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LUXATIONS DE L’AVANT-BRAS

Le procédé de Sauter (1) est fondé sur les mêmes principes : le malade est assis sur une chaise , son bras pendant au côté du corps ; c’est dans cette position que le chirurgien saisit le coude d’une main , et fait l’extension en cherchant à le rapprocher de terre , et , de l’autre main , appuyant sur la tête de l’humérus, il cherche à la porter en avant. Un aide seconde l’extension en pesant sur la main du bras luxé : cela n’est pas toujours nécessaire, et n’exige jamais des efforts très-considérables. — Dans la luxation en dedans le bras doit être porté plus en ayant.

2° Le malade est assis sur une chaise assez basse ; le chirurgien éloigne du corps le bras luxé de manière à pouvoir passer son genou sous l’aisselle, et prend avec son pied un point d’appui sur un des barreaux «le la chaise; d’une main il appuie sur l’acromion, et, de l’autre, il saisit l’humérus immédiatement au-dessus des condyles, appuie fortement le bras sur le genou en faisant’ l’extension , et la réduction s’opère.

949. Lorsque l’on a affaire à des sujets très-forts ou à des luxations anciennes, les procédés que nous avons décrits sont insuffisans ; s’il est indiqué de fatiguer les muscles par une extension lente et permanente , il faut avoir recours à poulie. Dans ces cas le malade doit être assis sur une chaise , son épaule prise par un rétracteur qui est passé dans un anneau en fer fixé au mur ; les liens qui doivent servir à l’extension sont attachés au-dessus du coude; leurs extrémités, d’égale longueur, sont réunies en un faisceau, et prises par la poulie qu’on a fixée à un mur situé en face de celui qui tient le rélracteur. La direction des efforts de la poulie doit être la même <jue celle de l’extension que feraient des aides si on on n’employait pas la poulie. L’extension se fait peu à peu , et elle doit toujours se prolonger un certain temps. Lorsqu’elle a atteint le degré convenable, le chirurgien place son genou dans la fosse axillaire, appuie son pied sur la chaise, soulève la tête de l’humérus , et la rapporte doucement dans sa cavité , où elle rentre ordinairement sans bruit dès qu’on cesse l’extension.

les nombreux procédés que l’on a imaginés pour la réduction des luxations de l’humérus sont en partie superflus, et en partie peu convenables ; car tantôt la force que l'on emploie agit trop directement sur la tête articulaire, et tantôt l’opérateur ne saurait la diriger à son gré. Parmi ces appareils nous distinguerons l’ambe d 'Hippocrate, les machines d’Oribasius , A. Paré, Gersdoft, Seul tel , Purmann, Petit; les rédueleurs de Ravaton , Hagen, Freck , Menuet, Schneider, Brûnningliausen , etc.

950. Lorsque la luxation date déjà de quelques semaines, il faut, avant de tenter l’extension, faire mouvoir le bras dans toutes les directions afin de débarrasser la tête de l’os des adhérences qu’elle pourrait avoir contractées, puis- chercher à vaincre la résistance des muscles à l’aide des moyens que nous avons déjà indiqués. Après la réduction de ces

(1) Hufeland’s , Journal, vol. XI. lit cah. I., Juillet 1816, page 39.

luxations anciennes, on remarque quelquefois, audessous du grand pectoral , un gonflement emphysémateux , qui disparaît bientôt sous l’influence d’applications résolutives.— Il est arrivé à Weinhold (1) de couper en travers le tendon du grand pectoral parce qu’il ne prêtait pas assez pour la réduction d’une luxation ancienne. — Les luxations dans celte articulation peuvent , il est vrai , être facilement réduites chez des individus d’une faible constitution , même après un temps très-long ; cependant il ne faut pas pousser trop loin les tentatives , car on a vu quelquefois survenir des accidens très-graves (2).

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