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HYPERTROPHIE DES GENCIVES

quatre ans, l’excroissance avait pris un tel développement, que le médecin de la famille essaya de la réprimer à Taida de caustiques, mais avec peu ou point de succès. A dix ans, on lui fit une opération dans laquelle neuf dents complètement cachées furent extraites.

Ftg. 203. — D’après une photographie du cas de M. Mac Gillivray.

en même temps que les parties exubérantes des gencives étaient emportées.

A l’époque où M. Mac Gillivray vit la malade pour la première fois, elle avait vingt-neuf ans; la bouche était maintenue largement ouverte par dc-s masses lobulées considérables, qui partaient des deux mâchoires. L’auteur constata que ces énormes excroissances naissaient principalement de la face linguale delà portion alvéolaire des mâchoires, la face labiale était comparativement saine. Dans l’intérieur de la bouche, elles s'étendaient en arrière le long de la voûte palatine et se projetaient au-dessous du voile du palais. La surface de la production était partout lobulée; lisse en certains endroits, en d’autres la présence d’énormes papilles la rendait rugueuse; aucun point n’était ulcéré; la masse n’occasionnait aucune souffrance.

Son extraction se fit en trois séances, à quelques jours d’intervalle; les parties molles furent enlevées avec le bistouri; quant à j l’hypertrophie osseuse de la portion alvéolaire, elle fut excisée à ; l’aide de pinces de Liston; l’écoulement de sang, abondant, céda i au cautère actuel.

La malade se rétablit parfaitement, et l’opération semble avoir très-bien réussi ; la difformité a disparu — la bouche étant aujourd’hui en état de se fermer — et la récidive ne paraît plus à redouter.

Dans ce cas, comme dans celui de M. Erichsen, qui fut examiné par M. Bruce, l’examen histologique ne fit découvrir aucun élément anormal; il ne s’agissait que d’une simple hypertrophie, dans laquelle parmi les papilles quelques-unes atteignaient la longueur énorme de 0°^,012.

Dans la plupart des cas, non dans tous cependant, la maladie paraît avoir été observée à une période très-rapprochée de la naissance — de fait, elle est probablement congéni laie. L’affection n’entrave pas nécessairement le développement des dents, qui pourtant restent enfouies au milieu de l’excroissance qui les enveloppe ; dans le cas de M. Pollock, rapporté par M. Salter, il est dit que les dents avaient un volume insolite et qu’elles s’étaient développées un peu avant le temps normal.

Il ne paraît pas possible de rattacher avec certitude cette maladie à aucun vice constitutionnel; en effet, si dans les observations de M. Canton, du D^ Gross et de M. Pollock, les enfants étaient scrofuleux et d’intelligence défectueuse, dans le cas de M. Mac Gillivray la malade était parfaitement saine à tous les autres points de vue.

HYPEROSTOSE

Les os maxillaires paraissent être le point de départ habituel d’une forme remarquable d’hypertrophie osseuse générale qui^ . dans les cas graves, affecte les autres os de la face et du crâne et, plus rarement, des os d’autres régions du corps.

C’est une maladie rare et qui réclame pour son traitement l’intervention du chirurgien ; il n’en est pas moins fort nécessaire que le dentiste en connaisse la nature et les caractères, car il est probable qu’au début il sera appelé à donner son opinion.

L’affection consiste en un accroissement et une altération interstitiels portant sur toute la substance de l’os, et non simplement sur sa surface; les progrès du mal amènent une augmentation de volume de la totalité de l’os; le sinus maxillaire et à la longue aussi les cavités nasales s’oblitèrent ; l’orbite à son tour est envahi, l’œil est détruit sous l’influence de la compression, et il en résulte la plus hideuse difformité (1). L’ouvrage de M. Heath donne plusieurs figures de cette horrible lésion.

L’aspect rugueux de la surface de l’os, sa porosité analogue à celle de la pierre ponce sont bien indiqués dans la planche du cas de M. Bickersteth (2) ; cette texture spongieuse, raréfaction qui s’étend dans toute l’épaisseur de l’os, se voit dans la figure 201, copiée sur un spécimen que M. Ch. Ileatli a bien voulu mettre à ma disposition. Dans ce cas, la maladie fut observée pour la première fois à l’âge de trois mois, époque où l’on vit le côté gauche de la face augmenter de volume. A six ans l’œil gauche se fermait et l’hypertrophie ne cessa de s’accroître jusqu’au moment où l’enfant atteignait l’âge de douze ans, et où M. Ileatli enleva le maxillaire supérieur; l’opération n’a pas empêché qu’il ne reste une grande difformité, à cause de la participation des téguments à l’hypertrophie.

(1) « Dlseases and Injuries of the Jaws » deuxième édit., 1872, p. 132.

(2) Traus. of the patholog. society, 1866, p. 246.

