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RESSERREMENT DES MACnOIRES.
épuisés parTefTet des exanthèmes, aussi bien quedansle cancrum ons ; €es cas sont au nombre de ceux qui résistent le plus au traitement.
M. IJeath (1), citant le Prof. Esmarcb, montre que l’impossibilité d’ouvrir la bouche dans les cas de ce genre, lient moins à la présence d’adhérences réelles, unissant les mcicboires entre elles, qu’à la destruction de la muqueuse de la joue, membrane si élastique et si dilatable, et à son remplacement par une cicatrice dense et résistante.
C'est pourquoi, dans tous les procédés opératoires, le but du chirurgien n’est pas simplement de diviser les brides cicatricielles, mais de restaurer la membrane muqueuse extensible ; et lorsqu’il ne reste pas de portions de membrane muqueuse dont on puisse tirer partie, on ne saurait espérer soulager le malade plus rapidor ment que par la formation d’une fausse arliculation en avant des adhérences. Cette opération, qui porte le nom du Prof. Esmarcb, consiste à enlever avec une scie un fragment en forme de coin de la branche horizontale du maxillaire inférieur. Pour plus de détails sur l’opération, nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage cité plus haut de M. Ileatb. Quand on croit possible d’atténuer le mal en divisant les cicatrices à l’intérieur de la bouche, on doit faire tous ses efforts pour rétablir le sillon qui existe normalement entre les dents et la joue et le recouvrir de membrane muqueuse. On y est parvenu à l’aide de gouttières d’argent, coiffant les dents et descendant à l’extérieur des bords alvéolaires, de manière à empêcher les adhérences de se former en ce point. Dans l’opinion de M. Healh {op. cü., p. 340), on peut voir se reproduire ainsi la membrane muqueuse, dans des cas où aucune partie n’avait échappé à la destruction.
E’ankylose de l’articulation temporo-maxillaire est assez rare ; on l’a vue survenir à la suite de blessures ; quelquefois elle paraît èire idiopathique.
Dernièrement j’ai rencontré un cas dans lequel une ankylosé presque complète s'était produite lentement après une chute sur le menton; la mobilité de la mâchoire avait décru peu à peu pendant deux ou trois ans. Dans un cas analogue, si l’on n’oblenait rien des bâillons à vis ou autres moyens mécaniques semblables, on pourrait établir une fausse articulation par la division de la branche montante, aussi haut que possible.
(I) Injuries and Diseuses of the Jaws, p. 337, 2«' édit., 187
LÉSIONS MÉCANIQUES DES DENTS
Abrasion. — Lorsque, par suite de la perle d’un certain nombre de dents, l’acte de la mastication ne s’exerce plus qu’avec un nombre restreint, il peut survenir des lésions considérables produites par l’usure des couronnes, surtout quand l’antagonisme des séries supérieure et inférieure se trouve dérangé. La couronne d’une dent peut être détruite de manière à ne laisser subsister qu’un côté, où l’émail présente un bord tranchant ; ou bien une dent du bas peut frapper obliquement sur son antagoniste et l’user peu à peu d’un côté, jusqu’au point de perforer la paroi de la cavité de la pulpe.
Le bord tranchant et déchiqueté de l’émail, saillant au-dessus. du niveau général d’une dent, doit être soigneusement réduit à l’aide d’une lime fine ; car, outre qu’il pourrait blesser la langue ou les lèvres, la dent elle-même pourrait finir par s’en trouver lésée. Tôt ou tard la partie saillante se briserait et entraînerait bien probablement avec elle une partie considérable de l’organe. Aux dents de devant, cet accident arrive fréquemment quand on laisse subsister un bord d’émail mince et déchiqueté.
Quand la lime a rempli son office, il faut polir soigneusement la surface à l’aide d’un morceau d’Arkansas, ou d’autre pierre convenable.
Une aulre forme û*abrasio7i peut se produire par l’action de la brosse à dents au collet des dents, ou aux endroits mal protégés par l’émail ou par la gencive. Les dents se creusent insensiblement de sillons transversaux parfaitement polis.
La présence de ces sillons a été par beaucoup d’auteurs attribuée à autre chose qu’à une action mécanique. Ils l’ont mise sur le compte de l’érosion, entendant par ce mot une sorte d’ulcération, comme dans l’expression « ulcération érosive.'»
Dans de nombreux cas soumis à mon observation, cette perte de substance pouvait se rapporter à l’action de la brosse ou à une ac-
LÉSIONS MÉCANIQUES DES DENTS
tion mécanique d’un autre genre. Ce sont presque invariablement les dents qui proéminent davantage, ou celles dont l’émail est évidemment défectueux, qui se creusent le plus. D’autre part, chez les droitiers, les organes du côté gauche de la bouche souffrent
FUj. 233. — Instrument propre à porter un petit fragment de pierre d’Arkansas ou autre destiné à polir la surface de dents limées, ou à préparer à l’action du brunissoir la surface d’une aurification.
plus que ceux du côté droit; chez les gauchers, c’est le contraire. Le sillon se limite toujours à la surface labiale et aux points de cette surface qui sont exposés à l’action de la brosse.
Traitement. — Quand un sillon s’est ainsi produit, on ne peut que
,o86 TR4ITÉ DE CHIRURGIE DENTAIRE.
conseiller au malade de se soustraiTe aux causes, qui l’ont provoqué. Mais, en voulant empêcher le mal de s’étendre, il faut prendre garde que le malade ne se jette dans une voie encore pire. Point de brosses dures, point de poudres dentifrices capables d’user les tissus. Mais il n’en faut pas moins tenir les dents dans un grand état de propreté, sans quoi la surface polie du sillon disparaîtrait, la dentine mise à nu subirait l’action des fluides buccaux, et l’on verrait s’établir la carie.