CARIE DE9 DENTS
îimens froids en alimens chauds, l’iiabilude de mâcher du tabac, etc., enfin les lésions externes, sont autant de causes qui détruisent lemail , et mettent la substance propre de la dent en contact avec l’air ; mais, dans la majeure partie des cas, la carie des dents reconnaît une cause interne, surtout lorsque cette affection \a de l’intérieur à l’extérieur. Ce qui surtout appuie cette opinion, c’est que souvent on voit tous les membres d’une même famille en être affectés; c’est que souvent les dents correspondantes des deux côtés sont simultanément atteintes; c’est enfin que cette carie se rencontre fréquemment dans certaines maladies générales, telles que le rachitisme, le scorbut , le mal mercuriel, une mauvaise constitution, etc. L’extension de la carie d’une dent aux autres dents voisines paraît tenir à ce que des parcelles d’alimens s'engagent entre elles, et s’y décomposent, ou à quelque cause interne bien plus qu’au voisinage de la dent cariée.
828. Quant au traitement, on ne peut souvent, pour arrêter les progrès du mal, que lâcher d’éloigner les causes, et d’améliorer la constitution de l’individu ; mais, dans beaucoup de cas, cela est impraticable à cause de l’impossibilité où on se trouve de reconnaître la véritable cause.
829 . Pour arrêter le développement ultérieur de la carie on a proposé un grand nombre de remèdes : les uns ont pour but de détruire la partie cariée ; les autres, d’empêchcr l’air et les alimens d’y pénétrer. Les teintures spiritueuses aromatiques, l’éther, et même le fer rougi au feu, tiennent le premier rang parmi ces remèdes. D’autres ont proposé do limer ou de ruginer la partie cariée lorsque l’affection est superficielle, afin d'empêcher qu’elle n’ait quelque action sur les dents voisines. Les premiers remèdes irritent le nerf, et peuvent diminuer leur sensibilité, modérer les douleurs, et détruire la mauvaise odeur; mais ils ne sauraient enrayer la maladie dans sa marche. En limant la partie cariée on arrête momentanément le mal; mais bientôt il reparaît , et ses progrès sont beaucoup plus rapides qu’auparavant ; en remplissant la cavité cariée avec du plomb, de l’or, etc. (plomber), après que la sensibilité a été amortie par des caustiques , on en défend , il est vrai , l’entrée à l’air et aux alimens , mais la carie marche toujours ; la cavité de la dent s’agrandit peu à peu , et le métal tombe.
830. 11 est beaucoup plus convenable de recommander aux malades affectés de carie aux dents de bien soigner leur bouche ; de la laver souvent, et surtout après les repas , avec de l’eau tiède ; de bien enlever, avec un cure-dents de plume, toutes les parties d’alimens qui peuvent s’être engagées entre les dents. On doit tous les matins se nettoyer les dents avec une poudre fine de charbon et d’écorce de quinquina et une brosse pas trop dure; cela l'ait, on doit se rincer la bouche avec de l’eau et un peu de teinture de cachou ou de myrrhe , soit pour détruire la mauvaise odeur , soit pour donner plus de fermeté aux gencives.
831. Lorsqu’une dent est douloureuse, le traitement doit varier suivant la cau:e qui détermine la
douleur : souvent l’odontalgie est do nature rhumatismale , et alors , au lieu de se borner à la dent malade, elle s’étend à toutes celles du même côté de la mâchoire , et la douleur se fait sentir à la moitié de la face : ou doit, dans ces cas, recommander au malade de se tenir bien chaudement, de couvrir de flanelle la partie douloureuse, de faire placer un vésicatoire derrière l’oreille, et prescrire une application de sangsues si l’irritation inflammatoire est vive. Souvent ces douleurs sont déterminées par des parcelles d’alimens qui sont restées dans la dent : aussidoit-on toujours bien examiner la dent afin d’en retirer ce qui pourrait causer la douleur. Si, malgré cela, la douleur continuait, il faudrait s’appliquer à la calmer à l’aide d’un des nombreux moyens qui peuvent diminuer la sensibilité , tels que des gargarismes d’eau tiède dans laquelle on ajoute du laudanum ; l’introduction de colon imbibé de laudanum . ou d’une petite boulette opiacée , etc. ; des moyens âcres, de l’éther; enfin un des nombreux moyens empiriques recommandés contre le mal de dents.
Co/finiêre croit , d’après un assez grand nombre d’observations, que, dans les cas où la poitrine est affectée, loin de chercher la guérison des douleurs de dents dans leur extraction , il faut s’en abstenir , et les conserver quoique malades, comme moyen d’entretenir une dérivation qui peut être très-utile. Grand nombre de faits sont venus confirmer cette opinion dans l’esprit d’Oudet.
Oudet , Dictionnaire de médecine, T. X, page 174.
( Noie du traducteur.)
832. Lorsque les douleurs résistent à tous les remèdes, ou que la dent malade détermine une affection de la mâchoire, des sinus maxillaires , etc., il faut l’extraire ; on doit aussi avoir recours à cette opération lorsque des dents de la première dentition empêchent le développement des dents appartenant à la seconde.
Plusieurs opérations ont été tentées pour éviter l’extraction des dents cariées : les uns, pour détruire la pulpe et le nerf, emploient un fil de plaline, que l’on rougit au feu , et que l’on introduit avec rapidité et profondément dans la cavité de la dent; d’autres se servenL d’un fil de fer mince, taillé en forme de dard à son extrémité : on le porte dans l’intérieur de la racine, et après lui avoir fait exécuter deux ou trois tours , on le retire avec le cordon dentaire qu’il entraîne avec lui. /
Lorsque ces procédés ne peuvent être mis en usage , et que la couronne n’est pas assez endommagée pour en faire le sacrifice, Oudet e t plusieurs autres préfèrent trépaner la dent, dans la direction de la racine, avec un petit touret armé d’un équarrissoiret conduit par l’archet, puis ils détruisent le nerf, et plombent la dent après l’avoir remplie pendant plusieurs jours de coton, et avoir combattu les accidehs qui peuvent survenir. Ce procédé n’est applicable que pour les dents d’une seule racine.
Pour cautériser les molaires on se sert de coton trempé dans un acide, et recouvert lui-même d’un autre tampon de coton sec pour préserver les parties voisines de l’action du caustique.
A. Pare et Urbain tlémard ont parlé du dêchapellemenl ou excision de la dent que quelques modernes ont remis eu usage. Cette opération consiste à enlever avec des pinces très-