SAUVE ET CALCULS SALIVAIRES
La salive parotidienne chez le chien se compose, d’après Bidder et Schmidt, de :
Matière organique (albumen et globuline)...
Chlorure de pot. et de socl .
Carbonate de chaux .
Eau .
La salive sons-maxillaire :
Matière organique (mucine avec traces d’albumine) .
Chlorure de pot. et de sod .
Phosphates et carbonates de chaux et de magnésie .
Eau .
On rencontre encore dans la salive des traces de sulfocyanure de potassium.
La salive subit de grandes altérations sous l’influence de certains états morbides locaux et généraux.
Commençons par l’exemple le plus simple : dans la stomatite, l’amygdalite, la pharyngite, il se fait une hypersécrétion du mucus buccal; comme conséquence la réaction acide augmente dans la bouche, et se traduit non-seulement par la décoloration du papier de tournesol, mais par la dissolution des dépôts de tartre qui recouvrent les dents et que l’on voit alors disparaître. Les différentes formes chroniques des affections buccales ou pharyngiennes ont la môme influence; citons particulièrementla pharyngite granuleuse. (Magitot, loc. cit.)
Dans le cours d’un grand nombre de maladies aiguës, la sécrétion de la salive est singulièrement affectée. Dans la variole, on voit souvent une salivation abondante ; mais, en règle générale, les pyrexies s’accompagnent d’une sécheresse de la langue, due à la suppression plus ou moins complète des produits fournis par les glandes salivaires, et, de la formation de fuliginosités sur les dents, due à une hypersécrétion muqueuse. « A ces deux circonstances vient se joindre, par suite de la diète, la suppression des mouvements masticatoires, qui permet aux mucosités de se déposer sur place et de se durcir. »
C’est en grande partie à cette cause qu’est due l’altération con-
sidérable des dents, pendant le cours des maladies graves; ces masses concrètes de mucus deviennent le réceptacle d’autres matières fermentescibles, et il s’établit au contact des dents un foyer de fermentation, qui se traduit par une réaction fortement acide.
L’état des sécrétions buccales est singulièrement modifié par certains désordres chroniques, parmi lesquels, la dyspepsie exerce peut-être la plus grande influence.
Le liquide sécrété par les glandes est alors extraordinairement riche en principes albumineux visqueux, tandis que la sécrétion muqueuse est exagérée.
Dans cet état la salive se laisse étirer en longs filaments lorsque le malade ouvre les mâchoires ou que l’on touche avec le doigt l’un des points de la membrane muqueuse; il n’est pas de dentistes qui ne connaissent la relation qui existe entre cette condition du fluide buccal et la production de caries à marche rapide; nous y reviendrons d’ailleurs dans l’appendice consacré à Y étiologie de la carie dentaire, nous contentant d’observer ici que le dépôt de tartre, composé de carbonate de chaux, ne se voit presque jamais dans de semblables conditions.
Tartre. — La salive, conjointement avec le mucus buccal et le mucus pulmonaire, tient en dissolution des sels divers, qui se précipitent en quantité plus ou moins considérable sur les dents naturelles ou artificielles, aux points où les liquides de la bouche peuvent séjourner. Des lamelles épithéliales et les au 1res matières étrangères qui peuvent être suspendues dans les fluides buccaux ou se trouvent engagées entre les dents, se condensent avec les sels précipités et contribuent de la sorte à former les concrétions connues sous le nom de tartre.
Simon dit : « Le tartre des dents humaines se compose de plios- « phates terreux, de lamelles épithéliales, d’un peu de ptyaline et «de graisse; examiné au microscope on y voit en abondance « de l’épithélium pavimenteux et des globules muqueux; et de « plus de nombreux corps en forme d’aiguilles allongées avec des « infusoires des genres vibrio et monas. »
D’après Berzélius, le tartre se compose de : -
Phosphates terreux. ... . “lO
Mucus salivaire . ... . I V, 5
Ptyaline . . . I
Matière animale soluble dans l’acide clilorhydrique. 7 ,5
SALIVE ET CALCULS SaLIVAIBES-
Mais il n’v a pas deux analyses de tartre qni donnent le même résullal, par la raison Tarie infiniment dans sa composition. Ainsi, examine-t-on dn tartre déposé près de Tembonchare do canal de Slénon, on y trocTen beaucoup de carbonate de [ chaox, tandis que celai qui se dépose snr les incisiyes inférieures, j contient pen de carbonate, mais one grande proportion de phosphate de chaox.