L’empreinte de la bouche (fig. 205) prise avant l’opération montre que du côté droit, c’est-à-dire du côté sain, les incisives, la canine et les bicuspides permanentes sont en place ; tandis qu’à gauche les incisives et la canine (?) temporaires se sont maintenues et les bicuspides n’ont pas achevé leur éruption.

Fig. 204. — Moitié du maxillaire supérieur gauche (cas de M. Heath) ; la coupe passe à travers les dents permanentes qui n’avaient pas encore fait leur éruption ; quelquesunes des dents sont restées dans l’autre partie de la coupe, aussi ne les voit-on pas sur le dessin.

Les coupes pratiquées sur l’os après son extraction ont démontré que les incisives, la canine, les bicuspides et la première molaire permanente (cariée) sont des dents bien développées, de volume normal.

Fig. 205.

En arrière de la première molaire permanente, le développement antéro-postérieur de la mâchoire a été entravé, aussi la deuxième

IlYPEROSTOSE.

molaire permanente est-elle un organe quelque peu rabougri, en même temps que la couronne de la dent de sagesse est extrêmement petite.

Ainsi donc, dans ce cas, le développement des membres de la série permanente qui sont les derniers à prendre leur place dans l’arcade alvéolaire, s’est trouvé arrêté, il y a eu un tel retard dans l’ensemble du travail de la dentilion que les incisives et la canine temporaires ont été retenues plusieurs années au delà de la période de leur chute normale. L’observation remarque que les dents de lait avaient fait leur éruption aux époques ordinaires.

Dans tous les cas, l’accroissement de l’os se fait avec lenteur; au début il ne détermine aucune souffrance, aussi s’écoule-t-il généralement bien des années avant que le malade se décide à l’opération, qui constitue le seul traitement efficace, je veux dire l’extraction du maxillaire ; la maladie paraît débuter d’ordinaire avant la période de puberté, mais il y a des exceptions.

Quelle est l’origine de cette affection? Nous sommes sur ce point dans une grande ignorance; il est impossible de la rattacher soit à la syphilis, soit à la scrofule ; quelques auteurs l’ont fait dériver de la périostite, mais cette hypothèse se heurte à certaines objections; pour Otto Weber elle serait le résultat de l’érysipèle.

Dans le cas de M. Bickersteth la texture de l’os atteint présentait de curieuses apparences microscopiques ; la substance était parcourue par des canaux vasculaires, volumineux et ramifiés, complètement différents des canaux ordinaires de Havers ; ils ont été décrits et représentés par xM. de Morgan, dans les Mémoires de la Société pathologique (1). Dans le cas de M. Heath, dont j’ai moi-même examiné la pièce, ces canaux n’existaient pas ; la seule particularité digne de remarque était l’absence de systèmes de Havers bien développés.

(l) Transact. of thc Patholog. Society, 1866, vol. XVII, planche XII.

MALADIES DES GENCIVES, etc.

stomatite. — L’inflammation de la membrane muqueuse de la bouche est, pendant la première enfance, beaucoup plus commune qu’à toute autre période.

l.e D’* West, parlant de cette affection, dit : « L’inflammation de la bouche n’est nullement une maladie particulière à la période de la dentition ; on l’observe chez les enfants de tout âge, où elle prend des formes très-différentes et produit les résultats les plus divers suivant les cas. Les follicules muqueux de la bouche sont le siège principal du mal dans un cas; dans un autre ce sera la substance de la gencive, celle de la joue dans un troisième. Dans le premier [stomatite follkulease ou aphtheuse), la maladie aboutit à la formation de petits ulcères qui finissent par guérir spontanément; dans le second [stomatite ulcéreuse)^ une ulcération de mauvaise nature amène la destruction des gencives et la dénudation des dents, mais sa marche est lente et la maladie tend à guérir d’elle-méme; dans le dernier cas, au contraire [stomatite gangréneuse), la mortification s’empare de tous les tissus de la joue, et marche avec une rapidité qui se joue des médicaments, pour ne s’arrêter qu’à la mort du malade (I). » Chacune des formes précédentes de stomatite a une origine constitutionnelle, et elles sont pour la plupart du domaine de la chirurgie, cependant le dentiste a quelquefois occasion de les observer.

La stomatite simple (S. érythémateuse) est caractérisée par des plaques légèrement élevées, rougeâtres, brillantes, qui se confondent parfois de manière que toute la surface présente les signes de l’inflammation. 11 peut apparaître sur ce fond rouge des îlots blanchâtres, dus à une desquamation épithéliale ou, dans certains cas, à l’exsudation.

Cette maladie est très-commune pendant la période de la

(1) « Lectures on the diseases of Infancy and Childhood », by Ch. West, ai.D., troisième édition.

STOMATITE APIITIIEUSE (FOLLICULEUSE). 477

première dentition, où elle s’accompagne de symptômes fébriles, mais le désordre général est probablement indépendant de la stomatite. Elle -reconnaît encore pour cause l’introduction dans la bouche de substances irritantes, telles que des aliments excitants, et il n’est pas rare qu’elle soit le retentissement d’une irritation gastrique ; les ivrognes sont en effet particulièrement sujets à celte forme de stomatite et à d’autres variétés plus graves.

