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VI. Ulcères vénériens

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756. Les ulcères vénériens (ulcéra venerea , syphilitica,) sont divisés en primitifs et en consécutifs. Les premiers sont la suite de l’inocuiation du principe syphilitique, et se développentà l’endroitmêine où cette inoculation a eu lieu. Les seconds sont le résultat d’une infection générale, et peuvent se manifester sur toutes les parties du corps.

757. L’aclion du principe contagieux de la syphilis est plus forte sur une partie délicate ou dépourvue de son épiderme. Aussi renconlre-l-on ordinairement les ulcères primitifs au prépuce , à la marge de l’anus, au mamelon, aux lèvres, à la langue , suivant que 1 inoculation a eu lieu par le coït, les embrassemens, elc.

758. Du deuxième au quatrième jour, quelquefois plus tard, quelquefois plus tôt, après avoir contracté l’infection, le plus souvent après un coït impur, on trouve, sur le prépuce ou le gland chez l’homme, sur les grandes on les petites lèvres chez la femme , un point rouge enflammé siège d’une vive démangeaison, et déterminant le plus souvent des érections fréquentes ; bientôt on voit s’élever sur ce point une vésicule remplie d’une sérosité transparente qui ne tarde pas à s’ouvrir, et à laisser voir au-dessous une excoriation superficielle ; dans d’autres cas cette vésicule est remplacée par un bouton dur et douloureux, qui s’ouvre et s’ulcère. — Ces points ulcérés s’agrandissent peu à peu , acquièrent ou perdent de leur dureté ; leurs bords se renversent, et s’entourent d’un cercle inflammatoire ; leur fond se couvre d’une substance couenneusc,

ULCÈKES YÉKKRIENS.

souvent aussi d’escarre; souvent ces ulcères sont trèsrongeans; leurs bords sont tuméfiés, mais peu durs. — Souvent ils s’étendent rapidement, souvent aussi lentement, tantôt en surface, tantôt en profondeur; la douleur qu’ils déterminent etrinflammation qu’ils présentent sont très-variables. Quelquefois ils deviennent gangreneux , causent des altérations profondes, et souvent aussi des hémorrhagies plus ou moins abondantes.

Le pus que sécrètent les ulcères vénériens est tantôt très-liquide, tantôt plus consistant, d’un blanc ou d’un gris jaunâtres ; sa quantité est ordinairement plus grande que ne semblerait le comporter l’étendue des ulcères. — Leur guérison laisse toujours des cicatrices qui ont la même étendue qu’avait l’ulcère.

759. Le pus des ulcères est le véhicule du principe contagieux de l’affection siphililique ; sajvérilahle nature est du reste inconnue , et sa résorption donne lieu à l’infection générale constitutionnelle ( syphilis universalis , lues vcnerea), qui se manifeste sous des formes différentes.

7 60. Les engorgemens des ganglions lymphatiques qui se trouvent près des ulcères ( bubones ) sont souventlespremiers symptômes dcrinfection générale. Dans certains cas ils sont dus à la résorption du principe vénérien ( bubons idiopathiques) ; dans d’autres cas ils sont le résultat d’une irritation survenue chez un individu affecté de syphilis générale ( bubons sympathiques) . — Le plus souvent ils surviennent aux glandes de l’aine pendant que l’ulcère primitif existe encore aux parties génitales, et ordinairement lorsque ces ulcères offrent peu d’inflammation, qu’ils ont cessé de s'étendre, ou même qu’ils sont complément cicatrisés. Le malade éprouve d’abord dans l’aine un sentiment de distension et de compression. Bientôt de la dureté, de la douleur et de la tuméfaction s’emparent d’une ou de plusieurs glandes, qui deviennent mobiles au-dessous de la peau. Cette tumeur augmente peu à peu , la peau qui la recouvre devient rouge, la douleur permanente, et assez souvent il survient de la fièvre.

