‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 102 sur 444 · I. Fausses articulations · texte numérisé non relu

I. Fausses articulations

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Oppenheim , Ueber die Behandlung der falschen Gelenke. dans le Magasin de Rust , vol. XXVII, page 303. On trouve dans ce mémoire tous les cas connus de guérison de fausses articulations.

S ans on , Dictionnaire de méd. et de chirurg. pratiques, T. 111, page 491 .

Marx et Paillard, Journal hebd., T. XII, p. 97.

660. Lorsque les extrémités d’une fracture ne s’unissent pas au moyen d’un cal solide, qu’elles se recouvrent d’une substance cartilagineuse, ou que des parties molles se placent entre elles, il se forme ce qu’on appelle une fausse articulation ( articulatio prœternaturalis , pseudarthrosis) . Dans ce cas les fragmens restent mobiles , les mouvemens naturels du membre sont sensiblement altérés, si ce n’est rendus tout-à-fait impossibles.

661. Une semblable articulationpeut dépendre de la réduction mal faite d’une fracture , de mouvemens trop fréquens du membre fracturé, de l’interposition de parties molles qui tiendraient les fragmens écartés , d’une altération particulière de l’os , du développement d’hydatides dans son intérieur (Düpuytren (1), de certaines dyscrasies, d’un âge avancé. Une réunion parfaite des extrémités d’une fracture peut encore céder à l’influence de certaines causes; la masse osseuse de formation nouvelle peut être résorbée , et les extrémités de la fracture n’être plus réunies que par une substance cartilagineuse. En général une fausse articulation dépend d’une activité trop grande de résorption par rapport à la force d’ossification. Les caractères que présente une semblable articulation n’ont aucune espèce d’analogie avec ceux d’une articulation naturelle. — L’époque où l’on peut espérer qu’une consolidation parfaite est encore possible varie beaucoup ; cependant on peut croire à l’existence d’une fausse articulation lorsque plus de six mois se sont écoulés depuis le moment de la fracture , et que les fragmens sont encore mobiles. On a observé de fausses articulations à tous les os; cependant elles sont plus fréquentes à l’humérus.

662. Le traitement des fausses articulations doit être aussi varié que les causes qui y ont donné lieu. La cause qui peut les déterminer doit être combattue dès que la fracture a eu lieu; car, du moment où elles se sont établies on ne peut obtenir la consolidation qu’en ramenant les surfaces munies de cartilage à l’état d’une solution de continuité récente , c’est-àdire en rappelant en elles un certain degié d’inflammation ; soit en frottant l’une contre l’autre les extrémités de la fracture, soit en les réséquant, soit en passant entre elles un séton, etc.

663. Le frottement des extrémités d’une fracture et l’application consécutive d’un appareil convenable ne peuvent avoir de bons résultats qu’autant qu’on opère pendant que la fausse articulation s’établit ; car , hors de cette époque , on peut

(1) Journal hcb. T. XII , Clinique chirug. de l’Ilôtel-Dieu, par Marx et Pal Parti.

FAUSSES ARTICULATIONS

rarement déterminer une inflammation assez vive. C’est encore dans le but d’exciter cette inflammation que l’on a imaginé de fixer les extrémités de la fracture ayec des bandages tels qu’ils permissent le frottement des extrémités pendant la station et la marche.

Dans des cas de ce genre j’ai obtenu de bons effets en plaçant autour du membre des attelles de carton mouillées, les assujetissant avec l’appareil de Scultet , des attelles médiates et des coussins ; le tout suffisamment serré.

Wright (l), a communiqué trois cas de guérison de fausses articulations , qu’il a obtenues à l’aide du bandage compressif.

Hambourg. Magazin der auslaend. Litteratur, janvier, février 1829 , page 148.

Fleury , Des effets de la compression dans le traitement des fausses articulations. Mémorial des hôpitaux du midi , par Delpech , sept. 1830, page 539.

Il est bon de faire mention de la scarification et de la cautérisation des extrémités de l’os après les avoir fait sortir à travers les parties molles convenablement incisées.

Weilingcr , Magasin de Rust} vol. XXXIV, page 330.

664. Pour pratiquer la résection dés extrémités de l’os fracturé on doit faire, sur le côté du membre où l’os est le plus saillant , où les troncs nerveux et vasculaires peuvent être aisément ménagés, une incision longitudinale à travers laquelle l’os puisse faire saillie, et être séparé des parties molles qui lui sont adhérentes ; alors, une large attelle étant placée entre l’os et les parties molles, on fait avec une scie la résection, d’abord de l’extrémité inférieure , puis de l’extrémité supérieure ; on doit faire la ligature des ■vaisseaux à mesure qu’onïes divise. L’opérationélant terminée, on place les fragmens dans leur situation naturelle ; on les met en contact , et le pansement est le même que celui des fractures compliquées de plaie.

