‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 96 sur 340 · Ravaton, o. c., p · texte numérisé non relu

Ravaton, o. c., p

BLESSURES DES MEMBRES INFÉRIEURS

Sur un soldat, une perte de substance aussi étendue avait laissé une cicatrice occupant les deux tiers inférieurs de la partie interne et postérieure de la jambe. Enfin, sur un dernier blessé de 1870 présentant plusieurs plaies de la jambe, l’une de ces blessures des parties molles avait 20 centimètres de longueur sur 12 de

largeur1.

Ces vastes plaies qui ne seront plus qu’exceptionnellemenl observées, guérissent avec lenteur et laissent d’ordinaire des cicatrices très étendues, des déviations du pied, des déviations du genou quand elles siègent dans

le creux poplité et une gène considérable dans le fonctionnement du membre. Les blessés dont Chenu nous rapporte l’histoire et chez lesquels des éclats de gros projectiles avaient abrasé complètement les jumeaux et le soléaire étaient placés dans une situation inférieure à celle des amputés de la jambe.

Les plaies par balles guérissent le plus souvent sans laisser ni douleur ni gêne notable dans les mouvements. La destruction d’un ou de plusieurs tendons, très rare d’ailleurs, est suivie d’une impotence fonctionnelle dont les caractères varient avec les tendons atteints. Les lésions nerveuses entraînent des paralysies d’étendue variable. Nous n’avons pas à nous arrêter

davantage à ces traumatismes.

Lésions osseuses. — Tantôt le péroné ou le tibia sont atteints isolément, tantôt ils sont frappés simultanément.

Péroné. — 1° Nous avons constaté dans nos expériences que le péroné présente une remarquable tendance 'à se fracturer transversalement ou obliquement lorsqu’il est frappé tangentiellement par les balles, à toute distance, ou lorsqu’il est atteint directement par des balles animées de faibles vitesses2. Nous avons déposé au musée du Val-de-Grâce un certain nombre de spécimens de ces fractures à type simple (fig. 8, p. 22 et fig. 133). On les reconnaîtrait aisément sur le vivant à la douleur réveillée par une pression localisée au niveau de la fracture ou par une pression exercée à distance le long de l’os, exceptionnellement par la saillie des fragments. Consécutivement, un cal circulaire et peu étendu permettrait de les diagnostiquer au cas où elles auraient échappé à un premier examen. Si le plus souvent ces fractures sont déterminées par le contact du projectile, elles sont, dans certains cas, produites par le contact d’une esquille projetée du tibia. Enfin, après une fracture du tibia, le péroné sous l’influence du poids du corps peut se briser obliquement.

2°. 3° Les fissures longitudinales qui divisent l’os suivant son axe dans une grande étendue (fractures longitudinales de quelques auteurs) sont si rares

1. Ciienu, Comptes rendus de la guerre de Crimée, o. c., passim et Guerre de 1870-71, p. 450.

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