Le bubon peut se terminer par résolution ; mais, si la douleur est vive et pulsative , il est probable qu’il se terminera par suppuration ; le sommet de la tumeur se ramollit, la peau s’amincit et s’enlr’ouvre; les bords de l’ulcère qui se forme deviennent durs et renversés; son fond se couvre souvent d’excroissances. Quelquefois le pus s'amasse au-dessous de la peau, et détermine des altérations considérables; les bubons peuvent même être pris d’un tel degré d’inflammation qu’ils passent à l’état gangréneux, surtout sous l’influence de certaines causes internes ou externes.

761. Lorsque l’affection syphilitique est générale, elle attaque plus particulièrement la peau, les membranes muqueuses ou les os. Le temps qui s’écoule entre l’affection primitive et le premier symptôme de l’affection générale est très-variable. Ordinairement ce dernier survient dans les six premières semaines qui suivent l’affection primitive ; cependant on l’a vu survenir après un temps beaucoup plus

long. C’est dans cette catégorie que doit être placée la syphilis larvée ( lues larvata) qui, à la suite d’une affection primitive en apparence guérie , se manifeste tout à coup par des symptômes appartenant à l’infection générale. L’invasion des symptômes d’une affection générale est le plus souvent précédée d’une fièvre légère et d’une chaleur brûlante dans le creux de la main.

762. Dans le plus grand nombre des cas il survient une inflammation de la membrane muqueuse de la gorge accompagnée des signes d’une affection catarrhale , d’une obstruction des narines, de difficultés pour avaler, d’enrouement; les malades parlent du nez, et sont pris de larmoiement. L’examen de la gorge fait apercevoir la muqueuse rouge, les amygdales et la luette tuméfiées; la rougeur se fixe en un point quelconque ; dans certains endroits elle est plus foncée que dans d’autres. Bientôt la muqueuse de ces divers endroits s’entr’ouvre, et donne lieu à des ulcères suffisamment caractérisés par leur aspect particulier. Le plus souvent il se forme , à la face interne des joues , ou à l’angle de la bouche , des vésicules qui ne tardent pas à donner lieu à des ulcères. Ces ulcères s’étendent rapidement, détruisent le voile du palais, envahissent les cavités nasales, dont ils attaquent les os, et déterminent un écoulement infect ( ozeena syphilitica), la carie et la destruction des os du nez.

763. Sur les tégumens externes la syphilis se manifeste par des taches, des vésicules ou des pustules, qui surviennent le plus ordinairement au front (corona veneris); elles sont, dès le principe, caractérisées par un rougeur pâle, et plus tard elles prennent un aspect cuivré. Les pustules sont entourées de bords d’un brun rouge; tantôt elles sont isolées, et tantôt elles forment des groupes de grandeurs variées. Souvent elles sont la cause de douleurs brûlantes, qui sont surtout plus vives pendant la nuit; souvent elles donnent lieu à des ulcères entourés d’un cercle rouge poupre, et sécrétant un pus de mauvaise nature. Ces ulcères s’étendent d'ordinaire en surface seulement, quoique cependant on les voie quelquefois s’étendre en profondeur, et attaquer même les os. Si ces pustules se développent sur des parties couvertes de poils , ces derniers tombent presque toujours ; si elles se forment au-dessous des ongles, ils les détachent, et ceux qui croissent plus tard sont ordinairement déformés. Souvent ces pustules ont la forme de petits furoncles, qui ne suppurent point, mais la matière qu’ils contiennent s’échappe peu à peu.

764. Souvent la syphilis constitutionnelle se déclare à la peau par une éruption qui a quelque analogie avec les éruptions herpétiques, et qui détermineunedesquamationdel’épiderme, oudegerçures connues sous le nom de rhagades, et qui ont lieu au creux de la main , à la cuisse , près des parties génitales et à la marge de l’anus ; la peau est aussi le siège de crevasses qui sont entourées d’un bord cuivré , calleux et douloureux duquel s’échappe une sérosité âcre et de mauvaise couleur ; dans d’autres cas il se forme , aux parties génitales et à l’anus,

tLClittES VÉNÉRIENS.

des excroissances'qui ont reçu divers no ns, suivant leur forme et leur consistance {verrues , condylomata, fici , marciscœ , etc.); à ces excroissances se trouve ordinairement joint un écoulement du vagin, de l’urètre, etc.