Il arrive quelquefois que les fragmens sont trop profondément enfoncés dans les chairs, et qu’il est très-difficile de les faire sortir par l'ouverture pratiquée. Dans ces cas Dupuylren s’est servi avec de grands avantages de la scie à chaînons , assez facile à introduire dans la profondeur des parties molles , à laquelle on peut aisément faire contourner le fragment que l’on veut attaquer. Cette scie a l’avantage de réséquer avec la même rapidité que la scie à branches, et n’expose pas au tiraillement que nécessite souvent la sortie des fragmens.

Souvent aussi il est extrêmement difficile et, dans quelques cas, impossible d’arriver à l’un des fragmens, qui quelquefois est très-court, et enveloppé de beaucoup de muscles, et surtout peu mobile lorsqu’il se trouve à la partie supérieure du membre. Dans ces cas il serait imprudent de vouloir tenter sa résection ; mais l’expérience a appris à Dupuytren que, un seul des fragmens étant réséqué , et mis en contacL immédiat avec celui qu’on laisse intact , la consolidation peut encore avoir lieu.

Lorsque la fracture est très-oblique, et qu’on fait la résection de l’extrémité des fragmens , il faut avoir soin d’enlever une portion suffisante de ces extrémités pour que , étant mises en contact, il n’y ait point alongement du membre. Cet accident , quoique sans incommodité pour les membres supé-

(1) American Journal of medical sciences , vol. Il , page 270.

rieurs, n’est pas sans inconvénient pour les membres inférieurs.

11 ne peut jamais arriver dans les fractures transverses, mais seulement dans les obliques.

( Noie du traducteur.)

665. Pour passer un séton en procède de la manière suivante : on cherche , par une extension et une contre-extension convenables , à ramener les fragmens dans leur position normale , et même à faire en sorte que leurs extrémités soient un peu éloignées l'une de l’autre ; ensuite il faut chercher avec soin un lieu où on puisse introduire l’aiguille munie du séton, et lui faire traverser le membre sans léser ni vaisseau ni nerf considérables. Alors on enfonce l’aiguille en la dirigeant entre les extrémités des fragmens. Peut-être serait-il plus convenable , dans la majeure partie des cas, d’inciser les chairs des deux côtés d’un membre et jusqu’à l’os afin de conduire plus sûrement le séton entre les extrémités de l’os. Cela fait , on maintient lé membre dans une extension convenable, et chaque jour on fait courir le séton entre les fragmens jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que la consolidation commence. Si , au bout de trois ou quatre mois, aucune consolidation ne s’est opérée , tout espoir est perdu, et il ne reste de ressource, contre la fausse articulation , que l’amputation du membre.

W einhold (l), s’est servi avec avantage de l’aiguille tréphine, à l’aide de laquelle il passait un séton en forme de coin, et enduit d’un onguent irritant.

666. L’emploi du séton peut rencontrer de grandes difficultés , et être suivi de dangers assez grands, lorsque, par exemple, l’obliquité des fragmens ne permet pas l’introduction de l’aiguille à séton sans léser quelque tronc nerveux ou sanguin. Lorsque les fragmens ont tellement chevauché l’un sut l’autre qu’ils ne sont plus en contact que par une très-petite portion de leur étendue, il faut, par une extension permanente, les ramener à leur situation normale pour que le séton puisse être de quelque utilité.

667. L’introduction d’un séton est ordinairement plus simple et moins dangereuse que la résection des extrémités. Les suites de la résection peuvent être très-graves : une inflammation très-vive , une suppuration très-abondante, la gangrène et la mort peuvent en être le résultat. La résection de l’os de la cuisse peut être très-difficile et très-dangereuse : cependant elle a été faite avec succès (2). On a cru autrefois qu’elle était impraticable pour les membres formés de deux os; cependant Fricke (3) et Cittadini (4) l’ont pratiquée à l’avant-bras.

Troschel , Diss. de pseudarthrosi. Berlin, 1826.

Some? Guérison d’une fausse articulation à l’aide d’un fil

(1) Journal de Hufeland, mai 1826.

(2) Médico-chirurgical Transactions, vol. Il, page 47.

(3) Oppenheim , Ouvrage cité plus haut, page 242.

(4) Omodei , Annali universal, di medlciua , mars 1826, page 411.

BEC DE LIEVIIE.

de fer et de l'appareil à extension. Medico-Cbirurg. Transactions, vol. XVI.

Mathias Mayor , a employé avec succès le procédé suivant : il inclina assez les fragmens de la fausse articulation pour pouvoir glisser entre eux un très-gros trocart , laissa la canule huit heures en place, et profita de ce canal métallique pour faire passer, A plusieurs reprises, nn mandrin arrondi dans l’articulation anormale , en ayant eu soin de le plonger dans l’eau bouillante immédiatement avant son introduction. L’inflammation s’étant déclarée, le membre fut mis dans l’immobilité, et, au bout de trois mois, le malade était guéri.

(Note d u traducteur.)

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