DES OS DU PIED
653. Le traitement varie suivant que la fracture est transversale, oblique , située près de l’articulation du genou, ou compliquée de lésion des parties molles.
654. Dans les fractures transversales simples la réduction est toujours facile. Pour la faire un aide saisitle membre au-dessus du genou ; un second aide saisit le talon d’une main, et applique l’autre sur le coude-pied. Une faible extension suffit ordinairement pour remettre les fragmens en place. Comme ces fragmens ont peu de tendance à un nouveau déplacement, il suffît d’appliquer l’appareil contentif simple.
On place sur la jambe deux compresses mouillées qui en recouvrent environ les deux tiers, on enveloppe alors la jambe, mais de bas en haut , dans l’appareil de Sculxex ; de chaque côté du membre se trouve une attelle qui dépasse les articulations du pied et du genou : ces attelles sont roulées, jusqu'à deux travers de doigt de la jambe, dans les extrémités d’un drap fanon. L’intervalle qui les sépare du membre estrempli pardes sachetsde balles d’avoine; sur la partie antérieure on place un sachet plus petit, et au-dessus une attelle qui s’étend avec l’articulation du pied à l’épine du tibia; on assujettit tout l’appareil à l’aide de trois liens de fil ; celui qui est appliqué au niveau de la fracture doit être noué le premier. A laplante du piedest placée une compresse dont les extrémités, se croisant sur le coude-pied, sont fixées de chaque côté de l’appareil. On place la jambe sur un large coussin de balles d’avoine de manière à ce qu’elle soit légèrement fléchie dans l’articulation du genou. Il faut également avoir soin que le talon repose dans un enfoncement.
Dans les premiers jours on arrose de temps en temps, avec un liquide résolutif, l’appareil, que l’on renouvelle tous les sept ou huit jours. Vers le quarantième ou le cinquantième jour la consolidation est complète ; on lève alors définitivement l’appareil, et on le remplace par un bandage roulé.
655. Les fractures obliques sont aussi ordinairement faciles à réduire ; mais l’appareil contentif simple ne saurait suffire pour maintenir les fragmens en contact, car, à cause de leur forme, ne pouvant se prêter un mutuel appui , ils se déplacent facilement. L’appareil de Poscn (1) ou la machine de Sauxer sont lés plus convenables pour l’extension permanente.
656. Les fractures de la jambe pr'es de l'articulation du genou se réduisent facilement lorsque l’on a so;n de mettre le membre dans la demie-flexion : celte position doit être conservée pendant le cours du traitement. On applique l’appareil contentif; seulement on ne se sert que de trois attelles : l'une est appliquée sur la face antérieure, une autre sur la face interne, et la troisième surlaface postérieure. Celte dernière peut être appliquée sur le côté externe; ou bien encore on place le membre sur le double plan incliné. — Lorsque la tête du tibia est fractu-
0) Beschreibung ciner Jlascbinc, '.tas Fussbcil genannt. vie:me, 1774. •
lfO-
rée obliquement, la janibe doit être placée dans l’extension, et enveloppée du bandage contentif. On doit de bonne heure faire exécuter au membre quelques mouvemens afin de prévenir sa raideur.
657. Les fractures de la jambe sont souvent compliquées d’une plaie qui peut être déterminée par l’instrument vulnérant, ou par la pointe des fragmens qui se porte en dehors. — Dans ce dernier cas la plaie doit être agrandie : quelquefois on ne peut faire la réduction qu’en réséquant un des fragmens. — La position et la direction de la fracture indiqueront l’espèce d’appareil que l’on devra appliquer. Dans ces cas l’appareil contentif a l’inconvénient d’avoir besoin d’être renouvelé trop souvent. Les appareils qui offrent le plus d’avantage sont les machines à suspension qui laissent la jambe libre , et qui permettent de panser facilement la plaie. La ma chine de Braun (1) est un appareil à suspension sim pie, et ne saurait convenir que dans les cas où les fragmens n’ont, après la réduction, aucune tendance au déplacement. Lorsque cette tendanceexiste, l’appareil de Posch modifié par Eischheimer (2) ou la machine de Sauxer remplissent mieux les indications. Ces deux machines ont l’avantage non-seulement de suspendre la jambe , mais encore de faire une extension permanente.
La machine de Koppenstracller (3) ressemble, dans presque toutes ses parties, A l'appareil de Sauter.
Graefe, Journal fiir Chirurgie, vol. IV, cah. Il, page 197.
L’appareil de Prael , qui réunit les avantages de la suspension à la facilite de changer le décubitus de côté, a été modifié par Nusbaumer (4).
Meyer , Mémoire sur l’hyponarthécie, etc. Paris, 1827.
Dornblüth , Bemerkungen iiber eine Beliandlungsart der Unterschcnkeibriîcbe , etc. Neustrelitz , 1827.
Elderton , Edinb. medical and surgirai Journal , 1824 mars.
Amesbury . On tbe Ireatement of fractures, etc. Lond
Richler , Handbuch der l.ehre von den Brüchen , etc. , page 450.