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Le Uniment de ÎTorn (1) (fleurs de soufre

1 partie; savon noir, 2 parties; eau, quant, sat.), est employé en frictions, quatre fois par jour, à la dose de 4 à 6 gros , sur toutes les parties affectées de la gale. On doit frotter assez fort et assezlongtemps pour que le malade éprouve un vif sentiment de brûlure, et que l’épiderme malade se détache. Pendant le cours du traitement on prescrit souvent des bains chauds.

Les frictions que l’on fait avec ce liniment doivent être trèsfortes, et assez prolongées pour que les phénomènes indiqués plus haut aient lieu. Aussi ne faut-il jamais les laisser faire au malade lui-même, mais bien les confier â un infirmier actif et infaligable. — J'ai vu des cas de gale invétérée, qui avaient résisté à tous les autres traitcmens, guérir complètement en peu de temps à l'aide de ce Uniment employé ainsi qu’il est indiqué plus haut.

751 .Fischer (2) recommande d’employer le savon gris ou noir ( sapo viridis) de la manière suivante :

Le malade, complètement nu , se frotte le malin tout le corps avec deux onces et demie à trois onces de savon gris . puis il passe une chemise blanche , et se inet au lit, qu’il doit garder pendant tout le temps du traitement ; le soir il se fait des frictions comme le matin, et avec la même quantité de savon. Le deuxième et le troisième jour il répète ces frictions , soir et malin , sur toutes les parties du corps. Du quatrième au sixième jour il ne doit plus employer que deux onces par friction. Au septième jour , époque à laquelle l’éruption n’occasionne plus aucune démangeaison, on prescrit un friction le matin, et le soir un bain d’eau de savon ; alors le traitement est terminé ; le linge et les habits du malade doivent être complètement changés. Lorsque, après le bain, on aperçoit encore quelques vésicules, il laut encore lrictionner pendant un ou deux jours la place qu’elles occupent. — En été le malade peut reprendre sc-s occupations immédiatement après ce traitement; en hiver il convient qu’il prenne quelques jours de repos. — Pendant le temps de frictions le malade ne reçoit aucune médication interne; la

(1 ) Offenlliohe Rechensrhaft iiber meinc zwoclfjaehrige Dienstliilirung, cio. Ecrliu, lSll, page 104.

(2) Graf, Lic.dclb. Lliniseh. Aunateu, vol. VII, page 554.

nourriture est simple : elle se compose indifféremment de potages , de légumes ou de viande ; le malade ne doit boire que de l’eau ; la température de la chambre qu’il occupe doit être, dans toutes les saisons, de 18 à 20 degrés Réaumuii.

752. Les phénomènes qui apparaissent pendant le cours de ce traitement sont les suivans : quelques heures après la première friction, la peau se tend, et il survient un léger sentiment de chaleur; peu à peu cette chaleur augmente; vers le troisième ou quatrième jour elle est si vive que les malades, suivant leurs expressions, croient être couchés sur un brasier. Le troisième jour est ordinairement le plus douloureux ; c’est aussi pendant ce jour que la peau, qui est rouge et enflammée , se couvre de petites vésieules transparentes qui sont très-rapprochées , et avec lesquelles se confondent celles de la gale. Le quatrième jour la rougeur persiste, les petites vésicules augmentent çà et là de volume, et s’entr’ouvrent comme dans la scarlatine. Le malade n’éprouve plus de démangeaison si ce n’est quelquefois la nuit. Dans les points où les frictions n’ont pas été régulièrement faites les vésicules transparentes que nous venons d’indiquer ne se dévoloppenl point complètement ; les anciennes persistent, ou il s’en développe de nouvelles. Enlrele cinquième et le sixième jour l’inflammation, la rougeur et la chaleur de la peau diminuent peu à peu dans tous les cas, et l’épiderme se détache en si grande quantité qu’un grand nombre de plaques d’un pouce de long tombent, et laissent voir un nouvel épiderme qui s’est formé audessous ; le sommeil est tranquille, et le malade se trouve bien sous tous les rapports. Dans le bain que l’on donne à la fin du traitement l’épiderme ancien achève de tomber, la peau ne présente plus aucune trace de rupture, et, s’il y a encore quelque reste d’ancien épiderme, il se détache spontanément dans les premiers jours qui suivent le traitement.

Graf fait faire, pendant les huit jours qui suivent le traitement, des frictions avec du suif, afin de diminuer la tension du nouvel épiderme, et de favoriser la chute du reste del’aneien. Lorsque lagaledure depuis plusieurs années, il administre , comme moyen préparatoire , un vomilif avec de l’émétique et un purgatif avec du sulfate de soude ; pendant les frictions il fait prendre â l’intérieur deux potions soufrées par jour, et continuer les frictions pendant huit jours. Dans les cas où les vésicules de la gale existent depuis plusieurs années il emploie seulement le savon. Mais, s’il existe une des co?nplications que nous avons indiquées plus haut , il faut avoir recours à un traitement interne qui lui soit approprié. — C’est à l’aide de ce traitement que Graf a guéri un éléphantiasis qui occupait toute la surface du corps.