Le traitement est simple ; un léger purgatif, des gargarismes émollients suffisent généralement; lorsque la maladie attaque un enfant élevé à boire, on aura soin d’ajouter au lait un peu d’eau de chaux.

Mug^aet. — Au début il est impossible de distinguer le muguet de la stomatite simple ; mais les plaques se recouvrent très-vite d’un exsudât des plus caractéristiques, qui, d’abord intimement adhérent, se détache cependant au bout de quelques jours, mais uniquement pour faire place à une nouvelle membrane.

La maladie s’observe à tous les âges de la vie, mais dans des proportions bien différentes; rare chez les adultes, elle est fréquente chez les enfants. Elle est contagieuse. Chez un enfant sain ou chez

un enfant atteint d’une maladie aiguë, elle n’a que peu d’importance ; son apparition chez un pauvre petit épuisé par une affection chronique a une toute autre signification, c’est l’annonce de la mort à bref délai.

Les concrétions caractéristiques du muguet sont constituées en grande partie par le mycélium d’un champignon — Voidium albicans (C. Robin). Cette maladie, chose facile à prévoir, cède très-volontiers au traitement local ; les applications de borax, d’alun ou de nitrate d’argent la font disparaître rapidement ; mais comme topiques rien ne vaut peut-être les sulfites alcalins ou même l’acide sulfureux lui-même.

S^tomatite aplitli^use {folliculeuse). — Au début, chacun des follicules enflammés peut se voir sous forme d’un point rouge isolé; l’exsudât ne tarde pas à se ramollir et à donner naissance à un petit ulcère, arrondi et à bords taillés à pic. D’autres foig la lésion s’annonce par une éruption vésiculeuse, herpétique; les vésicules se déchirent et aboutissent à la formation de petits ulcères, extrêmement douloureux et presque toujours environnés d’un cercle inflammatoire étroit et d’un rouge de feu.

Les ulcères sont rarement, sinon jamais, solitaires et c’est surtout vers le frein de la langue, dans le sillon qui sépare les

lèvres des gencives ou à la face inférieure de la langue qu’on les rencontre.

Les aphthes ne représentent qu’une lésion insignifiante ; ils ne s’accompagnent le plus souvent d’aucun mouvement fébrile ; ils causent cependant beaucoup d’ennuis par suite de la sensibilité excessive des ulcérations.

11 suffit de les toucher de temps en temps avec le crayon de nitrate d’argent pour apaiser la sensibilité des surfaces vives; l’emploi de gargarismes astringents servira à en accélérer la cicatrisation. Quand les aphthes se montrent dans le sillon intermédiaire aux lèvres et aux gencives, il faudra faire nettoyer parfaitement les dents ; souvent on se trouvera bien de badigeonner le collet de ces organes avec le glycérolé d’acide phénique ; comme topique, on pourra laisser dans le sillon quelques brins de charpie imbibés du mélange suivant :

^ Acide phénique glacé....

Liq. de potasse .

Eau ..." .

I aà 1 partie.

La stomatite folliculeuse se présente le plus souvent chez les enfants, mais elle n’est pas particulière à cet âge et affecte aussi bien les adultes et les vieillards.

Au lieu d’avoir affaire à un groupe d’ulcérations, on rencontre parfois un ulcère unique, profondément excavé, petit et arrondi, dans le sillon, au point de jonction des gencives avec la membrane muqueuse des lèvres, ou à la surface même de cette dernière. L’ulcération est unique, voilà tout ce qui distingue la maladie de la stomatite folliculeuse; et la lésion, tout en étant insignifiante aussi bien dans son étendue que par sa durée, n’est pas moins extrêmement sensible et incommode, et rend les mouvements de la langue et l’acte de la mastication fort douloureux.

Il suffit d’en toucher la surface avec l’acide nitrique pour produire une guérison pour ainsi dire instantanée ; la sensibilité disparaît complètement, et le malade est débarrassé de tout ennui.

stomatite ulcéreuse. — C’est une variété de stomatite que le chirurgien dentiste a souvent l’occasion d’observer.

Débutant aux bords ou près des bords des gencives, plus souvent à la mâchoire inférieure qu’à la mâchoire supérieure, et ordinai-

STOMATITE ULCÉREUSE.

rement d’un seul côté, elle peut s’étendre jusqu’à ce que tout l’intérieur de la bouche soit converti en une masse d’ulcères. Le bord gingival se gonfle et se congestionne et prend souvent un aspect pustuleux ; sa coloration tourne au rouge vineux et il saigne au moindre attouchement. A cet état succède bien vite l’ulcération j elle commence aux bords de la gencive, s’étend profondément dans son épaisseur et, dans les cas graves, met à nu le collet des dents et la marge alvéolaire. La muqueuse buccale, dans les points en contact avec les surfaces ulcérées, devient souvent le siège de semblables lésions, de telle sorte qu’on voit courir, à l’intérieur de la joue, une ligne d’ulcération correspondant à la position des dents.

