‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 119 sur 444 · GALE · texte numérisé non relu

GALE

Guldener von Lobes , Beobachtungen uber die Kraetze. Prague, 1795.

Ileldebrand } Bemerkungen ûberden Kraetz ausschlag. Hanoi'., 1 707.

Ackermann , Bemerkungen über die Kenntniss, etc., einiger krankbeiten, cab. II.

Wentzel , Die wahre Kraetze, etc. Bamberg, 1825.

744. ha gale ( psora , scabies,) consiste dans l’éruption de 'vésicules qui sont tantôt petites, semblables à des grains de millet, remplies d’une sérosité transparente, et entourée d’un cercle dur et rouge; tantôt plus grosses, remplies d’un matière purulente épaisse. Ces vésicules sont plus ou moins enllammées à leur circonférence ; elles se développent le plus souvent entre les doigts , sur la main et dans le pli des articulations; peu à peu elles s’étendent à tout le corps, rarement, cependant à la face; elles déterminent, pendant la nuit, ou lorsqu’on est en sueur, un vif sentiment de brûlure et de démangeaison; ces vésicules se dessèchent en croûtes ( scabies sicca ), ou bien elles s’ouvrent, et laissent s’échapper une sérosité âcre qui corrode les parties ( scabies humida ).

Si la gale est négligée, ou qu’elle soit brusquement supprimée, il survient , sur une même place , une grande quantité de vésicules qui deviennent confluentes, s’ouvrent, donnent issue à une matière ichoreuse, âcre, qui attaque les parties circon voisines; souvent, dans ces cas, il se forme des ulcères très-considérables qui se recouvrent de croûtes audessous desquelles le liquide âcre continue à suinter ; le bord de ces ulcères est épais et recouvert d’une quantité de vésicules psoriques ( ulcéra scabiosa ). L’aspect de ces ulcères, l’existence antérieure de la gale qui a pu être brusquement supprimée, ou qui persiste encore, peuvent servir au diagnostic.

745. La cause de la gale est contagieuse : elle se déclare peu de temps après le contact immédiat d’une personne déjà attaquée, ou bien encore par le contact d’objets infectés, tels que des habits, un lit, etc. La réceptivité pour cette maladie est très-variable; mais elle est favorisée par la malpropreté, un air vicié , une mauvaise nourriture , etc. Aussi rencontre-t-on le plus souvent celte affection chez les manouvriers, les mendians, dans les hôpitaux malpropres, etc. Le ciron de la gale (acarus scabiei), que l’on a trouvé dans le pus des pustules, et que quelques personnes regardent comme la cause même de la gale, ne me paraît qu’être secondaire, et se développer dans les pustules.

L’affection que l’on désigne sous le nom de fausse gale ( scabies spuria , symptomalica) , ressemble à la véritable gale par plusieurs de ses symptômes; cependant elle ne se manifeste pas d’abord ordinairement entre les doigts, ne démange pas autant lorsqu’on a chaud, et n’est pas contagieuse, quoique cependant elle puisse se changer en véritable gale. Dans certaines circonstances elle semble n'être qu’une variété d'herpès; elle survient ordinairement chez des gens d’une grande malpropreté , qui font usage de mauvais alimens, qui vivent dans un air détérioré, à la suite de la suppression d’un exutoire déjà ancien , surtout chez les personnes affectées de syphilis, de scrofules ou d’arthrite, au printemps, pendant la convalescence d’une maladie inflammatoire {scabies entied). Cette éruption fait souvent disparaître d’autres maladies.

746. La gale est tantôt facile, tantôt difficile à guérir; jamais elle n’est dangereuse quand on emploie un traitement convenable. Quand elle est négligés, et que les causes qui l’ont déterminée persistent, eliê change le plus souvenldeforme, les vésicules deviennent rares, il se forme des croûtes épaisses, il survient différentes affections de la peau. La maladie prend souvent les caractères de la lèpre squainmeuse; la peau et le tissu cellulaire s’indurent; les ulcérations s’étendent, et donnent lieu aux symptômes de l’affection générale que nous avons décrite (§ 691) en parlant des ulcères anciens. Il y a perle de l’appétit, faiblesse générale, fièvre hectique , tuméfaction des glandes, et engorgement des viscères de l’abdomen, si la gale s’unit à d’autres maladies, telles que les scrofules, la syphilis, le scorbut , la goutte , le rhumatisme, les catarrhes , etc.; et, dans ces cas , c-lle est très-rebelle et dangereuse. Si elle est brusquement supprimée , elle peut donner lieu à l’asthme, à l'inflammation du poumon, à la phthisie , à l’ascite, aux convulsions, à la cécité, à des affections articulaires, etc.

747. Pour le traitement la gale doit être divisée en simple et compliquée. La première, surtout lorsqu’elle affecte un individu bien portant d’ailleurs, qu’elle existe depuis un temps plus ou moins long, doit être toujours regardée comme une affection purement locale, et un traitement local suffit pour la faire disparaître ; mais, lorsqu’elle est compliquée, et unie à l’une des affections générales indiquées plus haut, on doit, pour le traitement, lenircomple de cette affection générale.

748. Dans la gale simple on doit avoir recours à l’un des nombreux remèdes externes qui détruisent les pustules, et déterminent une inflammation de la peau capable d’amener une desquamation. C’est d’après celte considération que l’on peut expliquer lo grand nombre de traitemens qui ont été préconisés contre la gale. Ils n’agissent tous que parce qu’ils contiennent des substances capables de déterminer l’inüammalion dont nous venons de parler, ou bien encore parce que cette dernière peut être occasionnée par la force que l’on emploie pour faire les frictions.

Les moyens externes qui ont été préconisés sont des lavages répétés que l’on fait avec de l’eau de savon, en ayant soin de changer souvent l’eau dont on se sert, d’observer une très-grande propreté, défaire des frictions avec de l’eau de savon et du soufre, ou bien avec de la graisse et du soufre seul ou uni aux préparations mercurielles, au sulfate de zinc, à l’acétate de plomb, à l’ammoniaque, etc. — L’onguent oxygéné, les solutions de sublimé, de sulfate de zinc , de foie de soufre, ont aussi trouvé des partisans, ainsi qtie le soufre aspiré en vapeur, comme l’ont proposé Gale et de Cakro. Enfin nous mentionnerons la méthode curative anglaise , dans laquelle le malade , tout déshabillé, est enveloppé de couvertures delaine, et frictionné surle corps , trois fois par jour , avec une once de sain-doux, de savon, de soufre ; au début et à la fin du traitement on prescrit des bains tièdes , et enfin on termine par des frictions de savon noir.

ULCÈRES IHPÉTIGIStUX. — GALE.

749. De tous ees moyens curatifs leliniment proposé par Iïorn et le savon noir m’ont paru les plus avantageux : leur application est simple, on peut se les procurer à bon marché , et, pendant le cours du traitement, il est facile au malade d’observer la plus grande propreté.

Les onguens gras sont, de tous les remèdes qu'on peut employer contre la gale, ceux qui sont les plus nuisibles, parce qu’ils font disparaître trop promptement l’affection, et déterminent facilement des métaslases, surtout lorsqu'ils sont préparés depuis longtemps , et parce qu'aussi leur emploi est extrêmement désagréable, et qu’il est presque impossible de tenir les malades propres. Les salles des hôpitaux où ce mode de traitement est adopté en sont une preuve irrécusable.

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