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AURIFICATION DES DENTS DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE

tellement qu’il devient à peu près impossible de faire une besogne convenable; or, un bon amalgame valant mieux pour la conservation de la dent qu'une aurification défectueuse, il sera plus sage de recourir au premier. La légère altération de coloration qui surviendra dans l’organe n’a qu’une importance secondaire aux dents molaires. On pourrait employer la gutta-percha, mais elle ne saurait donner à la dent fragile le môme appui que lui donnera l’amalgame durci, dont la surface peut résister des années aux efforts de la mastication, sans s’altérer.

Traitement des cavités simples aux dents de la mâchoire inférieure. — L’opération des dents inférieures entraîne des modifications relativement : 1° à la position du malade; 2“ à la forme des instruments; 3“ aux précautions à prendre pour empêcher la salive de s’introduire dans les parties soumises à l’opération.

Les coupe-émail seront mis à contribution, mais celui en forme de ciseau droit, si utile à la mâchoire supérieure, n’a pas d’appli-

Fig. 170. — Coupe-émail, dont la lame forme un angle avec la tige ; l’un a son tranchant produit par un chaufreiu de la face supérieure de la lame^ l’autre par un chanfrein de la face inférieure.

cation dans l’obturation des dents de la mâchoire inférieure. Les formes représentées figures 169 et 170 seront trouvées les plus con-

venables pour la résection des tissus. Quand on aura à exciser les surfaces interne ou externe des canines, des bicuspides, ou des premières molaires, les instruments dont les lames sont en forme de sabre et en ligne droite avec la flèche, seront suffisants; mais les surfaces correspondantes des deuxièmes et troisièmes molaires ne sauraient être atteintes convenablement avec des instruments rectilignes. Pour ces dernières dents, la lame sera recourbée sur la flèche à 45", et le bord tranchant sera formé par un chanfrein de la face inférieure dans l’un de ces instruments et dans l’autre par un chanfrein de la face supérieure. Ces instruments recourbés à angle droit sont très-utiles.

La préparation des cavités des dents inférieures se fera suivant les règles que nous avons posées dans nos généralités. Peu importe l’endroit où siège la cavité, l’obturation tombera bientôt si la forme n’est pas bien préparée.

Avant d’introduire l’or dans les cavités situées à la face interne ou à la face externe des incisives ou des canines de la mâchoire inférieure, on placera le coin de bois et l’on prendra de grandes précaulions pour l’exclusion de la salive. Si l’on n’emploie pas la digue de caoutchouc, la tète du malade sera placée de telle sorte, que la face regarde assez en haut pour faciliter l’écoulement de la salive vers la gorge ; une bandelette d’emplâtre imperméable sera posée sur la surface linguale de la gencive et des dents, et l’on placera entre elle et la langue un pli ou rouleau de linge assez épais. Un pli correspondant peut aussi se placer entre la lèvre et la gencive, et les deux seront maintenus par le pouce et l’index de la main gauche portée autour de la tête du patient ; une seule serviette roulée en boudin, et appuyant par son milieu sur les couronnes des dents, suffit à protéger les faces labiale et linguale.

Une fois la cavité parfaitement desséchée, on introduira l’or à l’aide d’instruments semblables à ceux qui ont servi pour opérer les dents supérieures correspondantes. Il peut y avoir exception quelquefois pour certaines cavités des dents canines qui exigeraient alors un traitement semblable à celui que nous allons décrire comme applicable aux bicuspides contiguës.

Pour remplir les caNités situées sur les faces interne ou externe de ces dernières, l’instrument à lame spirale sera employé avec avantage, l’or s’introduisant par le côté labial de la dent. Quand on opère sur le côté externe des dents de droite, l’opérateur se lien-

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dra à droite et un peu en arrière du malade ; et sur le côté, mais légèrement en face, quand il s’agit d’opérer la partie correspondante des bicuspides gauches — le malade, dans le premier cas, inclinant la face à gauche, et dans le second la penchant vers le côté droit. Dans les cas où la couronne dentaire est déiruite dans une grande étendue sur la face linguale, par suite de ravages faits par

iuçj. 171. — Instrument pour condenser la surface de l’or inséré soit au côté externe de la hicuspide droite, soit à la face interne de la bicuspide gauche. Cette forme d’instrument est très-commode pour condenser la surface du métal.

la maladie sur la surface triturante aussi bien que sur le collet, l’or en feuilles ou en éponge s'inlroduira d’en haut avec plus de commodité que par le côté. Le touloir aura une lame courte, recourbée presque à angle droit et la flèche se recourbera elle-même dans la môme direction à partir d’environ 0‘",0I de la lame. Les deux courbes doivent pouvoir embrasser dans leur ouverture la couronne de la dent et permettre à la lame de pénétrer dans la ca- ^ilé. Une fois l’or introduit, le reste de l’opération se fera suivant les règles ordinaires.

C’est en opérant sur les dents molaires, que l’on rencontre le plus de difficulté, à cause de la grande quantité de salive qui s’amasse autour d’elles et les submerge. Quelques malades peuvent déglutir la bouche ouverte, et se débarrasser ainsi de temps en temps du liquide accumulé, mais les autres en sont incapables; si donc l’on

ne trouve pas le moyen d’éloigner la salive, la couronne des dents en sera submergée. Pour vaincre cette difficulté, on peut placer dans la bouche un linge replié et le renouveler dès qu’il s’est imbibé de liquide, mais rien ne vaut la digue de caoutchouc, dans tous les cas où elle peut s’appliquer convenablement. La tète du malade sera légèrement renversée en arrière et un peu inclinée du côté opposé à celui où se trouve la dent cariée, pour que la salive, quand la quan-

hiy. 172, 173. — Instruments à double coui'bure pour remplir les cavités situées à la surface de mastication des molaires inférieures ; le premier convient pour l’or en feuilles ordinaire, l’autre pour les feuilles adhésives ou l’or cristallisé.

tité n’en est pas excessive, puisse s’éloigner des dents qu’on opère. On peut aussi placer une petite mouche d’emplâtre adhésif sur l’ouverture du conduit de Sténon qui débouche à la surface interne de la joue près de la première molaire de la mâchoire supérieure. Cela fait, on roulera une serviette, on courbera l’espèce de boudin

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