La maladie prend naissance à la partie antérieure de la bouche, et ce n’est que dans les cas graves, qu’elle s’étend en arrière jusqu’à la région molaire.

Un exsudât précède, dit-on, l’apparition de l’ulcération. Lorsqu’il est pleinement développé, l’ulcère offre les caractères suivants; sa surface est recouverte d’une matière jaune ou blanc-sale, qui, enlevée par un courant d’eau tiède, découvre une multitude de points rouge écarlate parsemés sur un fond jaune, qui se compose de débris de diverses sortes. Les bords de l’ulcère sont vifs et déchiquetés, d’une coloration variant du violet à un brillant vermillon, et sont d’abord superficiels, mais, à mesure que la maladie progresse, ils deviennent plus profonds.

Dans les cas un peu graves, on voit parfois le côté de la face se tuméfier, les ganglions lymphatiques s’engorger et devenir sensibles; rien toutefois ne rappelle l'induration extrême du tissu cellulaire que l’on constate dans le noma.

I La maladie dure parfois plusieurs mois, rebelle à tout traite- I ment; une fois bien établie elle est encore des plus disposées à la I récidive.

! Chez un sujet prédisposé, la source d’irritation la plus insigni- I liante peut être le point de départ de la maladie, il suffit d’une ,

I excoriation, d’une dent cariée ; on l’a vue également résulter de

la fracture et de la nécrose de la mâchoire.

, Les adultes ne sont pas complètement à l’abri de la stomatite ulcéreuse, néanmoins c’est une maladie presque spéciale à l’enfance, surtoutentre cinqetdixans. Les casque j’ai observés se présentaient chez des enfants appartenant à des localités populeuses, mal vêtus

et mal nourris. Le West prétend toutefois « que la stomatite ulcéreuse est loin d’étre la manifestation constante d’un désordre constitutionnel, bien que les enfants atteints de cette maladie soient rarement des sujets vigoureux et que très-souvent ils offrent l’aspect d’individus mal nourris ou habitant des logements humides et malsains, ou tous les deux à la fois. » Chez les jeunes enfants négligés, la maladie passe inaperçue dans ses premières périodes; les parents n’arrivent à la soupçonner qu’au moment où elle se révèle par la fétidité de l’haleine, l’écoulement de la salive et par la répugnance de l’enfant à introduire dans sa bouche les aliments ou tout ce qui pourrait produire de la douleur sur la surface ulcérée. Quand le traitement ne vient pas enrayer le mal, l’ulcération peut dénuder une portion étendue des alvéoles de plusieurs dents qui se mortifient et noircissent, aussi bien que leurs alvéoles et ne servent qu’à entretenir la maladie.

Le traitement de la stomatite ulcéreuse est généralement d’une efficacité bien manifeste. Le traitement local n’a, d’après le

D'’ West, qu’une importance secondaire et pourrait dans bien des eas, dit-il, être mis de côté sans préjudice pour le malade, v Les (( lotions d’alun, l’alun calciné appliqué en nature, le chlorure de « chaux pulvérisé ont été tour à tour employés comme topiques « avec plus ou moins de succès. J’avais moi aussi l’habitude de « prescrire ces médicaments dans la stomatite ulcéreuse, mais à « partir du jour où il me fut donné de connaître les vertus du « chlorate de potasse, je lui ai donné une confiance à peu près « exclusive. On pourrait presque lui donner le nom de spécifiquede « cette affection ; en efl‘et,deux ou trois jours de son emploi suffisent « généralement pour amener une amélioration évidente dans l’état « du malade; et, d’ordinaire, une semaine, dix jours au plus pro- « duisent une guérison complète. Of ,20 dissous dans de l’eau sucrée, « que l’on donne toutes les quatre heures, sont une dose suffisante « pour les enfants de trois ans ; pour ceux de huit àneuf ans, je n’ai (• jamais dépassé la dose de 0s’’,30 » (West). Il faut surveiller en môme temps l’état général du malade et donner un purgatif au besoin. Alimentation généreuse; et, chez les sujets affaiblis, quinine ou autres toniques. Dans les cas que j’ai traités, celte médication a amené une guérison rapide.

Le nitrate d’argent, appliqué à la surface de l’ulcère, en modifié immédiatement le caractère, en formant une escarre super-

STOMATITE GANGRÉNEUSE.

ficielle qui, au moment de sa chute, laisse une surface granuleuse de bon aspect. 11 soulage aussi presque immédiatement l’excessive sensibilité de la partie. Des lotions faites avec une solution de chlorate de soude au 1/100 enlèveront la fétidité. Les dents vacillantes et sans espoir de conservation, produisant de l’irritation, doivent être • extraites.

