DUES A L’IRRITATION RÉSULTANT DE MALADIES DES DENTS
La ressemblance, pour ne pas dire la parenté, qui paraît exister entre les diverses névroses, telles que l’épilepsie, la chorée, la névralgie et les affections semblables, a déjà été signalée; or, quand on considère l’association fréquente de la -névralgie avec toutes sortes de désordres secondaires, on se demande s’il n’y aurait pas avantage à étudier ceux-ci au même chapitre que la névralgie. Cependant leur groupement peut offrir plus de commodité, et c’est là ce qui nous a décidé à consacrer à leur examen une section particulière (1).
Les troubles réflexes, productifs d’une sensation de douleur, ont déjà été mentionnés; nous avons également fait allusion, en passant, à leur influence sur les appareils moteur et sécrétoire. En outre, la nutrition des parties peut être profondément modifiée, l’œil en offre des exemples qui ne sont pas très-rares.
Tœs rapports intimes de la cinquième paire avec le grand sympathique par rintermédiaire des ganglions ciliaire, otique, sphénopalatin et sous-maxillaire servent à montrer jusqu’à un certain point le trajet que suivent ces influences pour modifier la nutrition.
Nous avons déjà dit que, dans certains cas de névralgie, le spasme tonique ou clonique des muscles faciaux, affectant tantôt un ou deux muscles seulement, tantôt tout le côté de la face, n’est pas trèsrare ; ces cas peuvent se transformer presque imperceptiblement en attaques épileptiformes typiques.
Ainsi M. Coleman {Brit. Journ. Dental Science, 1803) a rapporté quatre observations dans lesquelles des convulsions cédèrent
(1) La rédaction de cette partie de l’ouvrage m’a été singulièrement facilitée (et je ne veux pas laisser passer l’occasion de le reconnaître) par une liste très-complète d’observations dressée par le professeur VVedl {Pathologie der Zalin», p. 3S3 et seq.) ; par des observations que MM. Hilton et Hancock ont publiées dans la Lxncette (1859 et 1861) ; et par un article de M. Salter, Gwj’s Hospital Reports. (3® série, vol. XIll, 1867).
à l’extraclion de dents cariées ; les convulsions étaient légères et se limitaient dans quelques exemples à la face et au bras; des sensations de fourmillement et un degré variable de paralysie du bras sont également notés. On trouvera encore, dans le même journal, la citation d’un cas du Baly, dans lequel l’épilepsie fut guérie par l’extraction d’une dent cariée. .
Épilepsie. — Le D'" Brown-Séquard remarque, dans la description de ses expériences sur la production artificielle de l’épilepsie chez Tes animaux que, à la suite de lésions variées de la moelle épinière sur des cochons d’Inde, il suffit de la moindre irritation des branches du trijumeau pour provoquer une convulsion épileptiforme ; dans certains cas le simple chatouillement de la peau produit cet effet. Rappelons-nous encore que,'dans plusieurs exemples, l’épilepsie a été provoquée par l’irritation résultant de la compression de certains nerfs par des tumeurs, et qu’elle a été guérie par la section des nerfs affectés, et nous serons moins surpris de sa connexion indubitable, dans un petit nombre de cas, avec des lésions dentaires. Le lien qui rattache les convulsions de l’enfance à la percée des dents de lait est des plus évidents d.ans un grand nombre de cas (voy. page 48) ; Portai rapporte que, à cette époque, l’extraction de dents saines a immédiatement arrêté les convulsions, après l’échec de tous les autres moyens. (^Portai, Observations sur l'épilepsie, p. 333).
L’apparition de convulsions à la période de la seconde dentition est très-rare; on a cependant, si je ne me trompe, rencontré des exemples dans lesquels des attaques épileptiformes ont accompagné l’éruption delà série des dents permanentes chez des enfants sains jusque-là, attaques qui cessèrent avec l’achèvement du travail de la dentition (1). Mais la difficulté de l’éruption des dents de sagesse a été reconnue d’une manière évidente, dans plusieurs cas, comme la cause excitante de convulsions épileptiformes. Dans une observation, rapportée par Portai {op. cit., p. 20G) ces convulsions se limitaient à un côté de la face;' elles étaient très-violentes et accompagnées de douleur extrêmement intense; dans ce cas, la dent ne fut pas enlevée, mais les attaques qui avaient débuté avec le commencement de l’éruption de l’organe disparurent entièrement avec l’achèvement du travail.
(1) Ashburner, on De7ilUîon ; docteur ^\cs^, on Nei'vous disorders of Chüdhood ; Weld, Pathologie der Z ahne.