‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 129 sur 444 · NÉCROSE · texte numérisé non relu

NÉCROSE

l'Jl

! est Inégal , irrégulier, ramolli , flexible, tuméfié, fongueux ; dans la nécrose l’os est dur et inflexible, la nature fait beaucoup pour la guérison de la nécrose et peu pour celle delà carie. Dans tes cas les plus favorables de cette dernière affection les ouvertures deviennent calleuses; un même changement s’opère dans la substance de l’os; dans d’autres cas il se forme, sur toute la surface de l’os, des excroissances charnues , qui s’unissent à celles qui se forment aux parties molles; mais rarement elles se changent en substance osseuse.

P o yez.

Richter , Journal de Gracfe , vol. VIII, cah. 1, pag. 128-

[A ces points de diagnostic différentiel de la carie et de la nécrose, Sanson ajoute : Les recherches d’anatomie pathologique ont surabondamment prouvé que la carie est un phénomène tout vital, et que ce phénomène se passe dans la partie cariée elle-même. Cette partie, s’injecte, se rail mollit, suppure et se détruit successivement; si les parties I voisines deviennent le siège de quelque mouvement organique j extraordinaire, c’est que la carie s’y étend , ou c'est qu’il s’y développe une réaction destinée à borner le mal , et à 1 former la base d’un travail éliminatoire. Dans la nécrose tout ni phénomène vital a disparu de la partie d’os frappée de mort : c’est un corps inerte , qui ne peut plus êlre le siège d’aucun changement , d’aucune modification organique ; cette partie ■ conserve sa consistance , l’arrangement intime de ses fibres : et la plupart des propriétés physiques que présentent les os

du squelette ; c’est dans les parties ambiantes que se passent -J les phénomènes ultérieurs de la maladie , phénomènes dont le but est de séquestrer la partie morte, devenue corps i étranger.

Que l'on touche ou que l’on entame une partie d’os affectée de carie, elle parait douée d’une sensibilité quelquefois I très-vive , et laisse couler un sang rouge et quelquefois vermeil. Que l’on rugine . que l’on entame une partie d’os né- I «rosée, ses cellules sont vides de sang, dépouillées de leur i trame médullaire, son tissu est sec; à moins qu’on ne lui fasse éprouver un choc qui se transmette aux parties sousjacentes restées saines ou vivantes, ou que l’instrument n’arrive jusqu’à ces parties , on n’y découvre aucune sensibilité.

L’inflammation est donc antérieure à la carie : sans elle cette affection ne pourrait avoir lieu; elle n’est pas nécessaire au contraire, pour que la nécrose ait lieu; mais elle se développe nécessairement après la nécrose : dans la nécrose l’inflammation eslimitative; dans la carie elle est essentiellement envahissante et extensive.

Le ramollissement qui accompagne, ou, pour mieux dire, à qui précède la carie , s’étend au loin , et se perd insensiblement dans les parties saines; partout où il existe on trouve des cellules remplies Je fluides rouges. Dans la nécrose il se développe à l’occasion de cette affection dans les parties saines; il est moins étendu et moins apparent ; son épaisseur V n’est autre chose que celle de la couche de bourgeons celluleux et vasculaires qui se forment entre la partie morte et les parties vivantes.

Les fongosités qui s’élèvent d’un os qarié, et qui proviennent de la membrane médullaire lorsqu’elle ne praticipe pas à la destruction de l’os, sont plus molles, plus grises, plus blafardes, que cellesqui naissent au-dessousetau-dessus d’une partie nécrosée ; ces dernières présentent un aspect qui se rapproche beaucoup des bourgeons des plaies suppurantes ; quelquefois même il serait difficile de les en distinguer.

Les esquilles qui se détachent dans la carie ne sont qu’un accident dans cette maladie, tandis qu’elles constituent essentiellement la nécrose. Dans la carie elles sont petites, sous | forme de parcelles presque pulvérulentes, extrêmement friables; dans la nécrose, au contraire, qu’elles soient superficielles, lamelieuses ou qu'elles comprennent la totalité de

l’épaisseur de l’os, elles sont volumineuses, présentent toujours la dureté ainsi que l’arrangement particulier du tissu de la région de l’os dont elles émanent; les cavités osseuses à leur surface, et que l’on attribue à l’action des absorbans, ne modifient ni leur densité ni leur structure. Dans la carie le» esquilles, réduites à la matière inorganique, sont le résultat d’une sorte d’analyse spontanée qui a isolé, en quelque façon, molécule à molécule, cette matière en détruisant la lame vivante , tandis que, dans la nécrose, elles conservent toute l’apparence et la composition chimique des os.

Le périoste et la membrane médullaire sont ordinairement ou profondément altérés ou même détruits dans la carie, tandis que l’un ou l’autre , quelquefois même tous le9 deux , conservent leur intégrité dans la nécrose : aussi, tandis que, dans la carie, le travail de reproduction se borne en général à des productions informes , qui ne remplacent jamais complètement les parties d’os détruites, et souvent même restent à l’état rudimentaire, on voit l’os nécrosé en partie ou en totalité être ordinairement remplacé par un os, ou une partie d’os plus ou moins complète, presque toujours capable de suppléer la pièce perdue.