Les malades atteints de vérole constitutionnelle sont parfois sujets à une ulcération buccale qui ne se distingue guère de la stomatite ulcéreuse. La face interne de la lèvre supérieure peut être affectée, et présenter au niveau de chaque dent une ulcération qui gagne ensuite les gencives. Le travail de cicatrisation pourrait amener l’adhérence des surfaces contiguës, aussi doit-on recommander au malade de porter continuellement entre les parties affectées un plumasseau de charpie, trempé dans une solution désinfectante.

Les cas, observés par moi, ont tous cédé à l’administration de l’iodure de potassium.

Ces ulcérations syphilitiques sont dépourvues de la sensibilité exquise qui caractérise la forme ordinaire de la maladie.

iitomatite g'angréneuse (noma, cancrum oris, gangrène de la bouche, etc.).

Cette maladie n’est pas du domaine du chirurgien dentiste, il n’en doit pas moins être capable de la reconnaître, car la seule chance du malade repose sur un traitement énergique et immédiat. La marche du mal est effroyablement rapide et la terminaison fatale presque toujours; heureusement, c’est une affection qui est loin d’être fréquente.

Elle s’annonce généralement par une tuméfaction de la face; ce gonflement a quelque chose de caractéristique, la peau est luisante et très-tendue; rinfiltralion est très-dure, dense et circonscrite, mais dépourvue de sensibilité à un degré remarquable ; au centre se voit une tache rouge.

L’examen de la bouche fait voir un ulcère irrégulier, à contours d’un rouge livide, et situé tantôt dans le sillon labio-gingival, tantôt sur la joue. Il n’est pas très-sensible, mais provoque une salivation abondante et émet dès le principe une odeur gangréneuse. Il s’étend avec une rapidité extraordinaire ; en même temps la tache rouge de la joue devient noire et se gangrène, au point d’ouvrir la cavité' buccale. La destruction des tissus de la joue marche avec une vitesse incroyable et amène généralement la mort dans l’es-

Tomes, Cliirurgie dentaire. 3 1.

pace d’nne semaine. L’un des trails les plus étranges de cette maladie, si horriblement destructive, est l’absence de douleur et même de symptômes généraux prononcés. Généralement, les malades acceptent très-bien les aliments, et parfois jusqu’au dernier moment. L’affection se présente chez les enfants débilités, le plus souvent entre 2 et 5 ans; elle est quelquefois la suite de maladies aiguës.

Le traitement général a fort peu d’efficacité. Dès qu’on reconnaît la maladie, il faut détruire complètement Lulcère à l’aide de l’acide nitrique fumant; que l’on ne perde pas un moment, car une fois la gangrène bien établie, le cas serait à peu près désespéré. Malheureusement l’arrivée du mal n’étant signalée par aucune souffrance, on ne s’en aperçoit que trop tard. Dans tous les cas, le chirurgien ne devra jamais négliger l’application de l’acide nitrique; se rappelant la rapidité de la maladie et son résultat presque nécessairement fatal, il n'aura nulle hésitation à détruire largement les tissus envahis. Des injections désinfectantes doivent être faites souvent et avec soin ; enfin les forces de l’enfant seront sou- . tenues à l’aide de stimulants à hautes doses.

Au lieu de l’acide nitrique, quelques praticiens préfèrent employer l’acide chlorhydrique concentré pour la destruction de l’ulcère et trouvent qu’il donne des résultats plus satisfaisants.

Ciiiig^iYite — L’inflammation aigue des gencives en¬

vahit rapidement le périoste adjacent des surfaces interne et externe des alvéoles, et cette extension tend à masquer le caractère initial de la maladie, dont la nature, lorqu’on n’assiste pas aux premières périodes du mal, peut être enveloppée d’une grande obscurité. Toutefois, en s’étendant dans une autre direction, l'affection dévoile sa nature. D’abord limitée à la membrane muqueuse des gencives, l’inflammation gagne celle de la bouche. I.es glandes salivaires s’affectent et versent une sécrétion extrêmement abondante, dont l’écoulement constitue un des traits remarquables de la maladie. Quand cet écoulement a lieu, on dit que le malade salive. On a bien cité des cas de salivation spontanée, mais les exemples bien nets sont rares. Gomme conséquence de certaines médications, la salivation est un phénomène fréquent, moins cependant qu’autrefois où l’emploi du mercure était plus commun et où l’on poussait plus loin qu’aujourd’hui les effets de cet agent. Quand l’innammalion des gencives dépend d’une cause de genre, on a l’occasion d’observer la maladie dès le début.