Les dentistes ont décrit plosiecrs xariétés de t^tre qu’ils ont dénommées d’après leur couleur et leur densité. Il y a ainsi, le tartre noir, le vert et le jaune. Celte division ne repose, autant que je sache, snr aucune différence de composition et peut en conséquence être écartée. Selon moi, le plus souxent ces variations physiques tiennent au temps exigé pour la formation du tartre ou aux habitudes des individus.
Ainsi quand le tartre se dépose rapidement, il est ordinairement mou et jaune: tandis que, s’il se forme avec lenteur, il est de couleur foncée et dur. D’autre part chez ceux qui fument beaucoup, le tartre est brun foncé ou noir. Les denfs dont une racine s’est nécrosée et dépouillée de son périoste offrent souvent sur la partie
i mortifiée des nodosités de tartre verdâtre très-dur, qui pendant qu’elles se déposaient, baignaient dans le pus sécrété par la memi brane alvéolaire. Le tartre n’est pas un agent actif de corrosion.
I amenant la destruction de la racine, comme quelques dentistes l'ont 1 supposé, mais sa présence est au contraire la conséquence de la nécrose et de la dénudation de celte dernière.
: Les points où ces concrétions se trouvent en plus grande quan-
p lilé sont la face postérieure des incisives inférieures et la face externe ou labiale des molaires supérieures. La présence du tartre en ce dernier endroit s’explique très-facilement par la particularité qu'offre la salive parotidienne de déposer du carbonate de chaux lorsqu'elle est exposée à l’air. Dans Tau Ire point, il existe une réaction alcaline constante, entretenue par le tlot de salive glandulaire qui r.e cesse de baigner les parties: or, les dépôts considérables de tartre ne sont possibles que lorsqu'il existe une réaction alcaline, c’est ce qui a fait naître l’idée que le tartre est un préservateur des dents, tandis que ces concrétions ne peuvent se former en grandes masses que dans une bouche dont la condition rend les progrès de la carie lents.
Si l’on fend avec précaution un morceau de tartre dans une di-
recüon verticale, on verra qu’il présente la forme d’un coin, dont la base répond à la gencive. La surface qui regarde la langue ou la joue est ordinairement lisse, mais celle qui appuie contre la gencive est rugueuse, et c’est sur cette dernière que s’ajoutent la plupart des nouvelles couches. Les gencives s’irritent et s’enflamment au contact de la surface rugueuse du tartre; les alvéoles se résorbent, la gencive se retire pour laisser place à de nouvelles accumulations des sels salivaires. Le tartre n’attaque pas directement les tissus dentaires, mais il a sur les gencives et les alvéoles une action destructive qui retentit sur les dents en les privant de leurs alvéoles.
Ces concrétions se déposent parfois en si grande quantité qu’on les a vues entourer non-seulement les couronnes, mais la totalité des racines de plusieurs dents contiguës, qui se trouvaient ainsi ensevelies au milieu d’une masse informe de tartre. Les frottements de la mastication s’opposent en grande partie à la production de ces incrustations; les soins journaliers au moyen de -la brosse feront beaucoup pour empêcher le dépôt de tartre sur les dents, mais quand il s’en est déposé, il faut l’enlever de fois à autre à l’aide d’instruments spéciaux.
L’accumulation considérable d’un tartre, riche en matériaux organiques, donne à Tbaleine une odeur insupportable et irrite les gencives, qui sécrètent un produit sanieux et fétide; mais le dépôt lent d’un tartre très-compacte, dur, en petites quantités, sur le bord gingival, se rencontre dans la bouche des personnes les plus saines et peut être à peu près considéré comme un phénomène normal.
Il importe, lorsqu’on enlève le tartre, d’en détacher jusqu’aux dernières parcelles, le bénéfice de l’opération en dépend en grande partie; car les petits fragments, qu’on laisserait, deviendraient autant de points de départ pour sa reproduction. Une fois les concrétions tartreuses enlevées à l’aide d’instruments d’acier appropriés {écailloirs)y on polira la surface des dents avec un morceau de bois chargé de poudre de pierre ponce.
Les poudres dentifrices capables de dissoudre le tartre attaqueraient aussi les dents, il faut donc les laisser de côté.
Chez les enfants, les dents permanentes, à peine sorties de la gencive, sont exposées à se déparer par suite du dépôt d’un pigment vert foncé sur la surface de l’émail près de son bord terminal. S’il