VII. Hernie vaginale
Gnrengeot, Mémoires de l’Académie de chirurgie , T. I , liage 707.
Christian, Edinburgh médical and surgical Journal, vol. IX, page 281.
Slark, Diss. de hernià vaginali , etc. Jena, 1796.
1134. Dans la hernie vaginale les viscères sont poussés dans le repli du péritoine qui se trouve entre l’utérus et le rectum ou entre l’utérus et la vessie. Plus tard elle forme une tumeur située à la paroi antérieure ou à la paroi postérieure du vagin ; le plus souvent elle se manifeste d’abord surl’un ou sur l’autre côté de ce canal, et finit, par suite du développement qu’elle prend, parfaire saillie entre les grandes lèvres. Cette hernie contient ordinairement la vessie lorsqu’elle se forme à la partie antérieure du vagin, ell’ulérus lorsqu’elle se manifeste à sa partie postérieure. Dans quelques cas elle contient une partie de l’intestin grêle , et , dans d’autres , ce qui est beaucoup plus rare , une partie du colon ou de l’épiploon. La tumeur qu’elle forme est élastique , indolente ; elle se réduit par le taxis, et reparaît par un effort de toux , etc. ; elle diminue par la supination , et augmente par la station ; l’ouverture du museau de tanche est libre. Lorsque la tumeur provient de la paroi postérieure du vagin , elle est située plus profondément que lorsqu’elle provient de sa paroi antérieure : dans ce dernier cas , comme elle est formée T>ar la vessie, elle détermine des accidens plus graves. Lorsque la hernie qui se forme dans la paroi postérieure du vagin est très-volumineuse , elle est le plus souvent compliquée de la chute du rectum. Si la hernie s’est formée rapidement à la suite d’un effort violent ou de toute autre cause , la malade éprouve le sentiment d’un déchirure dans le vagin , et ressent une vive douleur ,
HERNIE MJ PÉRINÉE.
qui plus tard se change en coliques rémittentes.
1135. Les causes prédisposantes de celte hernie sont : un relâchement du vagin par des accouchemens nombreux et pénibles ; l’inclinaison du bassin en arrière , ce qui facilite la descente des viscères jusque dans la partie la plus profonde. Le plus souvent cette hernie se forme , peu de temps après l’accouchement , à la suite d’efforts violons ; il est rare de la rencontrer chez des femmes qui n’ont pas encore conçu.
1136. La réduction de la hernie vaginale est ordinairement facile : pour l’opérer on fait coucher la femme sur le dos , on exerce le taxis , et , lorsqu’elle rentre , on la poursuit avec les doigts jusqu’au niveau du col de l’utérus. Si on a quelque difficulté à la faire rentrer , des lavemens laxatifs et le décubilus longtemps prolongé suffisent dans beaucoup de cas. On empêchera qu’elle ne se reproduise en faisant porter à la malade un pessaire cylindrique , maintenu par un bandage en T. La malade doit éviter toute espèce d’efforts ; et , dès que la hernie est sortie, après avoir vaincu la résistance qui lui opposait le pessaire , il faut que la femme se couche sur le dos , que le pessaire soit retiré , et le réintroduire , ou lui en substituer un plus volumineux après que la réduction a été faite. Dans quelques cas on obtient la cure radicale en portant constamment le pessaire , et en faisant, dans le vagin, des injections astringentes. Si la hernie survenait au moment de l’accouchement , il faudrait la repousser avec les doigts jusqu’au moment du passage de la tête de l’enfant, et hâter la délivrance.
La hernie vaginale peut s’étrangler par suite de la distension de l’utérus pendant la grossesse, ou par suite de la rétention des matières fécales ; mais ces cas sont rares à cause de l’élasticité des parties traversées par la tumeur. Les moyens indiqués plus haut suffisent toujours pour opérer la réduction , du moins nous ne connaissons aucun exemple où 1 opéraüon ait été nécessaire ; et d’ailleurs cette opération ne serait praticable que dans les cas où la hernio serait située profondément dans le vagin.