LUXATIONS DE LA COLONNE VERTÉBRALE
préalablement enveloppés de linge , et il les fixe sur les couronnes des dernières dents molaires ; les autres doigts contournent la branche horizontale de la mâchoire inférieure , et la saisissent près du menton. Alors, avec les doigts qui sont dans la bouche, il pousse la mâchoire directement en bas , et , lorsqu’elle est dégagée , il la porte en arrière , tandis que les doigts situées sous le menton la portent en haut et en avant. Si la luxation n’existe que d’un côté ,.Ies doigts n’agissent que d’un côté ; mais, dans ces cas , la réduction est plus difficile que si la luxation était double. Si , par cette méthode , la réduction ne peut avoir lieu, on porte entre les dents molaires de chaque côté un morceau de liège , et on presse c-n avant la mâchoire inférieure contre la supérieure. Si la luxation n’a lieu quë d’un côté , il est bien entendu que l’introduction d’un corps étranger ne doit avoir lieu que de ce côté-là.
Outre ce procédé, il en est d'autres qu’on ne mentionne plus que pour faire apprécier le progrès de l’art : tel est celui qui consistait â appliquer sous le menton des coups de poing vigoureux et dirigés de bas en haut; tel est celui que Ravaton vit employer à un empirique , et qui consistait à placer sous le menton une fronde de cuir dont les chefs garnis de ficelles étaient tordus au moyen d’un garrot sur le sommet de la tête, préalablement munie d’une calotte ou d’une plaque de bois pendant que le chirurgien cherchait A replacer les condyles.
Ou perdrait peu à laisser ces procédés dans l’oubli. Mais il n’en est pas de même de la modification que, dans un cas difficile , Lecat ajouta au procédé ordinaire. Il fit asseoir son malade à terre, tandis que , lui-même se tenant debout , il put, en pressant de tout le poids de son corps sur les pouces, abaisser le condyle et opérer la réduction.
tlans les cas où cette méthode serait encore insuffisante Boyer propose une modification au procédé indiqué par Ravalou « En ajoutant , dit il , A ce moyen un billot, ou une espèce de coin placé entre l«s dents molaires, ou mieux encore un levier de bois, ce procédé pourrait être utile dans quelques luxations anciennes , pourvu que l’on relâchât peu A peu le garrot à mesure que le levier agirait, que l’on ne se servit du premier que pour soutenir le menton à la même hauteur que les angles de la mâchoire, et que l’on ne l’employât à relever le menton qu’après avoir dégagé les condyles. o ( Note du traducteur.)
918. La réduclion étant faite, la mâchoire inférieure doit être maintenue immobile, soit au moyen d’un chevestre, soit au moyen d’une mentonnière qui viendrait se nouer sur la tète. Pendant quelques jours le malade doit éviter de parier et de mâcher; tous ses alimens doivent être de nature liquide, et, longtemps encore après être sorti de l’appareil , il doit avoir soin de soutenir son menton avec la main toutes les fois qu’il bâille.
919. On peut regarder comme une luxation incomplète de la mâchoire inférieure le cas où, par suite d’un relâchement considérable des ligamens , le condyle est porté en avant du bord du cartilage inter-articulaire de la cavité glénoïdale de l’os temporal , s’y fixe , et détermine l’ouverture de la bouche. Le plus souvent cet accident disparaît par les seuls efforts musculaires ; cependant il peut persis-
ter plus ou moins longtemps, mais sans empêcher que le malade ne recouvre la faculté de mouvoir la mâchoire et de fermer totalement la bouche. A l’instant où celle espèce de luxation a eu lieu le malade se sent incapable de rapprocher complètement les mâchoires ; la bouche est eutr’ouverte ; une légère douleur se manifeste du côté affecté ; une pression forte exercée directement en bas sur la mâchoire suffit ordinairement pour ramener l’articulation à son état primitif.
Lorsque les ligamens qui retiennent la mâchoire inférieure sont relâchés, le malade entend de légers craquemens qui se font en avant de l’oreille, et il éprouve quelques légères douleurs dans l'articulation : dans ces cas l’apophyse articulaire rentre subitement dans sa cavité pour en sortir de nouveau, et se fixer sur les racines transverses de l’apophyse zygomatique ; les jeunes filles sont en général plus exposées à cet accident que les autres personnes. Cette laxité dans les ligamens peut être avantageusement combattue par des préparons d'antimoine et de fer, de douches, et même des vésicatoires si la douleur persiste depuis plusieurs jours.
A. Cooper, Traduct. de Chassaignac et Richelot , page