La salivation mercurielle offre ses premiers symptômes aux gencives. Quelque temps avant l’apparition de la saveur métallique, avant quel’haleine ait pris son cdeur fétide, avant la sensibilité et la gêne de la bouche, signes de l’action mercurielle sur l’économie, les gencives annoncent la prochaine arrivée de ces symptômes, — indiquent que dans peu d’heures le malade salivera. Cet état de la gencive que je vais décrire est, en réalité, un signe prémonitoire du ptyalisme, car une fois qu’il s’est montré, on aurait beau suspendre le mercure, la salivation n’en serait pas moins fatale. Voici quel est cet appareil symptomatique : la partie adhérente de la membrane muqueuse des gencives prend une couleur, blanc opaque qui contraste singulièrement avec la portion non adhérente, laquelle conserve sa coloration normale ou devient plus rouge. Le bord libre des gencives est mobile, mais la partie qui recouvre le bord alvéolaire adhère fermement au périoste ; or, comme la marge^des alvéoles présente une ligne festonnée, la membrane muqueuse blanchie offre aussi des ondulations correspondantes. D’autre part, à l’endroit où la muqueuse se réfléchit d’une manière lâche de la gencive sur la joue, elle conserve sa couleur naturelle. L’aspect blanchâtre de la gencive tient à une hypersécrétion de l’épithélium qui, formant ainsi une couche plus épaisse et plus opaque qu’à l’état normal, masque la couleur des vaisseaux sanguins du tissu sous-jacent.

La surface de la membrane muqueuse, quand elle se dépouille de son épithélium, est parsemée d’une quantité innombrable de petites élévations coniques ou papilles. L’épithélium épaissi se détache facilement, sous l’action des frottements, au sommet des papilles, tandis qu’il conserve toute son épaisseur dans les dépressions intermédiaires; aussi, un examen attentif montre-t-il que les gencives n’ont pas une coloration blanche uniforme, mais qu’elles présentent un aspect marbré.

En s’épaississant, les lamelles épithéliales adhèrent ensemble avec moins de ténacité, car il est bien plus facile de les enlever parle frottement que dans l’état normal.

Cosigne prémonitoire, non moins curieux qu’utile, de l’arrivée ! du ptyalisme, a été, je crois, noté pour la première fois par i M. Corfe, qui en a également signalé la valeur ; c’est lui, dans I tous les cas, qui attira le premier mon attention sur ce fait, et je ne sache pas qu’il ait été décrit auparavant. Depuis que M. Corfe

TRAITÉ DE CflIRURGIE DENTAIRE.

a rapporté le résultat de ses observations relativement à la constance de ce symptôme, j’en ai constaté la présence dans tous les cas de salivation qui se sont présentés à moi; et c’est ainsi que j’ai pu donner l’exposé qui précède.

Lorsque la maladie est entièrement déclarée, la gencive et le palais se tuméfient notablement ; il en est de môme de la langue qui conserve l’empreinte profonde des dents. Llialeine devient d’une extrême fétidité, et la bouche ne peut plus s’ouvrir qu’avec difficulté.

Dans les cas graves, les parties s’ulcèrent et saignent; on voit même le bord des alvéoles se nécroser. 11 n’est pas très-rare de voir les cicatrices consécutives à la chute des escarres, en se rétractant, amener l’occlusion permanente de la bouche.

Comme traitement^ on donnera des apéritifs et le chlorate de potasse à l’intérieur et en collutoires tout à la fois.

Le liquide de Gondy constitue une lotion excellente pour le nettoyage de la bouche et la désinfection de l’haleine.

On se trouvera bien de scarifications faites de temps en temps sur les gencives et de badigeonnages de teinture d’iode.

Dans la stomatite syphilitique, l’hypersécrétion salivaire n’est pas considérable ; la maladie tend à l’ulcération destructive des gencives et à la nécrose superficielle de la mâchoire.

Des ulcères peu profonds se forment au-dessous de la langue, et des plaques muqueuses se montrent sur les joues. On a généralement d’autres symptômes pour s’aider dans le diagnostic, toutefois ils peuvent faire défaut. La maladie cède volontiers à Liodure de potassium.

Ciing^ivite cliroiiîque. — C’est une forme de maladie trèscommune aux périodes moyenne et avancée de la vie, et qui, une fois établie, se montre souvent très-rebelle.

Au début, les gencives paraissent être l’unique siège de la maladie, mais, au bout d’un certain temps, elle envahit le périoste alvéole-dentaire. La surface des gencives présentent de très-petites nodosités, la sécrétion de l’épithélium s’accroît, de telle sorte que les espaces qui séparent les dents se remplissent d’une substance d’aspect crémeux ou caséeux composée de lamelles épithéliales ; les papilles proéminent d’une manière anormale, pendant que la substance de la gencive est généralement épaissie.

Le contour festonné de la marge gingivale ne tarde pas à dispa-

raître, par suite de l’épaississement du bord libre. Le processus morbide peut s’étendre sur toute la cavité buccale ou se développer symétriquement des deux côtés de la bouche, tel est le cas dans l’inflammation symptomatique de désordres généraux; la maladie peut aussi se limiter au voisinage de deux ou trois dents, il est probable alors qu’elle reconnaît une cause locale.

