ULCÉRATIONS DE LA LANGUE
Cet ouvrage ne comporte pas des considérations de quelque •étendue sur les affections de la langue, cependant il importe beaucoup au dentiste de se familiariser avec les caractères des ulcérations qui se présentent dans la bouche, puisque les unes dépendent de l’irritation provoquée par des dents déchiquetées et cariées, tandis que les autres y sont étrangères.
11 suffit des moindres rugosités de dents soit naturelles, soit artificielles,pour déterminer un ulcère superficiel chez une personne prédisposée à ce genre de perle de substance; les dyspeptiques y sont fort exposés; ces ulcérations vont et viennent avec rapidité, elles sont superficielles et sensibles, et ont des bords d’un rouge de feu; leur guérison ne demande le plus souvent que le contact de la pierre infernale.
Mais les pointes saillantes de dents cariées provoquent quelquefois des ulcères d’apparence bien autrement formidable; leur surface déchiquetée, sordide, verse une sécrétion d’odeur repoussante; dans certains cas, ils pénètrent profondément dans la substance de la langue.
Sans présenter l’induration caractéristique de l’épithélioma ou des ulcères syphilitiques, l’infiltration des tissus environnants par des exsudats inflammatoires y produit une certaine dureté; dans des cas plus rares, on voit une ulcération déterminée simplement par des irrégularités dentaires simuler à s’y méprendre l’épithélioma, par ses bords nettement délimités, indurés, et par sa surface ferme, comparativement propre.
L’action inflammatoire peut s’étendre à tout le plancher buccal, et déterminer un œdème assez prononcé pour gêner la déglutition et la parole. Le diagnostic de ces ulcères ne présente généralement que peu de difficulté; la rapidité de leur formation, leur forme irrégulière, leur surface sale et l’absence d’une base indurée bien franche servent à les distinguer des maladies plus sérieuses ; l’existence d’une dent à pointes saillantes lèverait tous les