765. L’affection syphilitique qui attaque le système osseux se manifeste par des douleurs nocturnes profondes, térébrantes, rongeantes, qui se font surtout sentir dans les os qui sont recouverts de peu de parties molles, tels que le tibia , les os du bras et de l’avant-bras, le sternum, la clavicule, les os du crâne. Quelquefois ces os se tuméfient, surtout le tibia et les os du crâne, et le plus souvent, dans ce dernier cas, la tuméfaction de l’os est précédée ou suivie de violentes. céphalalgies. Cestumeurs des os sont souvent molles ( gummata ), et formées par une masse gélatineuse épanchée sous le périoste; d’autres fois elles sont dures et immobiles ( nodi , tophi , exostoses), et contiennent quelquefois une substance crayeuse. Assez souvent les os se tuméfient dans une grande étendue ; souvent l’inflammation s’empare de la cavité médullaire des os longs, et la distend considérablement ( spinaventosa ). Lorsque ces tumeurs osseuses sont prises d’inflammation et d’ulcération, la carie est très-dangereuse ( caries syphilitica); mais ordinairement la destruction des parties molles et du périoste dénude les os dans une grande étendue ; il survient une nécrose, et les parties mortifiées se séparent en morceaux plus ou moins volumineux; enfin il n’est pas rare de voir une inflammation des articulations être due à une syphilis constitutionnelle.

766. Lorsque l’affection syphilitique constitutionnelle a pris un grand développement, une fié vie hectique peut survenir à la suite des douleurs permanentesquele malade éprouve, et des pertes continuelles et abondantes que lui font subir les parties ulcérées; les fonctions digestives se troublent ou s’anéantissent presque complètement, l’affaiblissement et la maigreur deviennent extrêmes, et la mort ne tarde pas à survenir.

767. Les accidens que détermine la syphilis souffrent certaines modifications qui ne dépendent point de la différence de virus syphilitiques , mais de la constitution et de l’âge de l’individu, de la manière dont l’inoculation s’est faite, du climat , de la constitution médicale régnante, ou même du changement qu’a pu subir le principe syphilitique par l’influence du traitement auquel le malade aura été soumis.

Plus l’individu est fort et vigoureux, plus les progrès de la syphilis constitutionnelle sont rapides et désastreux. Dans les climats chauds les accidens sont moins graves ; la maladie affecte plus particulièrement la peau, ses dépendances et le tissu cellulaire ; dans les climats froids au contraire elle attaque plus spécialement le système osseux ; mais, en revanche, dans les pays chauds , les accidens primitifs sont plus violens , l’inflammation plus vive , et le passage à la gangrène plus fréqumt; on rencontre plus souvent cette tendance à l’inflammation érysipélateuse et à la gangrène chez les individus qui

vivent dans un air mauvais, vicié, et dans des lieux marécageux.

Le scorbut, ou du moins une affection qui lui est assez analogue, et qui est due à un abus du mercure , les scrofules, l’arthrite, etc., peuvent modifier la syphilis dans son cours, et rendre le diagnostic difficile.

Les ulcères syphilitiques primitifs n’ont aucun caractère qui leur soit propre; leur aspect est trèsvarié, et rien, à la seule inspection , ne saurait les faire distinguer des ulcères simples ou de toute autre nature.

Abernethy cherche à éclaircir l’opinion de limiter , qui pense que certains produits animaux mis en contact avec line partie très-délicate de notre corps peuvent déterminer des ulcérations en tout semblables à celles qui sont dues au principe vénérien. I.e premier de ces praticiens distingue la syphilis vraie de la syphilis fausse ( pseudosyphilis ) ; les suites et l’action de cette dernière sur l’organisme sont les mêmes que celles de la vraie syphilis ; seulement elle se déclare sans aucun principe syphilitique. Mais , bien que les symptômes de ces deux maladies soient complètement les mêmes , et que l’examen le plus attentif ne puisse en découvrir la différence , cependant Abernethy donne un caractère qu’il croit certain , c’est que les accidens de la syphilis vraie s’aggravent toujours si l’on n’emploie pas le mercure, tandis que les ulcères pseudosyphilitiques diminuent d’étendue , ou même disparaissent sous les efforts lents de la nature. Outre ces affections pseudosyphilitiques , qui sont dues a l’inoculation d’un principe morbide particulier , et qui ne sont pas le résultat d’une simple irritation , il distingue encore celles qui sontdues uniquement à une irritabilité trop grande, à un dérangement des fonctions nutritives, à un affaiblissement général , etc. , mais sans aucune influence contagieuse, et qui cependant ont le même aspect que les affections syphilitiques.

