LUXATIONS DES OS DU BASSIN
et qui empêchait le malade de se redresser; on le couchait sur le dos en travers d’un tonneau ou d'un corps çylindrique, et la réduction de cette prétendue luxation avait lieu. — ■ Beyer fait remarquer que , dans une forte flexion île la colonne vertébrale, les ligamens supérieurs, inter-épineux, et postérieurs, appelés ligamens jaunes, peuvent être déchirés, et il ajoute que, si la déchirure se borne aux ligamens supérieurs et aux inter-épineux, le malade peut très-bien guérir par un repos plus ou moins prolongé ; mais que la paralysie et la mort sont la suite nécessaire de la déchirure des ligamens jaunes.
Voyez :
Ch. Bell , Oies on injuries of the spir.e, etc., p!., II. Londres, 1824.
925. Les ligamens des vertèbres peuvent être déchirés en totalité ou en partie, sans que pour cela il y ait luxation; mais les lésions que de semblables déchirures déterminent du côté de la moelle épinière peuvent occasionner une mort subite ou prochaine, et tous les phénomènes qui ont lieu dans la fracture de ces os peuvent se produire. Dans tous les cas de distension ou de déchirure des ligamens le repos joint aux antiphlogistiques les plus énergiques, et plus tardées dérivatifs puissans , peuvent seuls prévenir les maladies consécutives à de telles lésions.
Luxations des os du bassin.
Ludwig, De disloeatione ossium pelvis, etc., Acad. nat. curios., 1672.
EnuuXj Nouveaux mémoires de l’Académie de Dijon, 1 784, 1er septembre, page 151.
Philadelph. Journal of med. and phys, sciences, T. XIV, août 1827, page 412.
Creve} Von den Kranltheten des weiblicb. Beekens. Berl., 1795, pag. 137.
926. La largeur des faces articulaires des os du bassin , la force remarquable de leurs ligamens, rendent, dans l’état naturel des parties, leur luxation impossible, à moins toutefois qu’ils ne soient soumis à une action extraordinaire. Dans ce dernier cas le sacrum peut être luxé en dedans, et l’os iliaque en haut. Ces luxations ne sont jamais complètes ; mais l’action de la puissance qui les produit s’étend ordinairement jusque sur les viscères de la cavité abdominale et jusque sur la moelle épinière; dès lors ces organes sont pris d’inflammation, il y a déchirure de leurs parois, épancheraens sanguins dans l’abdomen, paralysie des extrémités inférieures , de la vessie et du rectum, et assez souvent aussi fracture des os du bassin. Le traitement de ces graves désordres doit être absolument le même que celui indiqué dans les fractures de ces os (§ 566).
Une observation rapportée par Boyer (1) montre qu'il peut y avoir luxation de l’os iliaque en haut par suite d’une chute d’un lieu très-élevé, et sans aucun symptôme de commotion à la moelle épinière, ni de déchirure aux, viscères abdominaux. Le pubis et la crête iliaque du côté gauche étaient plus élevés que du côté opposé; l’extrémité gauche était plus courte que
(1) Maladies chirurgicales.
l’autre, quoique cependant les distances du grand trochanter A la rotule et du grand trochanter â la crête iliaque fussent les mêmes que du côté droit. La flexion et l’extension de la cuisse ne pouvaient avoir lieu sans de vives douleurs A la symphyse du pubis et à la région sacro-iliaque; quelquefois même tout l’os innominé était mis en mouvement. Le traitement consista dans un repos absolu et dans les antiphlogistiques. Lorsque le malade commença â marcher, le poids du corps ramena peu A peu les os à leur situation normale.
927. Il faut une action très-puissante pour occasionner une déviation des osdu bassin lorsqu’ils possèdent toute leur solidité naturelle. Celte déviation est très-facile lorsque leurs articulations sont ramollies et comme élastiques , ainsi que cela a lieu pendant la grossesse. De là vient que , après l’extension à laquelle ces os sont soumis pendant l’accouchement, si la femme marche trop tôt , elle sent , dans une articulation du bassin , quelquefois même dans les deux, une douleur assez vive qui se réveille à chaque mouvement. Dans les commencemens la malade éprouve un sentiment de déchirure dans ces articulations; plus tard elle entend une véritable crépitation; la marche lui est donc pénible et douloureuse ; si on examine son bassin , on trouve que les deux os iliaques ne sont pas à la même hauteur, que l’un est plus élevé qoe l’autre. — Une affection générale peut aussi déterminer le gonflement et le ramollissement de ces articulations, et, dans ces cas, la déviation des os peu être le résultat d’une action très-peu considérable.
928. Les principalesindications à remplir dans ces cas-là sont de fixer les os du bassin aussi fortement jjue possible, et d’empêcher tout mouvement. Cela se fait soit au moyen d’un bandage de corps ou d’une sangle en cuir qu’on assujettit autour des hanches : par cette seule précaution les douleurs disparaissent presque subitement, et les mouvemens sont rendus plus libres. La nature des phénomènes qui auront précédé cette luxation indiquera assezsiladislension des ligamens est produite par une affection générale, et quels sont les traitemens qu’il convient d’employer.
929. Le coccyx peut être luxé en dedans par une cause extérieure , et en dehors dans un accouchement difficile. Par suite de celte luxation une douleur très-vive se fait sentir dans la région de cet os; elle augmente à chaque mouvement des extrémités inférieures , mais elle est surtout très-vive pendant l’expulsion des matières stercorales ; l’inflammation très-vive qui en est la suite se termine assez souvent par suppuration. Dans la luxation du coccyx les ligamens n'ont point été déchirés, et les parties reviennent facilement à leur état primitif; aussi les tentatives que l’on ferait en repoussant l’os en dedans si la luxation est en dehors, ou en introduisant le doigt dans le rectum pour le pousser en dehors si la luxation est en dedans, sont superflues; le seul traitement convenable est un repos absolu, des antiphlogistiques, et des applications résolutives pour écarter les aecidens inflammatoires. S’il se forme de la suppuration, on doit immédiatement lui ouvrir un pasrage au dehors , sans quoi son produit pourrait se