AFFECTIONS SECONDAIRES : — DÉSORDRES DE LA NUTRITION. 53T
plus de six mois d’un torticolis spasmodique et avait été soumise^ inutilement, au traitement ordinaire des contre-irritants ,et de divers remèdes internes. En l’absence d’antres indications, M. Hancock conseilla l’avulsion d’un chicot et d’une dent cariée du côté correspondant de la bouche; quelques jours après, le torticolis avait complètement disparu. Dans ce cas, les dents n’avaient fait éprouver aucune douleur à la malade. Le D^’ Anstie remarque, dans son récent ouvrage, qu’il est rare de voir ces affections spasmodiques particulières s’associer directement avec la névralgie du trijumeau ; mais qu’elles se rencontrent seulement chez des familles hautement névralgiques.
Chez un autre malade, un strabisme datant de trois ans et une ptosis de quinze jours de durée se trouvèrent symptomatiques de la carie de molaires supérieures et cédèrent à l’extraction de ces dents ; le malade était adulte {/oc. cit.).
Fox rapporte un cas de névralgie atroce, dans lequel le malade ne pouvait prendre que des liquides, parce que au moindre contact les dents provoquaient un paroxysme. Il y avait salivation abondante et chute de la paupière. La blépharoptose disparut deux jours après l’avulsion d’une molaire supérieure cariée, mais les autres symptômes ne cédèrent qu’à l’extraction de toutes les dents restantes. Les racines étaient affectées d’exostose.
Désordres de la nutrition. — Les fonctions nutritives n’écbappent pas toujours aux troubles provoqués par la névralgie de la cinquième paire; l’influence morbide se transmet probablement par l’intermédiaire des ganglions en relation avec le trijumeau; nous avons déjà signalé l’apparition fréquente d’une salivation et d’un larmoiement abondants ; à ces troubles peuvent s’ajouter des manifestations de la maladie encore plus curieuses.
M. Hilton (I) a plusieurs fois remarqué que, sous l’influence de lésions, organiques ou fonctionnelles de la cinquième paire, la langue n’était chargée que d’un seul côté. Dans la première observation, le ganglion de Casser était le siège de tubercules; dans les autres, le dépôt unilatéral de la langue semblait dépendre de la présence de molaires supérieures cariées, puisque, dans chacun de ces cas, l’enduit disparut peu après l’extraction de la dent. M. Hilton fait observer que ces phénomènes, de l’existence desquels
(1) Lectures delivered at the royal college of Surgeoiis {Lancet), 1861.
il est convaincu, s’expliqueraient plus facilement s’ils dépendaient de la carie de dents inférieures; car la langue est innervée par la branche maxillaire inférieure ou troisième division de la cinquième paire; néanmoins, les sièges variés des douleurs névralgiques démontrent l’intimité qui existe entre toutes les parties du nerf et la facilité avec laquelle l’irritation se transmet d’un point à un autre de son trajet. On trouve dans cette leçon, un exemple curieux de désordre nutritif, dû à la même cause; le malade vit ses cheveux blanchir tout à fait sur l’une des tempes, à la suite d’une névralgie dentaire. Ce trouble réflexe de la fonction nutritive alla assez loin, chez feu le docteur Addison, pour produire un écoulement purulent et fétide de l’une des oreilles, provenant d’une légère ulcération du conduit auditif.
Cet état de choses ne tarda pas à céder complètement à l’extraction d’une molaire inférieure cariée.
Des bruits subjectifs et des douleurs névralgiques peuvent se produire dans les oreilles, sous l’influence de lésions dentaires. Le docteur Harvey a vu un exemple d’otalgie intense et d’écoulement fétide de l’oreille externe symptomatique de la carie d’une dent de sagesse.
Affections secondaires de l’œil. — On a rapporté un trèsgrand nombra d’exemples bien authentiques, dans lesquels nonseulement des désordres fonctionnels, mais des maladies organiques de l’œil ont été rattachés, d’une manière évidente à la présence d’altérations dentaires.
De l’avis de V. Stellwag, l’irritation se transmet par l’intermédiaire du ganglion ciliaire ; il en résulte de l’hypérémie et de l’hyperesthésie qui peuvent être l’origine de sérieuses lésions organiques.
Nous avons déjà signalé la congestion de la conjonctive provoquée par l’irritation de la cinquième paire; or, que cette irritation soit entretenue un certain temps, il en pourra résulter un état d’inflammation chronique.
La place nous manque pour reproduire les observations nombreuses que renferment les annales de la science; un extrait de quelques-unes des plus intéressantes nous permettra de donner une idée suffisante du caractère général de ces cas.
Un malade de M. Hancock {loc. cit.) devint tout à coup aveugle ; à l’examen, les pupilles étaient fixes et dilatées ; l’absence complète