I. Chute de la matrice
■Chopart, Diss. de uteri prolapsu. Paris, 1722.
Sturm y Diss. de procidentiâ uteri. Erf., 1744.
Sabatier, Mémoires de l’Académie de chirurgie, vol III.
Kliuge, Couuuentatio de uteri procidentiâ, etc. Uooti.,
Foclir, Diss. de procidentiâ uteri. Stultg., 1793.
Brachmann, Diss. de prolapsu uteri. Ouisb. 1794.
Meisner, Die Dislocationen dcr Gebaermutter,elc. Leips ,
1154. On désigne sous le nom de chute de la matrice ( prolapsus uteri , hysteroptosis ) , un déplacement par lequel cet organe descend dans le vagin en se rapprochant de la vulve. On distingue une chute complète et une chute incomplète , suivant que l’utérus est descendu plus ou moins bas. Cette affection peut être compliquée du renversement de la matrice.
1155. Dans la chute incomplète de la matrice (descente de la matrice) cet organe s’est plus ou moins abaissé dans le vagin , où il forme une tumeur piriforme , qui ne peut guère être sentie que dans la station ; le doigt peut la contourner dans tous les sens , et sent une fente transversale ( orifice de l’utérus) à sa partie la plus inférieure ; dans d’autres cas le col de l’utérus est descendu jusqu’au niveau des parties génitales externes , le vagin s’est renversé , et a suivi l’utérus. Les accidens qui accompagnent la chute incomplète de la matrice sont les suivans : douleurs obtuses et permanentes au niveau du sacrum, des lombes et de l’aine; pression et pesanteur dans le vagin; envies fréquentes d’aller à la selle ; besoin douloureux d’uriner uni à une rétention. Ces accidens augmentent lorsque la malade s’est tenue longtemps debout, ou qu’elle a fatigué beaucoup ; ils diminuent au contraire et même cessent complètement lorsque la malade est restée longtemps couchée. Si le col de l’utérus est descendu jusqu’aux parties génitales externes , les mouvemens du corps sont pénibles . et tout effort est impossible. L’irritation , qui , dans ces circonstances, s’est emparée de l’utérus et des organes contenus dans le bassin, peut s’étendre aux viscères de l’abdomen ; les fonctions du canal digestif sont troublées ; dans beaucoup de cas , à l’époque des règles, tous ces accidens augmentent; cet écoulement périodique devient irrégulier; il survient souvent de fortes hémorrhagies et des pertes en blanc très-considérables.
1156. Dans la chute complète de l’utérus cet organe apparaît en entier au dehors , en avant des parties génitales externes ; le vagin est attiré en bas et
retourné sur lui-même; les organes qui sont unis à l’utérus ont abandonné leur position normale ; les viscères de l’abdomen s’enfoncent dans le cul-de-sac formé par le renversement du vagin : aussi remarque-t-on toujours dans cette affection un vide dans la région hypogastrique. Tous les accidens que nous avons indiqués dans le § précédent atteignent leur summum d’intensité ; l’émission des urines surtout est extrêmement pénible, et souvent même impossible ; il survient assez souvent des nausées, des vomissemens, des coliques, quelquefois des syncopes , une fièvre intense , surtout lorsque la chute de l’utérus est arrive'e subitement. La tumeur que forme l’utérus au dehors est alongée, presque cylindrique; sa partie inférieure, qui est plus étroite, offre , à sa pointe , une fente transversale , par la quelle s’écoule du sang à l’époque des règles. Par cette fente on peut introduire une sonde à la profondeur de deux pouces environ ; la base de la tumeur est adhérente à la membrane interne des grandes lèvres, ce qui empêche qu’on puisse passer le doigt entre la tumeur et le vagin. Dans le principe la couleur de l’utérus est rouge et sensible ; plus tard elle s’irrite, s’enüamme par son contact avec les urines et par ses frottemens aux vétemens , etc. Une abondante sécrétion muqueuse se manifeste à toute sa surface, qui peu à peu devient insensible , et finit par se recouvrir d’une peau épaisse , analogue aux tégumens externes. L’inflammation peut être très-intense, et se terminer par la suppuration ou la gangrène.
Quelquefois on remarque que le col de l'utérus déplacé s'est alongé d'une manière toute particulière, qu’il se termine par un sommet arrondi , assez analogue au pénis ; il fait saillie entre les parties génitales externes ; à son extrémité se trouve le museau de tanche, et, par son ouverture, on peut introduire une sonde à la profondeur de six pouces et audelà.
Hausmann, Diss. de uteri procidentiâ. Viteb., 1728.
Saviard , obsrrv. chirurg. Paris, 1784, page 58.
Sabatier, l.oco citato, page 362.
Home , Roose’s Beitr. zur oeffenll. Arzneikunst., cab. II, 1802, page 214.
Froriep's chirurgische KupfertafelD , planche LXI.
1 157. Les causes de la chute de l’utérus sont prédisposantes ou déterminantes. Parmi les premières on compte le relâchement des ligamens de l’utérus par suite de pertes en blanc fréquentes et abondantes, de couches nombreuses, surtout lorsque les accouchemens ont été rapides ou laborieux , ou qu’ils ont nécessité l’emploi du forceps. — Les causes déterminantes sont : des efforts violons dans lesquels les muscles abdominaux se sont fortement contractés , les efforts pour lever des fardeaux pesans , ou ceux que l’on fait pour aller à la selle dans les constipations opiniâtres , la station trop longtemps prolongée , etc. Ces causes agissent avec bien plus d’énergie sur les femmes récemment accouchées : aussi rencontre-t-on cette affection beaucoup plus souvent chez les femmes du peuple qui ont eu de nombreuses grossesses ; il est rare qu’elle