Dans ces derniers temps Carmichael a cherché a justifier cette manière de voir en classant les différentes affections locales des organes génitaux, et les accidens généraux qui leur sont consécutifs; il les regarde comme dues non au seul vice vénérien, mais à trois principes différens; il désigne toutes ces maladies du nom générique d’affections vénériennes , mais il les divise en affections syphilitiques et en affections syphiloïdes. — L’ulcère syphilitique propre [chancre) qui affecte le gland ou le prépuce est caractérisé par une forme ronde , excavée , par un bord et un fond circonscrits et durs , couverts de pus et sans granulations. — Les ulcères pseudosyphilitiques sont 1° des excoriations superficielles de la peau , sans dureté , mais à bords saillans, sans granulations ; leur surface est tantôt blanchâtre, tantôt d’un brun rougeâtre; 2° des ulcères sans dureté et sans bords saillans ; 3“ des excoriations du gland et du prépuce avec sécrétion purulente, et le plus souvent avec phymosis et blennorrhagie; 4° une gonorrhée virulente ; ou 1° des ulcères phagédéniques,sans granulations , sans dureté, qui s’étendent rapidement, désorganisent promptement les parties sur lesquelles ils siègent, et s’aggravent par l’empoi du mercure ; 2” des ulcères gangréneux , qui commencent par une tache noire , s’agrandissant rapidement, et s’aggravant aussi par l’emploi du mercure. Outre ces affections, qui sont dues à différens principes contagieux , et qui commencent par des ulcères ayant leur siège aux parties génitales , Carmichael ainsi qu’ Abernethy , distinguent encore les ulcères qui se développent à ces mêmes parties à la suite d’une mauvaise constitution et sans aucun ulcère préalable.

Quelque ingénieuse que soit cette classification, elle n’est en rien basée sur l’expérience. Outre les différentes circonstances énumérées plus haut, et qui peuvent modifier la syphilis dans son cours , la preuve la plus certaine qu’on

TRAITEMENT

puisse apporter contre l’existence de difïérens principes syphilitiques , c’est que souvent plusieurs personnes ont été affectées d’une manière très-differente à la suite de coït avec une seule et même femme. La preuve la plus puissante sur laquelle s’étaie cette classification, à savoir que les affections réellement syphilitiques guérissent par le mercure , et que celle qui ne le sont pas guérissent sans ce médicament , n’est plus aujourd’hui d’aucun poids; car il est suffisamment démontré maintenant que tous les ulcères syphilitiques peuvent complètement guérir sans mercure.

Alors même qu’on accorderait que , à la suite du coït , il peut survenir certaines affections dont l’examen des parties ne saurait dévoiler aucune trace ; que, par suite d’une affection constitutionnelle , il peut survenir des ulcérations ou toute autre maladie qui a une ressemblance parfaite avec la syphilis; alors même, disons-nous, qu’on admettrait cela , les principes établis plus haut ne seraient pas détruits ; et d’ailleurs il faut faire attention que souvent le malade trompe volontairement le praticien ; que les circonstances dont nous avons parlé plus haut, et qui jouent un si grand rôle dans l’inoculation de la syphilis, ne sont pas encore complètement connues : ce que prouve suffisamment le développement des bubons dits d’emblée , qui se manifestent sans qu’il existe aucune affection aux parties génitales. Expliquer la syphilis par une simple irritation sans principe contagieux est le résultat d’une stérile illusion et d’un esprit préoccupé par une envie de systématiser.