Est-elle une manifestation de causes générales, elle affecte également le voisinage de dents saines et celui de dents cariées, et on l’a regardée comme identique avec le travail atrophique qu’amène naturellement dans les alvéoles le progrès de l’ûge ; elle ne serait par le fait que l’indice d'une vieillesse anticipée.

La douleur qui accompagne cette maladie est inconstante, au double point de vue du caractère èt de l’intensité. Tantôt le malade n’éprouve qu’un léger malaise, sauf pendant la mastication ; tantôt il est rarement sans souffrir. La douleur peut être striclement locale, ou prenant la forme névralgique, elle peut revenir avec beaucoup de régularité tous les jours à la même heure ; mais, en somme, il est rare que le malade se plaigne de souffrance avant la destruction partielle des alvéoles et la participation du périoste alvéolo-dentaire à la maladie.

Si l’on n’en entrave pas le cours, la suppuration arrive ; le pus s’échappe entre la gencive et le collet des dents, l’haleine prend une extrême fétidité, l’odeur est souvent des plus caractéristiques. Ace moment les arcades alvéolaires s’affectent, et leur lésion peut aboutir à deux conséquences opposées; tantôt on les verra augmenter d’épaisseur par l’addition de tissu osseux, poreux, à la face externe, tantôt la résorption les réduira avec rapidité ; dans l’un et l’autre cas, les dents ne tardent pas à se perdre par suite du décollement du périoste des racines.

Ce décollement du périoste laisse souvent le tartre se déposer en petits nodules sur la racine mise à nu ; mais il ne faudrait pas, à l’exemple de certains auteurs, voir là une cause de la malai'ie, ce n’en est que la conséquence ; cependant la présence de semblables matières étrangères, dans l’alvéole, entretiendra et aggravera Faction morbide, voilà qui est incontestable.

L’inflammation chronique des gencives est souvent le résultat d’une dyspepsie prolongée; et, fait intéressant, elle se rencontre fréquemment chez les animaux nourris à l’étable; elle est plus commune dans les classes inférieures de la société qui donnent

peu de soins cà leurs dents, que dans les classes élevées. La syphilis ou l’abus du mercure dans le (raitement de la vérole, en est assez souvent la cause dans sa forme généralisée ; tandis que la variété locale peut se montrer chez certaines personnes sous l’influence de la plus légère irritation buccale, il suffit parfois de quelques aspérités laissées à la surface d’un plombage. Elle est encore souvent consécutive à une maladie préexistante du périoste dentaire.

Traitement. — Avant tout, il importe de rechercher la cause, soit locale, soit générale pour s’adresser à elle directement. Le traitement constitutionnel des cas de ce genre n’appartient guère au dentiste, mais les applications topiques rendent souvent de grands services, meme dans les manifestations diathésiques.

Les gencives sont-elles œdémateuses et congestionnées, on les scarifiera largement avec une lancette et l’on favorisera autant que possible l’écoulement du sang.

Tout le tartre doit être enlevé complètement et avec soin; les dents par trop vacillantes doivent être extraites, car elles sont dans Limpos'sibililé de se consolider jamais, et leur mobilité ne peut qu’entretenir l’irritation. Certains auteurs américains insistent beaucoup sur l’importance de l’extraction du tartre déposé trèsbas sur les racines et décrivent des instruments spéciaux pour cette opération. Sans doute, on doit suivre ce conseil autant que possible; mais, quand une dent a perdu ses connexions avec le périoste alvéolo-dentaire dans une portion considérable de sa longueur, il est préférable de l’extraire.

11 est facile de s’assurer de l’étendue de cette séparation, en insinuant un bout de cordonnet au côté de la dent; ce fil, assez roide pour descendre jusqu’à ce qu’il rencontre de la résistance, est trop mou pour augmenter la séparation des parties.

Au début et même à toutes les périodes de la maladie, la teinture d’iode la plus forte est souvent fort utile, et l’on peut en répéter les applications; on remarquera qu’elle est beaucoup plus absorbée par ces gencives spongieuses et congestionnées que par' les mêmes parties fermes et normales.

On peut employer divers astringents; mais je n’en connais guère de plus efficace que le tannin; il s’applique soit en poudre, soit sous forme de glycérolé d’acide tannique.

Quand le pus est sécrété en grande abondance entre la gencive et le collet des dents, on aura soin de bien nettoyer le sillon qui

existe entre ces parties et de toucher le pourtour du collet des dents avec du chlorure de zinc fondu. On peut faire fondre ce sel au bout d’un slylet fin d’argent ou appliquer un fragment du bâton de ce caustique; à défaut de ces méthodes, on emploiera un tampon d’ouate saturé de la solution résultant de la déliquescence du sel.

L’application de phénate de soude suivant le môme procédé tend à entraver la sécrétion purulente; quant à la fétidité de l’haleine, on la corrigera à l’aide de collutoires de cette substance, dans la proportion d’une cuillerée à thé pour un verre d’eau.