753. Lorsque la gale est compliquée, il faut avoir recours eux moyens internes que nous avons en partie exposés plus haut, tels que le soufre seul ou uni à l’antimoine, les purgatifs, etc., qui précèdent le traitement local, ou qui sont administrés en même temps que lui. Lorsque le malade est affaibli par la longue durée de la gale, il faut employer les toniques; s’il y a une complication scrofuleuse, syphilitique, arthritique ou rhumatismale, ii faut ia corn-

ULCÈRES VÉHÉniENS.

battre par l'un des moyens indiqués précédemment.

754. Les ulcères qui se développent pendant le cours de cette affection doivent être lavés avec une solution de sublimé, d’eau phagédénique, et pansés avec de la pommade soufrée ou l’un des onguens indiqués plus haut. Si les ulcères existent depuis longtemps , il est convenable d’établir un cautère avant de solliciter leur guérison : cette dernière précaution ne doit jamais être négligée toutes les fois que la gale est ancienne.

755. Lorsque la gale disparaît subitement, il faut aussitôt chercher à la faire reparaître par des vésicatoires , des frictions irritantes, et même , si cela est nécessaire, par l’inoculation de la gale. Pendant ce temps on donne à l’intérieur du soufre, de l’antimoine, etc.

Il est encore une autre espece d’ulcère qui se rencontre assez fréquemment, et qui n'appartient à aucune des espèces ici décrites , ou plutôt qui est le résultat de plusieurs maladies réunies ; Dupuytren les regarde comme produits par les vices cancéreux, scrofuleux et dartreux, seuls ou réunis ; je les ai vus le plus souvent sur la face et sur le cou, et particulièrement sur le nez et les lèvres ; le plus souvent ils sont réputés incurables, font constamment des progrès , se développent en surface et en profondeur; quelquefois leurs bords sont rouges, enflammés, fort irréguliers, quelquefois calleux dans une partie de leur étendue. Le fond est souvent rouge, couvert de petites granulations, et il s’en échappe un pus blanchâtre ou grisâtre toujours fétide ; mais le plus souvent ils sont recouverts de croûtes épaisses. S’ils sont enlevés par le cautère ou le bistouri, ils reparaissent presque toujours. J’ai vu souvent Dupuytren employer contre eux, avec un succès étonnant, une préparation arsenicale, soit en poudre, soit liquide. La préparation pulvérulente se fait avec 4 parties d’arsenic ou acide arsenieux,

96 parties de calomel.

La proportion d’acide arsenieux peut être portée à 5 ou 6 parties sur 1 00.

La préparation liquide consiste en

Eau distillée. 1 once ;

Gomme en poudre. 2 gros;

Calomel. 1 gros ;

Acide arsenieux. 20 grains.

Du reste la proportion d’acide arsenieux varie suivant l’ancienneté et l’étendue du mal. I,e mode d’application est fort simple : on fait tomber les croûtes à l’aide de cataplasmes ; puis, si on veut appliquer la poudre, ou se sert d’un pinceau de charpie chargé de cette poudre, et on la répand sur la surface ulcérée de manière à la recouvrir d’une couche épaisse d’un millimètre au plus. Si celle surface est d’une étendue médiocre, on la couvre entièrement; dans les cas contraires on n’en saupoudre qu’une partie , la moitié , le tiers , le quart, elc., eic. Quelques jours après on recouvre le reste en totalité ou par fractions, suivant les cas.

La pâtejiqnide s’applique de la même manière avec le pinceau ou une spatule.

Cette application, après avoir causé des douleurs assez vives et de l’inflammation , tombe ordinairement seule au bout de huit ou dix jours. On la renouvelle jusqu’à guérison complète. Cinq ou six applications suffisent , souvent même deux ou trois ont atteint le but qu’on se propose.

Ce médicament agit non en cautérisant, mais en modifiant l’état des parties. Jamais il ne produit d’escarre, de destruction des parties ; mais , dans son emploi, il exige certaines précautions, car l’arsenic, étant absorbé, détermine des symptômes d’empoisonnement; aussi est-il indispensable de mettre le malade â l’usage du lait avant même que les symptômes

d’empoisonnement se soient manifestés , et, dès qu’ils surviennent, il faut augmenter les boissons lactées. Voyez Marx et Paillard, Journal hebd., T. IX, page 610.

{Note du traducteur.')

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