III. Chute du vagin
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1171. Le renversement total ou partiel du vagin qui vient faire saillie entre les grandes lèvres a reçu le nom de chute du vagin {prolapsus vaginæ). Cette affection est formée aux dépens de la membrane interne seulement , ou aux dépens de toutes les membranes du canal : dans le premier cas seulement l’utérus peut ne pas changer de place. Cette chute peut être complète ou incomplète : complète, si le vagin s’abaisse dans toute sa circonférence , incomplète, si c’est seulement une partie de l’une de ses parois, ordinairement de la paroi antérieure.
1 172. La chute complète du vagin forme d’abord un cercle mou, bleuâtre, peu Vidé ou même parfaitement lisse ; peu à peu ce cercle s’alonge, prend une
(t) Ouvrage cité, p.v-p 102, 'plane!). xn.
forme cylindrique , et offre , à 6on extrémité inférieure , une ouverture dans laquelle on peut introduire le doigt ; au sommet du canal formé par ce renversement on sent l’orifice de la matrice. La chute du vagin augmente dans la station, et diminue ordinairement dans le décubitus. Si cette chute dure depuis longtemps , la nature de la muqueuse vaginale change : elle devient sèche, prend l’aspect des tégumens externes; elle peut aussi s’enflammer, s’ulcérer, etc. Nous rencontrons en outre , dans la chute du Yagin, les mêmes accidens que dans la chute de la matrice , mais à un moindre degré. Les malades éprouvent , surtout lorsque la chute s’est manifestée rapidement, de la pesanteur dans le vagin, un besoin incessant d’uriner et d’aller à la selle ; il y a des pertes abondantes en blanc ; le flux menstruel est irrégulier , et , à chaque effort que fait la malade , on doit craindre une chute de l’utérus. La chute incomplète du vagin donne lieu à une tumeur qui n’a pas d’orifice à son sommet , et tout autour de laquelle on peut promener le doigt.
1173. Les causes prédisposantes delà chute du vagin sont : le relâchement et le peu de cohésion de ce canal et du tissu cellulaire qui l’environne chez les sujets cachectiques , chez les femmes qui ont eu des fleurs blanches abondantes, des grossesses nombreuses , surtout lorsque, pendant l’accouchement, il y a eu[déchirure du périnée ; le coït trop fréquent, l’onanisme, etc. Les causes déterminantes sont : des efforts violens pour lever des fardeaux trop lourds, des vomissemens pénibles, des cris longtemps prolongés, etc., des contractions musculaires puissantes pour l’expulsion du fœtus, surtout lorsque ce dernier se trouve dans une position peu favorable, les efforts que l’on fait pour aller à la selle lorsqu’on est constipé, etc., la pression que peuvent exercer sur le vagin certaines parties voisines, telles que la vessie , dans les cas de calculs volumineux ou de rétention d’urine , une ascite , etc. Celle affection survient peu à peu ou subitement.
1174. !La chute du vagin, lorsqu’elle estrécenle et peu considérable, est facile à réduire : on fait coucher la malade sur le dos , son siège étant élevé ; la partie déplacée^cst remise en place avec l’indicateur frotté d’huile. Si la réduction ne peut se faire à cause de l’inflammation et de la tuméfaction , si la chute est déjà ancienne , il faut avoir recours aux bains tièdes, aux fomentations émollientes, au décubitus longtemps prolongé , et veiller avec le plus grand soin à ce que l’émission des urines et des matières fécales se fasse d’une manière convenable.
1175. Pour empêcher la chute du vagin de se reproduire on introduit dans son canal des sachets remplis de substances astringentes et arrosés de vin rouge; on peut encore employer dans le même but une éponge conique chargée de liquides astringens. Ces moyens doivent toujours être préférés aux pessaires. Pendant que dure ce traitement la malade doit garder le repos au lit. On met en outre en usage les moyens indiqués g 1161 pour affermir les parties relâchées.
CHUTE DU ItECTUM.