Consultez :

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768. Les symptômes conse'cutifs de la syphilis nous présentent la même différence que les accidens primitifs. L’expérience nous apprend que, à la suite d’un écoulement syphilitique ou d’excoriation superficielle , il survient quelquefois une éruption pustuleuse, une inflammation et ulcération de la gorge, ou une inflammation des synoviales. A la suite des ulcérations primitives à bords renversés et sans callosités, il survient une éruption pustuleuse, des ulcères blanchâtres sur différons points du palais, des douleurs et des tumeurs aux articulations ; à la suite d’ulcères rongeans et gangréneux , des éruptions tuberculeuses, des pustules, des ulcérations dans la gorge qui s’étendent au nez et en attaquent les parois osseuses, des douleurs dans les articulations, des dépositions de matières crayeuses ; à la suite d’ulcères à fond lardacé, à bords renversés, durs et calleux, une éruption analogue aux pustules suivie de desquamation , des ulcères profonds aux amygdales, des douleurs aux os et des exostoses. Cependant ces rapports entre les affections primitives et les affections secondaires ne sont pas toujours constans; car souvent une affection primitive chez le même malade peut donner lieu à des éruptions différentes, qui se manifestent simultanément ou à la suite les unes des autres.

D’après ce qui vient d’être dit on voit qn’on ne saurait admettre dans la blennorrhagie un principe contagieux qui lui est spécialement propre, ainsi que l’admet Ritter.

769. Le pronostic des affections syphilitiques est très-variable.

Les ulcérations primitives guérissent plus facilement que les consécutives. La syphilis compliquée d’une autre affection générale est beaucoup plus rebelle et même incurable. Plus la maladie est récente, et plus le pronostic est favorable. Lorsque l’affection attaque les os, elle est plus tenace que celle que qui se porte sur la peau ; lorsqu’elle a atteint les os du nez, elle a plus de tendance à récidiver que lorsqu’elle se fixe sur les os longs. Dans les climats chauds, et en été, la guérison est plus prompte qu’en hiver, et dans les climats froids; les femmes enceintes avortent quelquefois par suite des progrès de la syphilis, ou bien elles mettent au monde un enfant faible et chétif. Les ulcères de la gorge et du nez déterminent souvent des désordres très-graves ; tou tes les excroissances syphitiliquessont t rès-rebelles, et se reproduisent très-souvent; lorsqu’un ulcère syphilitique primitif guérit à l’aide d’une cicatrice dure ( tubercula callosa) , on doit toujours craindre une récidive.

770. Les praticiens sont très-divisés pour le traitement de la syphilis ; mais toutes les opinions peuvent se résumer en deux modes curatifs : traitement par le mercure; traitement sans mercure.

A. Traitement par le mercure.

771. Dans le traitement des ulcères syphilitiques primitifs l’indication la plus importante est de prévenir l’infection générale. Il est donc rationnel de prescrire un traitement général en même temps qu’on en ordonne un local.

772. Le traitement local a pour but de détruire le virus syphilitique dans l’ulcère même , de déterger sa surface , et de l’amener à guérison par des moyens convenables. On remplit ces indications en touchant les ulcères avec le nitrate d’argent , mais mieux encore avec l’acide nitrique saturé d’une solution de mercure ou avec une forte solution de sublimé. On prescrit de laver l’ulcère , plusieurs fois par jour, avec une légère solution de sublimé ou avec l’eau phagédénique ; ou bien encore on applique en permanence sur l’ulcère de la charpie imbibée d’un de ces liquides ; ou enfin on panse avec du précipité rouge ou avec du calomel , de l’onguent citrin , etc. 11 faut toujours veiller à la plus grande propreté. Du reste ce traitement doit être tout à fait au degré de l’inflammation ; si cette dernière est très-vive , on doit panser uniquement avec des linimens capables de diminuer son intensité.

773. Pendant le cours de ce traitement local on prescrit à l’intérieur les préparations mercurielles les plus douces, telles que le mercure soluble de Hahnemann , le mercure doux à la dose d’un quart ou d’un demi-grain par jour , que l’on augmente graduellement suivant les circonstances. Pendant ce traitement par le mercure le malade doit , autant

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