C. Croûte laiteuse
Weitz, Ueber den Milehschorfdci' Kinder. Weimar, 1788.
IVtchmann, Jdcen zur Diagnoilik, vol. I, page 43.
Aulenrielh , Versucbe lür die praktische Heilkunde. Tu-
blnge, vol. I, cah. II.
741. La croûte laiteuse (crus ta lactea, tinea faciei ,) consiste dans des ulcères qui déterminent un prurit considérable , et qui commencent par de petites vésicules ayant leur siège aux joues, aux oreilles , au front ou au menton ; lorsqu’elles s’ouvrent, il s’en écoule une sérosité jaunâtre qui se dessèche en croûtes jaunâtres ou blanchâtres. L’écoulement que détermine l’ulcère est quelquefois peu abondant, d’autres fois très-considérable. Lescroûtess’étendent peu à peu sur toute la face , déterminent ordinairement des ophthalmies ; elles envahissent une partie de la tète , le cou , la poitrine et plusieurs autres parties. Les cnfans qui en sont affectés maigrissent rapidement.
Lorsque celte affection donne lien à un écoulement plus abondant, qu’elle consiste en de petites vésicules opaques, peu élevées au-dessus de la peau, analogues aux élevures de la ratine, elle envahit plus rapidement la face elles autres parties du corps où il se forme des croûtes opaques. Le plus souvent les enfans qui en sont affectés sont constamment agités, ont fréquemment des accès de fièvre , et offrent un aspest hideux. Dans ces cas ou désigne l’affection sous le nom de crusta serpiginosa.
742. La croûte laiteuse est en général une maladie dangereuse et d’une durée fort incertaine. Quelquefois elle disparait spontanément , sans laisser aucune, cicatrice : dans ces cas l’urine est trouble et d’une odeur analogue à l’urine de chat. Elle survient ordinairement dans les premières années de la vie. On la rencontre cependant à l’âge de quatre à sept ans, et même plus tard. Ses causes sont: une alimentation trop abondante, un tempérament pléthorique (dans ces cas l’affection est salutaire, et sa prompte suppression pourrait déterminer des accidens très-graves ) , une mauvaise assimilation, la dentition , une constitution scrofuleuse.
La croûte serpigineuse est toujours la croûte laiteuse compliquée d’une affection syphilitique que l’enfant a apportée en naissant , ou qu’il a reçue de
sa nourrice. C’est toujours une affection très-grave, qui peut durer longtemps , et déterminer les accidens les plus fâcheux.
Aulenrielh croit que la croûte serpigineuse reconnaît pour cause la gale , et il la regarde même comme la gale des enfans. Cette opinion est sans fondement, car on rencontre souvent , chez les enfans û la mamelle , la gale sous ses formes ordinaires, sans cependant qu’elle donne lieu à la croûte serpigineuse; et, d’un autre côte, on rencontre cette dernière sans que l’enfant ait été exposé à aucune des causes qui peuvent déterminer la gale.
743. Le traitement de la croûte laiteuse est local et général ; il doit varier suivant les causes. Il faut changer la nourriture de l’enfant, améliorer la santé de la nourrice, en choisir une autre, ou , si cela est impossible , sévrer l’enfant.
Lorsqu’il existe des saburres, on donne delà magnésie à l’intérieur ; s’il y a une affection scrofuleuse , on doit la combattre. Dans les cas les plus simples de cette affection ce traitement suffit pour en amener la guérison ; mais , s’il échoue , on prescrit la jacée, ou bien une décoction d’une demionce de chou vert dans du lait, que l’on administre matin et soir , ou bien encore une once de cette plante , desséchée et réduite en poudre , que l’on administre dans du lait ou dans de la bouillie. Dans les cas où cette affection est rebelle , ainsi que dans les cas de crusta serpiginosa , on a recours aux préparations d’antimoine, de soufre ou de mercure; mais il faut les administrer avec prudence , suivant l’âge et la conslitution de l’enfant. On ne doit point, pendant ce traitement , négliger les diaphoniques. Dans le traitement local il faut avoir grand soin de ne pas supprimer trop brusquement la sécrétion des ulcères : cette précaution doit être surtout prise si l’affection est ancienne. Pour détacher les croûtes H faut les couvrir de crème , d’iiuile , de décoctions émollientes, puis faire des lavages avec une solution aqueuse de sublimé. Lorsque la sensibilité de la peau est très-grande , et que les ulcères ont donné lieu à des excroissances, il faut avoir recours à l’oxyde de zinc, au sublimé, à l’huile d’olive unie à l’eau de chaux , au foie de soufre , etc. Les bains sultureux peuvent être très-utiles dans ces cas.
Von IVedehind (l) regarde la jacée comme étant sans effet. Ues lavages répétés deux fois par jour, avec une solution aqueuse de sublimé, devraient, selon lui, amener toujours la guérison , en quatre semaines au plus , sans porter aucune aiteiente à la santé générale de l’enfant. Si des engorgemens de ganglions ou des ulcères au cou persistent après la guérison de la teigne, il les lave assidûment avec la même préparation. Dans quelques cas très-rares il a été obligé davoir recours à t’œtbiops antimonial.
D. De la Gale.
JVichmann, /Etiologie dcrKraeUe. Ilanov., 1791. (I) Journal de Ilufcland, août 1822, page 27.