Au lieu de la préparation française qui n’est pas toujours pure et a un goût et une odeur désagréables, j’emploie communément la formule suivante :

^ Acide pliénique . 1 partie

Liq. de potasse . i —

Eau . 8 —

Le crayon de nitrate d’argent passé sur le bord des gencives modifie quelquefois avantageusement l’action morbide.

11 existe une modification singulière de la gingivite chronique, dans laquelle, au lieu d’augmenter de volume et de présenter une surface irrégulière, les gencives semblent plutôt s’atrophier et offrent une surface lisse et polie et d’apparence marbrée; en môme temps, la maladie peut s’étendre à la voûte palatine. Cette forme s’accompagne d’une douleur aiguë intermittente qui peut se limiter à un seul côté de la bouche ou môme à la moitié de la mâchoire supérieure; cette douleur arrive très-souvent le soir I et tient le malade éveillé la moitié de la nuit. Les malades, atteints de la sorte qu'il m’a été donné d’observer, étaient pour la plupart j de pauvres femmes d’âge moyen, chez qui la menstruation était irrégulière ou avait complètement cessé; elles ont toujours guéri avec un léger apéritif tel que le sulfate ou le carbonate de magnésie, donné à petites doses deux fois par jour. Sous l’influence de cette médication, la douleur des gencives doit disparaître dans l’espace d’une semaine, de neuf jours au plus, et le retour à l’état normal ne se fera guère attendre.

I L’inflammation chronique des gencives peut revôtir des caractè- ! res complètement différents de ceux que nous avons décrits. Au

lieu de se gonfler et de s’indurer, les tissus deviennent pai'fois lâches, spongieux et très-vasculaires, saignant facilement au moindre attouchement et sont très-sensibles ; les gencives s’élèvent et recouvrent une portion considérable des couronnes dentaires. Les papilles qui garnissent leur surface grossissent considérablement, et les vaisseaux, dont les anses elles anastomoses sont si intéressantes à examiner au microscope, deviennent sinon plus nombreux, au moins très-allongés et fort dilatés. Je suis redevable à M. Roberts d’une préparation magnifiquement injectée d’une gencive enflammée, on pourrait dire scorbutique. Elle ne provient pas d’un sujet humain. Ayant injecté un singe, M. Roberts remarqua que les vaisseaux des gencives gonflées et enflammées avaient reçu l’injection. C’est cette pièce que représente la figure 206.

l'ig. 206. — Représente les vaisseaux injectés de gencives enflammées et assez tuméfiées pour recouvrir et masquer la plus grande partie de la face labiale des dents incisives. Cette préparation provient de la bouche d’un singe, injecté par M. Robei-ts, qui a bien voulu me permettre d’en reproduire le dessin.

Cette maladie peut se développer concurremment avec la carie dentaire et comme effet de cette altération des dents, les causes et l’affection elle-môme étant dans ce cas purement locales. Mais dans certaines conditions de l’économie où l’on constate une altération du fluide circulatoire — dans les maladies du sang, comme on les appelle souvent — tout l’ensemble des gencives peut être affecté de la sorte, et dans les maladies tenant de la nature du scorbut et du purpura, cet état particulier des tissus vasculaires oui avoisinent les dents forme un des traits caractéristiques.

Dans le scorbut les gencives sont très-atfectées; l’aspect de la

bouche est des plus caractéristiques; en effet, les lèvres et la langue sont pâles et contrastent singulièrement avec les gencives spongieuses de couleur rouge foncé qui remontent entre les dents et même au-dessus de ces organes, et saignent au moindre contact.

Dans les cas graves, le sang ne cesse de suinter des gencives ; celles-ci peuvent même se détruire et mettre à nu le collet des dents et les alvéoles; les dents ne tardent pas à s’ébranler et à tomber d’elles-mêmes.

Quelque chose d’analogue se présente dansle purpura ; pourtant le contraste qu’offrent les gencives et les lèvres n’est pas aussi prononcé et les lésions plus graves ne se montrent pas souvent.

Lorsque le malade est en voie d’amélioration, le retour des gencives à l’état normal sera accéléré par remploi d’applications astringentes et stimulantes ; mais il faut que l’affection générale soit à la période de déclin, pour que les topiques aient quelque avantage.

L’irritation provoquée par les pointes saillantes de dents cariées détermine parfois des ulcérations sur la membrane muqueuse de la joue ; la constance de l’irritation y amène quelquefois une induration capable de simuler, jusqu’à un point, l’épithélioma. M. Berkeley Hill a montré que chez les syphilitiques la muqueuse des joues, dans les points exposés au frottement, se gonfle, pâlit, et s’élève en crêtes ou plaques blanchâtres. On voit souvent, au sommet des crêtes, une légère ulcération qui, au contact d’une dent déchiquetée, prend une irritabilité particulière et tourmente beaucoup le malade.

On voit encore, mais c’est un accident rare, des gommes apparaître dans l’épaisseur de la joue. ,

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