PERMANENTES
Résorption «les racines «les «lents permanentes. — La résorption d’une partie plus ou moins considérable de la racine de dents dont la couronne était altérée a été déjà mentionnée ; mais on voit de temps en temps se produire des cas dans lesquels, avec une couronne parfaitement saine^ la racine est attaquée par la résorption. C’est sur cette dernière forme de la maladie que nous nous proposons d’appeler l’attention.
La marche de la résorption reste la même dans toutes les circonstances qui peuvent la mettre en action, mais nous pouvons comprendre les différents cas sous deux catégories suivant la nature de la cause déterminante : dans la première, viendront ces exemples dans lesquels la totalité ou une partie de la racine d’une dent permanente saine se résorbe sans rapport aucun avec la formation d’une dent adjacente; dans la deuxième, ces cas où une partie d’une dent permanente se résorbe pour faire place à l’éruption d’une dent voisine.
Fig. 184. — Incisive centrale permanente, dont la racine s’est résorbée ] d’après uné pièce mise à ma aisposition par M. Alfred Canton.
J’ai vu beaucoup de cas de résorption de dents permanentes, où la destruction de la racine était telle que ces dents en étaient ébranlées et douloureuses; mais je suis redevable à M. Canton et à M. Brookliouse de spécimens montrant une résorption complète la racine. Dans un cas, les incisives centrales s’ébranlèrent i’une après l’autre et tombèrent à l’âge d’au moins quarante ans, exacte
RESORPTION DES RACINES DES DENTS PERMAMENTES. 403
ment comme s’il se fût agi de dents temporaires laissant la place à leurs remplaçantes. Dans l’autre, une incisive latérale permanente se perdit dans des circonstances analogues. Ni l’un ni l’autre de ces malades ne présentèrent aucun symptôme morbide, soit dans la gencive, soit au bord alvéolaire. L’attention ne fut attirée par aucun autre signe que l’augmentation graduelle de l’ébranlement des dents. Chez un de mes propres malades, âgé de cinquante ans, une incisive centrale supérieure s’ébranla et devint douloureuse beaucoup plus soudainement. Plus tard on put constater qu’un des côtés de la racine s’était résorbé et que.l’action destructive s’était arrêtée en arrivant aux parois de la cavité de la pulpe, laissant le germe parfaitement à l’abri dans un mince tube de dentine. Mais à l’arrivée de l’inQammation, avec sécrétion purulente, il est probable que, dans ce cas comme dans les précédents, la totalité de la • racine aurait disparu.
Fig. 185. — Incisive permanente, dont la racine a eu un côté enlevé par résorption, il est resté un mince étui de dentine pour envelopper la pulpe.
Le fait de la résistance plus grande des parois de la cavité de la pulpe à l’action de la résorption que dans toute autre partie de la dentine concorde avec ce que l’observation nous fait voir, à un de-
Fig. 186. — Dent à pivot, dont la racine a eu son volume réduit par l’absorption ; la tige d’or a été mise à découvert en un point par une perforation résultant également de l’absorption.
gré limité, dans les dents temporaires. Il est probable que c’est à la présence de la pulpe qu’est dû ce pouvoir de résistance; car sur
les dents à pivot, la racine se réduit ordinairement par la résorption; il s’y fait môme parfois des perforations qui mettent à nu la tige métallique. On voit au musée de la Société odontologique une dent dont la racine s’était résorbée en grande partie à la suite de l’irritation produite, dans son alvéole, par une sOie qui avait pénétré jusque dans le canal dentaire vide. La marcbe de la résorption ayant été discutée à propos de la chute des dents de lait, il n’est pas besoin d’y revenir ici.
Les cas appartenant à la deuxième catégorie sont ordinairement la conséquence d’une dent permanente mal placée et de* l’éruption tardive qui en est la suite. L’étendue de la partie résorbée se limite en général a la production d’une légère dépression au collet ou à la racine de la dent; mais, dans quelques cas, l’action destructive se poursuit jusqu’à ce que la cavité de la pulpe ait été ouverte et le germe mis à nu.
Les canines de la mâchoire supérieure étant plus souvent mal placées et retardées dans leur éruption que les autres dents, nous devons nous attendre à rencontrer des exemples de résorption dans les incisives latérales et les premières bicuspides. Mais il est rare de voir là autre chose qu’une simple dépression à l’endroit où se dirigeait la couronne de la dent en voie d’e'ruption. C’est sur les deuxièmes molaires que l’on constate les plus grands ravages. Quand la couronne d’une dent de sagesse se dirige en avant, cette marche conduit à la résorption du collet de la dent qui gène son passage; l’action destructive s’arrête bien généralement avant que la deuxième molaire soit lésée d’une manière permanente ; cepen dan t dansquelques cas la cavité de la pulpe est ouverte. J’ai vu plusicTurs cas où' cette lésion avait été suivie de l’inflammation de la pulpe, qui avait nécessité l’extraction immédiate de l’organe. Dans un exemple récent, le malade se plaignaitd’une douleurintense dans une deuxième molaire de la mâchoire supérieure. La dent paraissait tout à fait saine. On conseilla donc de poser une sangsue sur la gencive. Le lendemain le malade revint, disant que la saignée ne l’avait point soulagé et demandant avec instance qu’on lui enlevât sa dent. Celleci était devenue un peu mobile et la couronne avait perdu de son éclat naturel. Après l’extraction, la cause du mal devint manifeste. La cavité pulpaire était ouverte, la pulpe s’était enflammée, avait perdu sa vitalité, et, au moment de Topéralion, se trouvait en dtat de décomposition. Il n'y avait là pas la moindre trace de carie;