La marche de la nécrose est quelquefois très-lente , mais souvent aussi elle prend un caractère d’acuité, un caractère franchement inflammatoire, que revêt rarement la carie; de telle sor'e que, quand cette circonstance se présente, il y a beaucoup plus de raison de croire à une nécrose qu’à une carie.

Après l’ouverture des abcès la douleur disparait presque entièrement, et la suppuration diminue ordinairement dans la nécrose; elles augmentent au contraire de plus en plus dans la carie.

Malgré ces caractères différentiels, il y a pourtant des cas qui peuvent laisser l’esprit dans le doute; mais A’crnj’onditque, si, après l’expulsion ou l’extraction d’un séquestre de nature douteuse, les progrès du mal sont arrêtés , c’est comme s'il y avait une nécrose évidente ; si au contraire ils continuent, il faut traiter le malade comme si l’on avait la certitude de l’existence d’une carie. ]

( Adit . du trad. empruntée à l’article ostéite de Sanson .)

814. La nature s’efforce toujours de séparer de la partie saine de l’os le morceau nécrosé, que l’on appelle ordinairement séquestre. Cette séparation se fait à l’aide de la résorption qui détermine, une perte de substance entre la partie vivante et celle qui est frappée de mort. D’après les observations de Dzondi, aussi longtemps que l’exfoliation dure, les excroissances charnues qui bordent l’ouverture des trajets fistuleux ne subissent aucune modification ; mais elles disparaissent dès que ce travail est terminé ; l’ouverture externe de ce trajet, qui, jusqu’à ce moment, était très-petite et arrondie , se dilate peu à peu et d’uue manière régulière pour donner issue au séquestre.

Dès que le séquestre est séparé , son élimination est possible , et il n’y a d’obstacles à sa sortie que ceux présentés par les parties mollesenvironnantes, pourvu que la partie nécrosée appartienne à un os plat ou à la couche externe d’un os long.

La nature procède de diverses manières pour la reproduction de la partie nécrosée : lorsque la couche externe de l’os seule a été affectée , et que l’interne continue à vivre, si le périoste et les parties mollesambiantes ne sont point intéressés, le périoste fait tous les frais de la formation nouvelle , et l’os nouveau qui se trouve renfermé dans le périoste est séparé de l’os ancien par les granulations qui se

ILCÈTÆS DES OS.

forment à îa surface de ce dernier. La surface de l’os ancien est couverte d’aspérités et de petits enfoncemens dus à la résorption qui s'est opérée. — Lorsque le périoste et les parties molles qui environnent le foyer de la nécrose ont été détruits, que l’os resté sain a été complètement séparé des parties molles par le pus, le sang, etc., la reproduction dépend de l’intégrité des parties molles externes. — Les granulations qui se forment sur les parties compactes des os ne procurent qu'une réparation incomplète; aussi, dans ces cas, trouve-t-on un vide ou ■une dépression à l’endroit où avait eu lieu la perte de substance; dans ces cas aussi la partie nécrosée conserve son épaisseur primitive et sa surface lisse. Lorsque la surface de l’os a été fortement enflammée, une activité plastique s’empare sympathiquement du canal médullaire, et il se forme une nouvelle substance osseuse, qui remplit le canal de l’os, au niveau de l’endroit où l’irritation a été la plus forte. Dans une nécrose interne, lorsque la couche osseuse qui forme le canal médullaire est frappée de mort, la reproduction nouvelle se fait à l’aide du périoste; elle s’unit à la face externe de la couche restée saine, et ne forme plus qu’un tout, sans que la partie restée saine se tuméfie ou §c gonfle.

Lorsque l’os se nécrose dans toute son épaisseur, l’os nouveau se forme aux dépens du périoste, entoure de toutes parts l’os ancien, qui devient moins épaisparlefaitde la résorption permanente, et il diminue dansla mêmeproportionquerosnouveauaugrnente. Lorsqu’une partie d'un os long est nécrosée, et qu’elle est éliminée avec la partie du périoste qui lui correspond, la reproduction ne se fait point aux dépens des extrémités saines de l’os, mais aux dépens des parties molles circonvoisines : les granulations qui remplissent l’intervalle qui se trouve entre les parties osseuses saines s’épaississent peu à peu, deviennent cartilagineuses, et finissent par s'ossifier*. Dans l’espèce de capsule osseuse qui environne le séquestre on trouve des ouvertures ( cloacœ ), dont l’existence n’est pas encore suffisamment expliquée; ces ouvertures , dont la forme, la grandeur et le nombre sont très-variables, communiquent aux trajets fistuleux qui traversent les parties molles.

Pour la reproduction des os, consultez :

Troja , Essai sur la formation «les os après certaines maladies, 1790.

Blumenbach , Bibliot. chirurg. de Richter , T. IV , page

Kochler, Expérimenta circa regcnerationem ossium. Goett.

IVeidmann, De necrosi ossium, pag. 31.

Boyer, Maladies chirurgicales, T. iil.

Medinçj, Diss. de regeneratione ossium, etc. Lipsiæ, 1823.

— Zeitschrift fur Natur-und Heilkunde. Dresde, 1824, vol. III, cah. 111, page 305-

Rortum, Diss. proponens experim. et obs. circa regenerationem ossium. Bcrol., 1824.

Scarpa , De anatome et pathologiâ ossium. Ticini , 1827.

Meding, îiagas. de Rust, vol. XXXlll , page 80.

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