plus fréquentes pendant la .guerre d'Amérique que celles des autres os des extrémités. Elles figuraient dans la proportion d’un tiers environ, 31 p. 100, dans le chiffre total des fractures. Venaient ensuite celles de l’humérus : 28,4 p. 100, du fémur : .22,6 p. 100, du radius et du cubitus : 17,9 p. 100. D’après d’autres statis- : tiques, les fractures par coup de feu des os de la jambe représentent le quart de toutes les fractures. Ces proportions ont leur utilité au point de vue de l’estimation approximative des appareils à placer dans les caissons d’ambulance.

Blessures des parties molles. — Nous ne nous arrêterons guère aux blessures simples des parties molles par balles. Nous nous contenterons de signaler les perforations de part en part de l’espace interosseux dont les •auteurs ont cité quelques exemples et qu’on produit très aisément dans les tirs d’expérience, puis les longs sétons intermusculaires du mollet, distingués autrefois des autres blessures des parties molles, en raison des accidents suppuratifs graves auxquels ils donnaient lieu. Nous parlerons, üi propos des complications des fractures, des lésions artérielles et nerveuses.

Les petits éclats d’obus produisent dans les tissus mous des lésions analogues à celles que déterminent les balles; les volumineux éclats, des contusions ou des abrasions parfois très étendues, surtout lorsqu’ils attei- - gnent le mollet.

Sur un blessé de Ravaton, un gros projectile avait enlevé les téguments, les chairs et les tendons de la partie postérieure de la jambe, du talon au milieu du mollet. Ce blessé, comme c’était à prévoir, guérit avec une gène considérable des mouvements du pied1.

Sur trois blessés dont Chenu nous a rapporté fliistoire dans les Comptes rendus de la guerre de Crimée, des éclats des projectiles creux abrasèrent toute l'étendue du mollet. Ils guérirent avec des cicatrices adhérentes et une gène considérable des mouvements.

Page 1